le jeudi 22 décembre 2016 | 18

Dauphins, la France à contresens de l’histoire

Le ministère de l'Ecologie s'apprête à réviser l'arrêté sur les delphinariums, non pour les interdire comme le demande One Voice, mais pour encourager l'élevage en batterie de dauphins. Les quelques aménagements ne sont que poudre aux yeux. Trop c'est trop !

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Le 24 novembre 2016, One Voice avait pourtant été reçue par le ministère à ce propos. Nous avions apporté nos rapports d'enquêtes, étayés par l'avis de scientifiques mondialement reconnus. Nous avions plaidé ardemment pour la fin de cette industrie toxique. Mais le texte vient néanmoins d'être approuvé.

C'est une honte car cet arrêté n'est qu'une ridicule mise à jour d'un texte vieux de 35 ans. Il ne tient aucun compte des avancées éthiques et des découvertes scientifiques qui bouleversent notre regard sur le monde animal, dont un glissement très net de l'opinion publique contre ces bassins prisons.

Comment peut-on encore, au XXIeme siècle, exhiber des cétacés captifs dans une arène de cirque aquatique ?

D'innombrables recherches scientifiques nous révèlent aujourd'hui que le dauphin est doté d'une prodigieuse intelligence, de cultures et de conscience de soi. Le simple fait de maintenir enfermés ces animaux nés pour l'immensité de l'océan, constitue en soi une maltraitance majeure.
Quoi de plus cruel que de les priver de la vie sociale complexe qui fait l'essence de leur bonheur, de toute opportunité de décision, de toute stimulation sensorielle, de tout voyage en groupe sur de longues distances, de toute plongée profonde ?

Le fait qu'il y ait cinq shows par jour au lieu de trois, trois bassins au lieu de deux et un comité scientifique chargé «d'enrichir» leur environnement - avec plus de ballons et de cerceaux en caoutchouc ? - ne pourra jamais compenser l'absence de liberté.

Le projet d'arrêté entend pourtant pérenniser cette pratique par la production de «dauphins de spectacles» en batterie.

On veut nous faire croire que les nés-captifs sont des «dauphins domestiques» qui se seraient miraculeusement adaptés à la morne vie en bassins, en moins de deux générations. Les drames de Lucille, tuant un bébé, de Galéo, couvert de blessures, du petit Aïcko, mort malgré nos appels, nous montrent à suffisance qu'il n'en est rien.

Dans le même temps, le public a cessé d'être dupe.

Du fait de leur cruauté intrinsèque, les delphinariums ont été interdits en Inde et bannis dans 14 états européens. En Finlande, l'unique delphinarium a dû fermer ses portes, faute de spectateurs. Le phénomène touche à présent les Pays-Bas.
Partout en Europe et aux Etats-Unis, un mouvement de fond nourri par les réseaux sociaux, les documentaires, l'information scientifique largement diffusée, amène les consommateurs à se détourner de ces spectacles cruels. En France, un sondage IPSOS réalisé pour One Voice le 19 décembre 2016 nous apprend que la majorité des français sont favorables à l'interdiction des spectacles de dauphins et d'orques. 62% estiment que les cétacés souffrent du stress, 60% de l'ennui et de la dépression. Enfin, pour plus d'un Français sur deux, les dauphins et les orques sont malheureux en captivité.

En septembre, One Voice avait déjà lancé l'alerte quant au contenu du nouvel arrêté, en dénonçant sa politique de reproduction .

La coalition internationale Dolphinaria-Free Europe nous apporte aujourd'hui son soutien en dénonçant les timides aménagements prévus qui ne font qu'avaliser le principe et le futur fonctionnement des parcs marins. Or ceux-ci portent gravement atteinte à la liberté individuelle et à la dignité de dauphins, esclaves contraints aux spectacles jusqu'à leur mort. C'est une insulte à leurs cultures, à leurs dialectes et à leurs techniques de chasse sophistiquées que de croire que des balles et des cerceaux, ou le contact avec leurs dresseurs, pourraient réellement «enrichir leur environnement» et compenser la richesse inouïe d'une vie libre en mer.

Car il est impossible d'améliorer vraiment un delphinarium, à moins de le transformer en sanctuaire marin ou mieux, en océan. Aux Etats-Unis, on se prépare déjà à cette échéance inévitable. Tandis qu'un sanctuaire au Canada se prépare à accueillir les orques captives dès 2017, l'aquarium de Baltimore annonce qu'il déplacera ses dauphins dans une baie close aux Caraïbes avant 2020. En Espagne des discussions sont en cours pour déplacer les derniers captifs du zoo de Barcelone sur l'île de Lipsi, après la fermeture du delphinarium.

Comment la France peut-elle être aveugle à ce point ? Il n'y a qu'en Russie, en Chine, à Dubaï ou au Japon que l'industrie de la captivité continue, nourrie des dauphins de Taiji. Est-ce vraiment cette voie que notre pays entend suivre ?

Le seul arrêté que One Voice soutiendra, c'est donc celui qui mettra en place la fermeture de tous les delphinariums en France, par des procédures fermes et progressives, associées à la mise en place de sanctuaires marins.

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Courrier One Voice ArrÊté Delphinariums

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Commentaires 18

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Chich' | mardi 28 février 2017

Ecologie, vous avez dit et écrit écologie : quelqu'un dans ce gouvernement connait-il le sens de ce mot ? la Ministre?... Crois pas !
Pourquoi inventer de nouveaux malheurs- Dauphins,êtres sensibles,captifs- sur cette terre qui en porte déjà tant. M.S.

vmlb | mercredi 22 février 2017

Pratiquement, que pouvons-nous faire ? Je ne vois rien sur cette page qui me dit comment je peux aider.

Michèle | mercredi 22 février 2017

Bonjour, vous pouvez répondre à l'enquête publique qui se termine le 1er mars.

http://one-voice.fr/fr/blog/haro-sur-larrete-delphinarium.html

Voici le lien vers notre pétition.

http://one-voice.fr/fr/petitions/pour-aicko-galeo-inouk-femke-et-tous-les-cetaces-captifs.html

Merci pour votre soutien.
L'équipe One Voice

Sandra Manegre | jeudi 16 février 2017

L'être humain est jeté en prison lorsqu'il a commis un crime.

L'animal est jeté en prison pour les yeux voyeurs des êtres humains.

Il est temps que l'être commence à respecter la nature de l'animal en le laissant vivre dans son environnement.

Nous sommes en 2017, devenons une planète qui met en 'avant le respect pour tout être vivant.

Vlad42 | jeudi 16 février 2017

Argent contre bien-être animal... Honte à nous.