le jeudi 31 janvier 2019 | 30

Au tribunal contre l'opacité de Marineland et de l'Etat

Dès lors que les delphinariums gardent captifs des cétacés, animaux protégés (et inscrits à la CITES), ils ont l'obligation de prouver qu'ils agissent pour protéger la faune sauvage, en transmettant tous les trois ans un rapport récapitulatif aux préfectures locales. Marineland ne l'a pas transmis et la Préfecture feint de ne pas savoir de quoi nous parlons. Nous avons lancé une procédure en justice pour obtenir ce document. Pour les dauphins et les orques, nous ne lâchons rien!

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Un cadre légal piétiné

Les delphinariums répondent notamment au même arrêté ministériel que les parcs zoologiques. A ce titre, ils doivent contribuer à la préservation des espèces animales sauvages, libres ou captives, et à la conservation de la diversité biologique. Ces actions sont d’autant plus importantes qu’il est aujourd’hui établi que les spectacles de dauphins et d’orques sont dépourvus de toute valeur éducative et mettent en danger les populations d'orques et de dauphins libres.

Les delphinariums doivent donc dans ce cadre participer par exemple à :

  • la recherche pour une meilleure connaissance et visant à la conservation des espèces,
  • la formation concernant cette conservation, 
  • l'échange d'informations, 
  • et au repeuplement et à la réintroduction d'espèces dans les habitats sauvages. 

Tout cela, en assurant le bien-être des animaux concernés. De plus, un rapport faisant état des actions entreprises doit être transmis au préfet au minimum tous les trois ans.

Un puzzle coulissant sans fin pour obtenir justice

Afin d'obtenir la fermeture des delphinariums et en plus de nos actions de sensibilisation, nous souhaitons montrer que leurs véritables intentions sont commerciales d’autant que les cétacés captifs ne sont jamais relâchés dans la nature. Pour cela, nous devons mettre la main sur les rapports d'activité des parcs. Nous avons donc demandé fin octobre 2017 aux services des préfectures correspondant à chaque delphinarium français, la copie de ces rapports.

Pour le Parc Astérix, la Préfecture a le rapport et, en parfaite connaissance des obligations légales, nous l'a transmis. Pour Planète Sauvage, le rapport n'a pas été transmis à la Préfecture qui ne peut donc nous le transmettre, mais cependant, elle est au courant de l'obligation du delphinarium et donc du cadre légal applicable aux parcs zoologiques.

Marineland et la Préfecture des Alpes Maritimes feignent l'ignorance

Pour la Préfecture des Alpes Maritimes en revanche, non seulement Marineland n'a pas transmis de rapport, mais les services de l'Etat se font le bras armé de cette mascarade en cherchant à nous faire tourner en bourrique. Prétendre ne toujours pas savoir de quel rapport nous parlons après que nous avons dû faire appel à la CADA (Commission d’Accès aux Documents Administratifs) pour les contraindre à nous transmettre ce document, c'est jouer de la bureaucratie. C'est inquiétant et grave! Cela démontre le mépris que peuvent avoir certains de nos représentants pour ces individus sensibles et intelligents.

Nous entamons une procédure en justice, pour les orques et dauphins captifs!

Nous avons donc saisi le tribunal administratif de Nice pour obtenir ce rapport de Marineland, notamment sur les orques qu'il détient captives à Antibes. Il y a déjà eu bien trop de morts. Dans les minuscules bassins comparés à leur taille et à leurs besoins de nager et de plonger, Wikie, Inouk, Moana, et Keijo tournent en rond, et doivent assurer le spectacle, obéir. Shouka, la dernière des cinq orques françaises est isolée à l'étranger. Qu'ont-ils fait pour mériter cela? Rien. Absolument rien. 

Toutes ces actions entreprises prennent du temps mais avancent. Notre combat pour les dauphins et les orques détenus par les delphinariums est juste. L'audience aura lieu le 7 février à 11h30 au Tribunal Administratif de Nice.  

Jamais nous ne baisserons les bras, quelle que soit la puissance de nos adversaires. En Amérique du Nord, en Russie, dans le Grand Nord, au Japon, ou plus près de nous, en Espagne, au Portugal ou même en Grèce, nous sommes présents toute l'année auprès des cétacés captifs et souffrants, nous participons au financement d'actions à l'étranger et établissons des partenariats à l'international. Les dauphins, bélugas et orques ne connaissent pas les frontières, nous devons les protéger et les défendre. Nous avons déposé un recours au Conseil d'Etat pour faute de l'Etat français à adopter un nouvel arrêté identique au précédent, annulé pour un détail technique, et lui réclamons 500 000 euros pour cette carence.
Signez notre pétition pour mettre fin aux delphinariums en France.

Julia Mothé
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Commentaires 30

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Caro1150 | dimanche 10 février 2019

Il faut se battre pour les aidés, plus nous serons mieux ce sera. Mais il faut surtout ne plus aller voir de spectacles.

explorateur | samedi 09 février 2019

Il est grand temps que l'être humain accède au statut "d'être supérieur" auquel il se revendique. Laisser libres des mammifères marins dans leur milieu naturel-exempt de produits artificiels destinés à les maintenir en vie dans une eau polluée, car non brassée avec des milliards d'autres eaux issues des différents océans mondiaux.

Sylvie | vendredi 08 février 2019

Bonjour
Bien sur que des animaux si beaux et si gros doivent vivre dans la mer et non pas enfermés !! Que ces lieux suivent l'exemple des grands cirques qui révisent leur créativité sans animaux et qui j'en suis sure auront autant de public. Un lieu parlant de la mer n'a pas besoin d'animaux vivants, des expos, des videos, des artistes sont là pour célébrer le vivant Merci de votre action

Mamipatchouli | jeudi 07 février 2019

Continuez il faut que cela cesse leur vie est en pleine mer
Bravo onéreux voice