"Cou de l'oie" : Communiqué de presse
Le « jeu du cou de l’oie » serait de nouveau au programme de la fête patronale de Saint-Bonnet-près-Riom (Puy-de-Dôme), du 19 au 21 septembre. One Voice va écrire à la la préfète. À Arfeuilles, dans l’Allier, la même animation se tiendra désormais avec une oie factice : la preuve qu’une fête peut se passer de cadavres.
Lors de ces fêtes, le corps d’un animal tué pour l’occasion (oie, lapin, faisan) est suspendu par les pattes à plusieurs mètres du sol. Les participants, hissés sur un cheval, doivent lui arracher la tête à mains nues ou la trancher, sous les applaudissements. En 2023, l’enquête de One Voice sur place avait révélé des images d’une grande violence, où de jeunes gens étaient félicités pour ces gestes.
Deux fois l’État a rappelé le droit, deux fois en vain
L’édition 2024 avait été annulée après un rappel préfectoral : tuer un animal sans nécessité est un délit, l’abattage hors d’un abattoir est interdit, et les corps d’animaux ne peuvent servir de support à un divertissement. En 2025, la préfecture a demandé au maire d’agir. Le « jeu » s’est tenu malgré tout, le 21 septembre, avec l’appui des chasseurs, qui ont fourni les faisans et les lapins qu’ils avaient tués. La préfecture a transmis des éléments au parquet de Clermont-Ferrand. Arfeuilles a prouvé qu’une tradition survit sans cadavre
Dans l’Allier, le maire et l’ensemble des conseillers municipaux l’ont écrit noir sur blanc : « la manifestation du cou de l’oie est autorisée sous réserve que l’oie soit factice ». La municipalité y voit la garantie de « la pérennité » de sa fête. Le rassemblement, la fête, la transmission demeurent ; seule la violence s’en va. À Saint-Bonnet-près-Riom, l’enquête ethnologique annoncée par la municipalité après 2024 n’a, elle, jamais donné signe de vie.
« À Arfeuilles, il a suffi de quelques lignes du conseil municipal : une oie factice, et la fête continue. Faire arracher la tête d’un animal par des adolescents qu’on applaudit, ce n’est pas une tradition, c’est leur apprendre la violence et l’insensibilité», déclare Muriel Arnal, présidente de One Voice.
One Voice appelle à interpeller respectueusement la mairie de Saint-Bonnet-près-Riom et la préfecture du Puy-de-Dôme pour demander l’annulation du jeu, et à signer la pétition « Stop au jeu du cou de l’oie » : https://one-voice.fr/petition/stop-au-jeu-du-cou-de-loie/