le vendredi 01 février 2019 | 24

L'hiver est tombé sur la prison des baleines

L'hiver est tombé d'un coup sur la prison des baleines. Un champ de glace grise enserre désormais les enclos flottants des 11 orques et des 87 bélugas enfermés dans la baie de Srednyaya, aux confins de l'Extrême-Orient russe. Il faut agir de toute urgence avant que le froid ne les tue tous !

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A l'ombre d'un hangar, l'orque Cyril se laisse flotter mollement, le rostre collé au filet qui l'enferme. Alexandra et Vitas, ses compagnons d'infortune, vont et viennent, très agités. Lui ne remue même plus, soulevé seulement par leurs mouvements dans l'eau. Peu à peu, le givre recouvre son corps meurtri par les cordages et les infections. Son souffle est lent, presque inaudible. Ce mâle encore très jeune ne survivra probablement pas à la pneumonie qui le mine.

Plus loin, les bélugas s’en tirent mieux dans leurs cageots à ciel ouvert où dérivent de gros glaçons. Nager sous la banquise fait partie de leurs talents. Mais le vacarme des ouvriers cassant la glace à coups de pelle et le passage des visiteurs payants qui les caressent sans s'être lavé les mains, leur inflige un stress incessant.

Ces terribles images qui ont fait le tour du monde, nous les devons à l'opiniâtreté d'une poignée d'activistes russes. Au terme d'interminables procès, ils ont fini par obtenir qu'une délégation de scientifiques et de vétérinaires inspectent les détenus du «Centre d’Adaptation des Mammifères Marins», le nom officiel et pompeux de la « prison de baleines ».   

Tout le monde savait depuis septembre que quand la glace figerait la baie, les cétacés seraient en danger de mort. Des plans faciles à mettre en œuvre avaient été proposés sans succès. On aurait pu ainsi emmener jusqu'au large tout ce petit monde dans d'immenses filets rectangulaires tirés doucement par des remorqueurs. La flotte russe se disait prête à collaborer et Vladimir Poutine lui même s'était inquiété de cette situation tragique.


Mais nous sommes en Russie, où la bureaucratie très lente n'échappe ni aux pressions ni aux pots de vinSi la capture de ces malheureux cétacés a bien été déclarée illégale par le procureur général de Russie et leur exportation interdite en avril 2018, les autorités locales semblent n'en avoir cure et persistent à protéger les 4 compagnies commerciales propriétaires des captifs.

Aujourd'hui, neuf orques russes bondissent déjà au coup de sifflet face aux gradins du Chimelong Ocean Kingdom à Zhuhai, près de Macao. Plus de 200 bélugas, échangés contre des dauphins de Taiji, se laissent mourir l'un après l'autre dans les eaux surchauffés de delphinariums japonais et chinois.  Que deviendront les détenus de la baie de Srednyaya ? Il y a là tant d'argent à gagner !  S'ils ne partent pas vers la Chine, tout porte à croire qu'ils finiront comme Narnia, la première orque capturée en 2012 : dans l'enfer des delphinariums russes ! 

Nous ne pouvons laisser ce massacre se dérouler sans réagir. Nous ne pouvons pas accepter que la Russie continue à vendre ses malheureux cétacés. One Voice vous engage de tout coeur à signer la pétition en ligne ou à écrire directement à Vladimir Poutine, via le site de la campagne Free Russian Whales (site en anglais) ! Il faut sauver les orques et les bélugas de la prison des baleines!

Yvon Godefroid
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Commentaires 24

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Caro | vendredi 05 avril 2019

Liberté!!!

Elodie | samedi 23 mars 2019

Une enquête a justifié ces captures d’illégales Mais rien n’est encore fait, honteux!

Juanelo | jeudi 28 février 2019

C'est vraiment incroyable que ça continue la capture des espèces pour les faire bêtes de cirque !!!!!

martinebreda42@gmail.com | mercredi 20 février 2019

La cruauté des hommes n'a aucune limite.