le mercredi 16 juin 2021 | 30

Contre les blaireaux et nous, éleveurs et chasseurs comme cul et chemise


Mis à jour le 16 juin 2021

Nous venons d’être prévenus par un lanceur d’alerte que la chambre d’agriculture du Loir-et-Cher et la FNSEA (le lobby de l’agriculture principalement intensive et de l’élevage) du Centre entreprennent de répertorier de manière exhaustive les dommages aux cultures et la présence de tous les terriers de blaireaux. Au passage, elles en profitent pour faire de la désinformation sur ces animaux. Il est fort à parier que tous les départements suivent ce modèle. Tout cela pour faire plaisir aux chasseurs ! L’heure est grave pour les blaireaux en France.

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La FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles) demande aux agriculteurs de signaler tous les terriers de blaireaux dans l’optique de les faire inscrire sur la liste ministérielle des « espèces nuisibles » - qualification remplacée par « susceptible d’occasionner des dommages » (sous-entendu aux cultures), plus politiquement correcte et moins stigmatisante. Mais elle ne fait même pas mine de cacher ce qu’elle pense !

Le puissant lobby de l’agriculture intensive souligne l’importance de signaler lesdits dégâts aux cultures, car il se fait le relais de celui des chasseurs, qui lui a demandé son aide pour nous faire face en justice. Nous n’exagérons pas, cela figure littéralement dans la lettre que ce lanceur d’alerte du monde paysan nous a transmise : « Cela permettra également d’avancer des arguments solides face aux associations qui demandent la protection de ces espèces ».

Une espèce pourtant en partie protégée

Or l’espèce des blaireaux bénéficie de mesures de protection par la convention de Berne, comme le rappelle la lettre de la FNSEA. Pourtant, cela n’empêche pas les préfets d’autoriser la chasse par déterrage ni d’autoriser des périodes de vénerie sous terre complémentaires ! Nous en savons quelque chose. Ces dernières années, nous avons mis un point d’honneur à exposer cette chasse d'une extrême violence et à défendre les blaireaux bec et ongles face aux préfectures soutenues par les fédérations de chasseurs qui leur soufflaient des arguments, fallacieux au demeurant.

L’absence de protocole permet des chiffres qui indiquent que la densité est trop élevée

Cette demande met à nouveau en lumière le fait qu’il n’y a pas de protocole fiable et validé scientifiquement pour répertorier les dégâts ni les individus d’une espèce. Aux dernières nouvelles, les agriculteurs n’ont pas de compétences sur les blaireaux. Vont-ils ne serait-ce que faire ce comptage sérieusement ? Tous les combien les terriers seront-ils comptabilisés ainsi ? Ce comptage n’aura lieu qu’une seule fois ? En justice, c’est justement ce que nous reprochons depuis le départ : un manque total de rigueur !

Le but est de comptabiliser un maximum de terriers car leur quota de « destruction » repose sur ce comptage qui est censé déterminer le nombre de blaireaux. Mais il n’y a pas toujours le même nombre de blaireaux dans un terrier, et les déclarations ne sont même pas contrôlées !

Bientôt renards et blaireaux logés à la même enseigne ?

Si les chasseurs réussissent leur coup et que les blaireaux font leur entrée sur la liste des animaux considérés comme « nuisibles », ils seront traités au même titre que les renards : piégés, traqués, déterrés, par tous les moyens et toute l’année... Des tirs de nuit pourraient être envisagés par les préfectures, etc. Bref, pour ces mustélidés discrets et pacifiques, qui font peu de petits chaque année, ce serait le grand chelem de l’horreur.

Julia Mothé
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Commentaires 30

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Chloé | mardi 06 juillet 2021

Quelle honte !C'est une espèce protégée en Europe, sauf en France !!! J'aime les blaireaux ainsi que les renards, magnifiques animaux qu'il faut laisser vivre en paix. Si nous tuons tout ce qui nous dérange, que nous restera-t-il ?

MARC | mercredi 30 juin 2021

Pensons au bien-être de nos animaux, mettons fin à une pratique d'un autre âge.
Marc

STRIX | dimanche 20 juin 2021

Tant que les maniaques tueurs seront aussi puissamment soutenus en haut-lieu, nulle espérance pour que cessent ces absurdités sanglantes qui iront, sans nul doute, jusqu'à la disparition de notre faune sauvage. Si nous étions réellement en démocratie, une minorité ne pourrait, depuis tant de temps et sans aucune amélioration à attendre du résultat des urnes, imposer sa délirante volonté à une majorité opposée à ces pratiques psychotiques.

Zébulon | samedi 19 juin 2021

Les blaireaux, les ragondins, les loups, les ours, les sangliers, les chevreuils etc...
Le pire des nuisibles, lui, prolifère: l'homme.
Sans lui, la planète se porterait merveilleusement bien.