Les tigres

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02.07.2017
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Les tigres (Panthera tigris) sont les plus gros représentants de la famille des félidés. Il existe au total neuf sous-espèces de tigres dont trois sont éteintes depuis les années 1950. Les autres sont toutes en danger d’extinction (1). La taille et le pelage varient selon les sous-espèces. Leur comportement démontre des capacités cognitives complexes et sous-évaluées à ce jour.

Les tigres (Panthera tigris) sont les plus gros représentants de la famille des félidés. Il existe au total neuf sous-espèces de tigres dont trois sont éteintes depuis les années 1950. Les autres sont toutes en danger d’extinction (1). La taille et le pelage varient selon les sous-espèces. Les plus grands sont les tigres de Sibérie, pouvant peser jusqu’à 423 kilos. Leur comportement démontre des capacités cognitives complexes et sous-évaluées à ce jour.

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Les tigres

Fiche sentience sur les tigres / le tigre

Habitat

Les tigres vivent dans des habitats très variés allant des forêts tropicales aux mangroves, jusqu’aux forêts de conifères de Sibérie où la température peut descendre jusqu’à – 40°C. Ils s’adaptent aisément si la végétation est dense, s’il y a des sources d’eau et des proies en nombre suffisant. Ce sont des animaux robustes capables de grimper aux arbres comme de nager. Ils apprécient d’ailleurs particulièrement l’eau et il n’est pas inhabituel d’observer des tigres se rafraîchir dans des trous d’eau ou des rivières. Ils peuvent parcourir plus de huit kilomètres dans l’eau pour traverser leur territoire. Il leur arrive aussi de pêcher quand l’occasion s’en présente. (2) (3)

Des solitaires

Contrairement aux lions, les tigres sont des animaux solitaires. La seule relation longue entre deux individus est la relation mère-enfant. Les mâles ne sont pas impliqués dans l’éducation des jeunes.
Hemmer4 a étudié le comportement social des carnivores selon la taille relative de leur cerveau et de leur
environnement. Selon ses études, tigres et lions possèdent la plus grosse céphalisation parmi les félins et
sont potentiellement capables de vivre en groupe. Le fait que les tigres demeurent des animaux solitaires serait lié aux particularités de leur habitat, qui diffère fortement de celui des lions, mais aussi à un ensemble de comportements, communément appelés « tempérament », lequel diffère fortement d’une espèce à l’autre. 

Les tigres sont des animaux territoriaux. Le territoire d’un individu peut couvrir de 64 à plus de 9 000 km² selon l’abondance des proies. Sur son territoire, un tigre possède plusieurs tanières qu’il aménage dans la végétation dense ou des cavités dans les arbres. Les mâles possèdent des territoires qui peuvent chevaucher le territoire de plusieurs femelles. (2) 

Néanmoins, mâles et femelles ne se rencontrent qu’en période de reproduction, majoritairement de novembre à avril. Après plusieurs accouplements sur une période de trois à six jours, ils se séparent. La tigresse mettra au monde entre deux et trois petits après 103 jours de gestation.

Soins aux jeunes

La mère tigre cache ses petits jusqu’à ce qu’ils soient capables de voir et d’entendre, vers 15 jours. Ils seront sevrés vers 100 jours, âge auquel ils commenceront à suivre leur mère dans ses déplacements. On reconnaît rapidement des comportements de prédateur dans leurs jeux, mais ce n’est qu’à partir du 5e mois qu’ils prendront part à des activités de chasse à ses côtés.

Lorsqu’elle a des petits, la tigresse doit chasser deux fois plus pour subvenir à leurs besoins. Ce n’est qu’à partir de 3 ans, après un long apprentissage pour pouvoir pister, attaquer et tuer, que les jeunes tigres prendront leur indépendance et quitteront leur mère pour se trouver un territoire.

