le mardi 16 août 2016 | 19

Galéo : un dauphin très heureux selon la loi française

Galéo est né en captivité. À en croire un prochain arrêté ministériel régissant la gestion des delphinariums en France, il serait donc un dauphin heureux. One Voice réclame sa mise à l'écart immédiate ainsi que l'annulation du projet d'arrêté.

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Galéo est né en captivité. À en croire un prochain arrêté ministériel régissant la gestion des delphinariums en France, il serait donc un dauphin heureux. One Voice réclame sa mise à l'écart immédiate ainsi que l'annulation du projet d'arrêté.

Comment va Galéo ?
Suite à la plainte déposée par One Voice, l'état de Galéo s'est amélioré. Mais exilé avec Aïcko dans les bassins de Planète Sauvage, il reste soumis aux agressions des autres dauphins. Aucune enquête n'a été menée par les services vétérinaires compétents, comme demandé. Il est vrai qu'à lire le projet d'arrêté ministériel fixant «les caractéristiques générales et les règles de fonctionnement des établissements détendant ou présentant au public des spécimens vivants de cétacés», tous les dauphins nés captifs seraient parfaitement adaptés à leur vie réduite. Galéo serait donc un dauphin heureux, capable de supporter toutes les contraintes de captivité avec son éternel sourire. D'ici peu, si l'arrêté passe, ce seront des centaines de Galéo qu'on produira en France, tant pour le marché intérieur que pour l'exportation à Dubaï ou en Chine. Et ceci à seule fin de concrétiser les fantasmes économiques d'une ministre tueuse de loups qui voudrait tant voir l'industrie du dauphin esclave reprendre son essor en France comme à la grande époque.

En quoi ce projet d'arrêté est-il dangereux ?
Ses premières lignes semblent pourtant bien sympathiques : «toute détention de cétacés est interdite en France». Interdite ? Mais non, bien sûr, ne rêvons pas ! Tous ceux qui se trouvaient déjà en captivité six mois après l'entrée en vigueur de l'arrêté et tous les dauphins nés captifs pourront être «conservés». La loi estime donc que ces «spécimens» sont parfaitement adaptés aux conditions d'accueil que la loi a prévues pour eux. Ces standards reprennent globalement les critères de qualité de base minimale fixés par l'EAZA*. Elles correspondent aussi étrangement aux installations que le zoo de Beauval prévoyait de construire pour son futur delphinarium. On le sait, ce zoo a dû faire machine arrière sous la pression de ses propres clients mais rêve sans doute encore à son projet, et il n'est pas le seul…

Le projet d'arrêté semble avoir été rédigé au siècle dernier.
Des cadences de travail insensées sont autorisées pour les dauphins avec cinq shows prévus et douze heures d'isolement nocturne ! Si l'importance du groupe social est enfin reconnue, on considère que trois orques constituent une collectivité tout à fait convenable, ce qui nous éloigne des «pods» normaux comptant souvent plus de cent personnes cétacés, mais permettra sans nul doute au Marineland d'Antibes de tenir quelques années encore. Comme dans les années 1960, les déplacements de «spécimens» sont encouragés pour recomposer d'autres familles artificielles dans d'autres bassins du monde, éviter la consanguinité et augmenter le cheptel global des bêtes de cirque disponibles. Ce projet ouvre donc un boulevard à une exploitation obsolète et éhontée des cétacés captifs, à contre-courant du mouvement d'opinion qui traverse les USA et l'Europe depuis la diffusion du documentaire Blackfish.

Faut-il rappeler à Mme la Ministre que le géant commercial SeaWorld plonge chaque jour un peu plus dans un gouffre financier ?
Que l'aquarium de Baltimore envisage de créer un vaste sanctuaire marin aux Caraïbes pour ses derniers dauphins captifs ? Que le zoo de Barcelone réfléchit à la même option ? Que le dernier delphinarium de Finlande a dû fermer ses portes faute de public ? Que plusieurs projets de sanctuaires marins pour les cétacés captifs sont en préparation dans le monde, sous la supervision de spécialistes scientifiques ?... Et c'est maintenant que la ministre voudrait relancer cette industrie avec un arrêté inutile, obsolète et dévastateur ?!

Soyons sérieux ! Nous demandons que la ministre renonce à ce projet d'arrêté et qu'elle ouvre au contraire un vaste chantier de réflexion sur l'avenir économique des parcs d'attractions sans animaux captifs. Quant aux jeunes dauphins Galéo et Aïcko, nous exigeons qu'ils soient mis à l'abri du reste du groupe jusqu'à ce qu'une solution satisfaisante soit trouvée pour eux.

COMMENT AGIR

Écrivez à la ministre de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer, pour lui demander d'interdire définitivement la détention de cétacés en France :

Ministère de l'Environnement, de l'Energie et de la Mer
Mme Ségolène ROYAL
Tour Pascal A et B
Tour Sequoia
92055 La Défense CEDEX

Envoyez un e-mail courtois au parc Planète Sauvage : contact@planetesauvage.com
Pour leur demander de bien vouloir prendre toutes dispositions pour soustraire Galéo aux attaques dont il fait l'objet de la part des autres dauphins et le placer dans un bassin en sécurité avec son compagnon Aïcko.

Invitez les parcs zoologiques et les delphinariums à renoncer aux naissances et aux programmes d'échanges entre parcs pour se transformer en sanctuaires pour animaux.

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Commentaires 19

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Talou | lundi 29 août 2016

L'humain en 2016 n'hésite pas à tout exploiter et tout détruire jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien ....pour le fric ; il n'y a que ça qui compte et il est prêt à tout pour cette cause..c'est triste et cela ne devrait pas être

Mookette | mercredi 17 août 2016

Assez de ces mouroirs maltraitants et mercantiles! Assez de voir la solitude triste, le stress, le malheur de ces animaux nobles exploités par des sociétés sans âme pour le "plaisir" abject d'hommes sans coeur !

Anne | mercredi 17 août 2016

La grandeur d'un pays se mesure aussi à la vision qu'il a sur l'avenir de notre planète et à la protection des créatures qui l'habitent.

Winsley | mercredi 17 août 2016

Les oiseaux, les fauves en cages, les animaux marins dans des espaces exigus, les animaux ridiculisés et maltraités dans les cirques, sans parler des élevages intensifs et des abattoirs de la honte, des laboratoires d'expérimentation...Quand l'humain prendra-t-il conscience qu'il perd toute HUMANITE en traitant nos frères les animaux sans le moindre respect, feignant d'ignorer leurs besoins vitaux, leur intelligence et leur sensibilité?