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Face aux annonces de Barbara Pompili, Loro Parque ment sur les delphinariums... Quelle surprise !


Mis à jour le 07 octobre 2020

Sur son site, en date du 3 octobre 2020, Loro Parque écrit une lettre ouverte à Barbara Pompili, pleine d’inexactitudes et de contre-vérités ! Analyse.

Hr blog

Pour le delphinarium espagnol, bien connu pour avoir été le lieu de la mort tragique du dresseur Alexis Martinez en 2009, relatée dans le documentaire « Blackfish », la ministre aurait pris une décision populiste en annonçant la fin de la reproduction en captivité et de l’acquisition de nouveaux cétacés captifs par les delphinariums français, ainsi que la sortie des orques de ces bassins d’ici deux ans, et des dauphins d’ici sept à dix ans. 

Les delphinariums seraient, selon lui, des centres ayant grandement « contribué au bien-être animal et à la préservation de la biodiversité sur notre planète ». Pourtant, quand on pense à la famille de Lolita, détruite lors des captures des années 1970 dans la mer des Salish, à celle des parents d’Inouk en Islande... Aux petits volés à leurs parents, aux morts... À ceux nés malades comme Ula chez lui, justement, ou dont la fin a été précipitée par la détention... Aux rapports obligatoires sur les actions des parcs en faveur de la biodiversité, que les parcs rechignent à rendre publics... Aux témoignages des anciens dresseurs etc., mieux vaudrait que le parc se fasse discret.

Inexactitudes et mensonges éhontés !

Tout d’abord, l’article est bourré d’erreurs factuelles, à commencer par ses affirmations sur les mesures prises, qui résulteraient d’un arrêté ministériel (si c’est le cas, on aimerait le voir !) et non d’une loi, car, selon lui, nos représentants se désintéressent de la question. Ce billet de blog est littéralement publié quelques jours à peine après que la proposition de loi du groupe EDS a été validée en commission.

Inutile de perdre notre temps à contredire chaque point un par un. Nous avons développé de nombreuses fois dans les années et mois passés, les arguments et exemples. Si l’on écoute attentivement ces parangons autoproclamés du bien-être animal, les points qu’ils mettent en avant sont, pour les uns, faciles à contredire, pour d’autres, risibles, pour les derniers, illogiques ! Mais en voici quelques-uns tout de même :

Seuls les vétérinaires pro-captivité devraient pouvoir s’exprimer sur la question

Premier exemple : il soutient que seuls les vétérinaires favorables à la captivité devraient donner leur avis sur le bien-être animal, pas ceux qui sont aussi défenseurs des animaux. Forcément, puisque les premiers ne remettent pas la captivité en question alors qu’elle est la source de tous les problèmes des cétacés ! On leur rappellera les dents rongées jusqu’à la pulpe d’Inouk, le suicide d’Aïcko, le delphineau mort-né d’Amtan, Ekinox, le fils de Femke envoyé en Grèce, etc.

L’industrie de la captivité avoue n’avoir plus de place dans les delphinariums européens !

En revanche, ce qui a attiré notre attention est que le parc, de son propre aveu, dise qu’il n’y a plus de place pour de nouveaux dauphins dans les bassins. « The success of breeding in European dolphinariums has meant that there is no longer any space available » (« Le succès de la reproduction dans les delphinariums européens a conduit à ce qu’il n’y ait plus de place disponible »). Ce qui signifie qu’au moins une partie de ce que vient d’annoncer Barbara Pompili devait arriver (et qu’on a évité le pire grâce à notre campagne, à savoir que les orques de Marineland ne soient pas envoyées en Chine !)

Autrement dit, même sans les mesures ministérielles, ils allaient devoir s’appliquer à eux-mêmes les points 2, 3 et 4 de leur raisonnement absurde, à savoir qu’empêcher la reproduction perturberait le comportement des animaux, que ces contraceptifs poseraient problème. Et enfin, la cerise sur le gâteau : dans le point 4, le delphinarium s’attriste de la fermeture des delphinariums français car ils ne pourront plus recevoir de nouveaux cétacés échoués venus de l’océan (comme ils l’ont fait pour Morgan, sans jamais l’avoir relâchée !)...

Mais attendez... ne viennent-ils pas de dire qu’il n’y avait plus de place, de toute façon ?

Une série de lieux communs erronés, un classique du genre

Malhonnêteté intellectuelle : en effet, pointer du doigt les mauvaises actions d’autres personnes (ici les pêcheurs et pollueurs) n’absout pas de ses propres fautes (gagner de l’argent sur le dos des dauphins et orques captifs dans leurs bassins) ! On passera aussi sur les pseudo-découvertes scientifiques, qui seraient pourtant bien mieux menées en milieu naturel sans la détention des intéressés. Enfin, le chantage à l’emploi, un incontournable...

Pas de sanctuaires marins ? On en connaît pourtant déjà deux ouverts et qui fonctionnent ! 

Pour finir, le delphinarium, qui ne recule décidément devant rien pour nous faire rire et berner le public non averti, prétend qu’il n’existe de sanctuaire ni pour orques, ni pour dauphins à l’heure actuelle. Pourtant, le Ric O’Barry’s project à Bali fonctionne depuis plus d’un an ! Et même un autre sanctuaire, bien entendu, où Little White et Little Grey viennent d’être placées pour continuer à vivre en semi-liberté en Islande.

Quoi qu’il en soit, nous ne pouvons qu’espérer que le gouvernement travaillera main dans la main avec les delphinariums pour construire des sanctuaires. Nous avons proposé notre aide dans cette démarche, pour qu’enfin les orques et dauphins détenus en France, soient hors des bassins. Pour de bon.

Julia Mothé
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Commentaires 1

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trochu | mercredi 07 octobre 2020

A vous de faire réellement la lumière sur tous ces mensonges ONE VOICE, et de dénoncer et attaquer ce delphinarium espagnol, il n'y a que vous qui êtes les mieux placés pour agir et réagir en faveur des animaux et tout faire pour que Mme Pompili ne se laisse manipuler et influencer par les dresseurs et exploitants d'animaux marins s'agissant d'eux dans votre énoncé. Toutes ces personnes que ce soit les circassiens, les responsables de marine lands ou les chasseurs, sont de mauvaise foi et sans aucun scrupule et encore moins de respect et considération envers les animaux c'est évident et tous n'acceptent pas de voir "s'envoler les objets de leurs profits financiers" étant donné que pour eux il n'est question que "de rendement, de profits" sur le dos
D ANIMAUX ESCLAVES et non et certainement pas "d'amour des animaux" ! car aimer LES ANIMAUX c'est tout faire pour qu'ils vivent libres, respectés et considérés parmi les leurs dans leurs habitats naturels et non enfermés et emprisonnés dans des cirques ou des bassins honteux.