le samedi 03 août 2019 | 38

Blaireaux, vessies et lanternes…

One Voice a attaqué en justice l’arrêté préfectoral pris le 15 mai 2019 dans le département de la Somme autorisant le massacre en règle de 1500 blaireaux. L'audience vient d'être fixée au 13 août 2019 à 14h30 au tribunal administratif d'Amiens.

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Edit au 23 août 2019
Nous avons été déboutés. Pour le tribunal, il n'y a nulle urgence à sauver des vies. De plus, "il n'est pas établi que la mesure de régulation contestée porterait une atteinte grave et immédiate à la préservation de la population des blaireaux et à la protection de l'environnement."

C’est hélas la saison : dans plusieurs départements français, les blaireaux se font traquer sans pitié par les chasseurs, et sont également victimes de pièges. Cela signifie que l'on peut également envoyer des chiens dressés spécialement dans ce but directement dans leur terrier, les acculer pendant des heures, puis les mettre à mort, adultes comme jeunes, une fois le terrier éventré. Cela se nomme la vénerie sous terre. Une horreur. Dans la Somme comme ailleurs, sollicitées par les associations de chasseurs ou d’agriculteurs, les préfectures renouvellent ces mesures qui permettent de massacrer les blaireaux tout au long de l’année ! Comment pourrions-nous laisser faire cette tuerie sanglante et cruelle ?! Nous allons en justice pour empêcher ce massacre.

Le vrai et le faux

Nul ne sait pourquoi cet arrêté est publié, si ce n’est pour satisfaire les adeptes de tels « loisirs », car ils sont partiellement protégés par la convention de Berne. La mauvaise presse des blaireaux est majoritairement infondée. Dans de nombreux pays voisins, ils sont totalement protégés depuis des dizaines d'années sans que cela pose problème ni pour les champs, ni par rapport aux maladies, et les accidents de voiture n’ont pas augmenté depuis que les familles blaireaux vivent en paix. Leur existence et leur population sont vues non comme un problème, mais comme une richesse à préserver.

Pour qui nous prend-t-on ?

Dans le cas de la Somme, et cela devient monnaie courante dans d’autres préfectures, ces arguments ont été avancés en consultation publique dans le seul but d’organiser des sessions de chasse anti-blaireaux, cela sans même de chiffres ou d’études scientifiques à l’appui. Or sans contexte ni objectifs précis, cette consultation devient une mascarade. La preuve, 97 % d’avis négatifs émis sont ignorés au nom de ces prétendus arguments de « sécurité publique ». Pourquoi consulter alors ?  

D’autres moyens devraient être mis en œuvre avant de requérir le massacre d'êtres sensibles qui ont toute leur place dans les forêts. Les préfets s’habituent à ne pas entendre la voix des citoyens, à leur faire prendre des vessies pour des lanternes pour satisfaire d’égoïstes lobbies. À voir le sort réservé à ces paisibles animaux, il est urgent d’agir avant qu’ils ne soient condamnés. C'est ce que nous ferons à l'audience à Amiens le 13 août prochain.

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Commentaires 38

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Célimène | mardi 27 août 2019

Les blaireaux font partie du système écologique : ils sont donc utiles.Pourquoi les tuer ?

Laure | mardi 27 août 2019

Stop a la chasse définitivement

Dedes54 | lundi 26 août 2019

Le seul véritable nuisible dangereux de nos forêts est le chasseur

Raphael guenot | lundi 26 août 2019

L'intégralité de la biodiversité, qui décroît à une vitesse très inquiétante, doit être préservée. La présence du blaireau comme celle du renard sont indispensables au bon équilibre de l'écosystème dont nous dépendons.
Il n'y a que trop d'abus lors du déterrage de cette espèce, qui multiplient le stress d'un animal innocent terrorisé, bloqué au terrier par des chiens entrainés et agressifs qui le déchiquettent en attendant que l'homme, à l'aide d'une pince ne l'extirpe sauvagement et brutalement. Pouvons nous alors parler de chasse indispensable ou de massacre barbare, de maltraitance animale?
Il est grand temps que l'administration se penche sur le bien-fondé de ces actes de cruauté qui ne sont ni nécessaires ni humainement acceptables.