Expérimentation animale : la France complice de transferts vers un laboratoire de la honte Expérimentation animale : la France complice de transferts vers un laboratoire de la honte

Expérimentation animale : la France complice de transferts vers un laboratoire de la honte

Expérimentation animale
06.05.2026
France, Espagne
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Alertés par notre partenaire espagnol Abolición Vivisección, nous avons aussitôt saisi les autorités françaises, exigeant l’ensemble des documents relatifs à ces ventes. Les déplacements documentés commencent en 2021. Sur cinq ans, nous avons compté des centaines de chiots et de jeunes primates expédiés sans ménagement de la France vers l’Espagne. Destination finale :  le laboratoire Vivotecnica, connu pour des actes de maltraitance envers les animaux, massifs, filmés, incontestables. Des agissements cruels qui sont jugés le 7 mai 2026 à Madrid. Derrière les souffrances perpétrées sur des millions d’animaux par les laboratoires chaque année, c’est tout un business qui prospère.

© Cruelty Free International – Carlotta Saorsa

Des bébés sans identité, réduits à des numéros

D’eux, nous ne savons rien ou presque. Pas de nom. Pas d’histoire. Réduits à de simples numéros tatoués ou pucés, 355 chiots, 4 macaques à longue queue et 32 primates – dont les espèces ne sont même pas précisées – ont été envoyés depuis la France vers le laboratoire espagnol Vivotecnica de 2021 à 2025.
Seule certitude à ce stade sur leur identité : ce sont des bébés, des chiots entre 4 et 6 mois, de jeunes singes de quelques mois à 2 ans et demi. Arrachés prématurément à leurs mères, ils ont subi des trajets de 11 à 21 heures, interminables. Le début de l’enfer.

Des atrocités révélées en 2021, jugées seulement le 7 mai 2026

Une fois enfermés dans les cellules de Vivotecnica, leur sort est scellé : ces petits sont soumis à des tests de toxicité pour des industries agroalimentaires, chimiques ou cosmétiques à longueur de journée. Pourtant, depuis 2021, ce laboratoire est au cœur d’un scandale majeur. Cette année-là, une enquête menée par Cruelty Free International – coalition dont One Voice fait partie – a mis en lumière des actes de cruauté systématiques : gifles, insultes, contentions. Des agissements pouvant aller jusqu’à la mise à mort de certains sous les yeux de leurs compagnons d’infortune. Les images avaient alors suscité une onde de choc en Espagne et au-delà, entraînant la suspension de l’autorisation d’exploitation de Vivotecnica par les autorités espagnoles. L’enquête a révélé un système entier fondé sur la violence. Pourtant, leur agrément a été rétabli contre une amende dérisoire de 37 000 euros. En tout, 25 infractions ont été relevées par la collectivité de Madrid suite aux révélations. Compte tenu de la gravité des événements, les associations espagnoles FAADA et AnimaNaturalis ont déposé une plainte pour que ces pratiques indignes ne restent pas impunies. Le procès intenté par plusieurs structures, dont Cruelty Free International, contre deux employés, commence le 7 mai 2026. 

Des élevages français pour les labos au cœur du scandale

Comment, dans ces conditions, connues depuis 2021, la France peut-elle autoriser de telles ventes ? Nos investigations l’ont montré : les animaux proviennent de l’Yonne et de l’Allier, où se trouvent les élevages de Beagles et Golden retrievers de Mézilles et Gannat, propriétés du géant américain Marshall BioResources (MBR) contre lequel nous nous battons depuis de longues années.

Pour les primates, une réponse clé a levé toute ambiguïté. La préfecture du Bas-Rhin nous l’a confirmé : ils viennent bien du laboratoire Silabe. Cet établissement que nous dénonçons depuis de longues années comme une plaque tournante en Europe du commerce des macaques et futur fournisseur de l’élevage triplé de Rousset, s’impose ainsi comme un maillon central de cette industrie opaque. 

 

Souffrances animales, intérêts économiques et risques sanitaires transfrontaliers

Au-delà de l’éthique, ce commerce d’êtres vivants soulève aussi de graves questions de santé publique. Les primates utilisés dans les laboratoires présentent des risques de transmission de maladies, régulièrement dénoncées par les alertes sanitaires. Vivotecnica a d’ailleurs été directement cité dans la presse espagnole à ce sujet.

One Voice exige des réponses

Ces exportations ne sont pas des dérapages isolés : elles font partie des nombreux profits générés par l’expérimentation animale, comme pour les 1600 beagles de l’élevage de Mézilles importés en 2025 en Italie pour lesquels aux côtés de LAV nous nous battons encore. 

La France reste en tête de ce naufrage éthique, avec plus de 2 millions d’animaux utilisés en 2023, un chiffre figé depuis 10 ans, preuve d’une inaction persistante.

Pendant ce temps, des images inédites, filmées pendant une décennie et jusqu’en 2025, par un lanceur d’alerte dans des laboratoires britanniques, rappellent avec violence que les souffrances extrêmes, les vies broyées et le silence organisé sont encore bien d’actualité.

Le constat est sans appel : la France ne se contente pas de maltraiter massivement, elle alimente de façon aveugle tout le réseau européen en animaux pour les laboratoires, même les pires. Il est temps d’en finir. Aucune recherche fondée sur la peur, la douleur et la mort n’est justifiable. 

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