Des stratèges de la chasse 

Les tigres se nourrissent principalement de grands herbivores tels que les cerfs sambar ou des bovidés sauvages pouvant faire quatre à cinq fois leur taille, mais aussi de petites proies comme des singes, des oiseaux ou des rongeurs. Selon Charles McDougal, du Royal Chitawan National Park en Inde, les tigres sont intelligents et pleins de ressources. Ce sont des naturalistes de première classe, capables de connaître la saisonnalité et le rythme d’activité de nombreuses proies. Ils savent où les trouver lorsqu’elles se reposent ou se nourrissent.(5) 

Généralement, les tigres chassent la nuit, lorsque leurs proies sont le plus actives. Dans la végétation dense, leurs rayures leur permettent de se confondre totalement dans leur environnement. Ils peuvent parcourir entre 16 et 32 kilomètres en une seule nuit. L’ouïe et la vue sont des sens particulièrement développés chez les tigres et ce sont ceux qu’ils privilégient, plus que l’odorat, pour chasser. (6) Très silencieux, ils avancent précautionneusement afin de se rapprocher au maximum de leur proie. Ils prennent leur temps et font des pauses pour écouter, sans un bruit ni même un mouvement d’oreille. Tant qu’ils sont immobiles, ils sont parfaitement camouflés. S’ils estiment que le fait d’avancer peut faire fuir la proie, ils rebrousseront chemin et referont plusieurs tentatives jusqu’à ce que le moment opportun se présente. Ils ne se lancent que si les conditions sont optimales. Leurs attaques se font généralement à très courte distance, ce qui leur permet de bondir, parfois jusqu’à dix mètres, et d’atterrir de tout leur poids sur l’animal convoité.

Les animaux plus petits seront achevés par une morsure à la base du cou. Les longues canines du tigre (jusqu’à dix centimètres pour le tigre du Bengale) tranchent directement la moelle épinière. Pour les plus gros animaux, c’est une morsure précise à la gorge qui les étouffera. Dans la plupart des cas, les tigres tuent en moins de 90 secondes. Leurs techniques de chasse leur permettent d’être très précis et d’éviter au maximum d’être blessés au cours de l’assaut. Ils transporteront ensuite leur butin à l’abri et le camoufleront à la vue des autres prédateurs. Ils peuvent revenir pour s’en nourrir durant plusieurs jours. (2) (3) (6)

Chasser est un instinct

Une étude sur douze tigres nés captifs âgés de plus de deux ans, équipés de colliers GPS, a été menée dans une réserve de cent hectares sur le continent africain pour juger du succès d’une éventuelle réintroduction.

Les scientifiques ont pu observer que la majorité d’entre eux ont su chasser les antilopes présentes. Le taux de réussite était plus important dans les zones où la végétation était plus dense et pour les jeunes tigres qui avaient été élevés avec leur mère. Enfin, les tigres ont chassé différentes espèces, montrant ainsi une plasticité de leur comportement de chasse. (7)

La communication

L’odorat revêt une importance particulière dans la communication entre tigres. Les individus marquent leur territoire grâce à des jets d’urine sur la végétation, mais aussi en déposant les odeurs des glandes situées sous leurs pattes lorsqu’ils grattent le sol ou les troncs d’arbres. Ces informations olfactives sont perçues en réalisant la mimique du flehmen : la langue légèrement sortie, l’air est aspiré par la bouche, les lèvres sont rétractées. Les odeurs seront traduites par les cellules sensorielles situées sur le palais. Elles indiquent notamment au mâle l’état hormonal des femelles.

Si toutefois un mâle empiète sur le territoire d’un congénère et qu’une rencontre a lieu, les deux individus peuvent se battre et se blesser mortellement. Mais avant d’en arriver là, ils se jaugent l’un l’autre, exposant les crocs, les oreilles aplaties en arrière et les pupilles dilatées. Même s’ils sont solitaires, les tigres savent que des congénères sont présents aux alentours (3) (6). Ils utilisent aussi toute une gamme de vocalisations : grognement, sifflement, gémissement, rugissement… Chaque son a sa fonction et reflète l’humeur ou l’intention de l’animal.

Les tigres font partie des félins capables de rugir mais pas de ronronner. Leur rugissement est particulièrement impressionnant. Il est souvent répété trois à quatre fois et peut être entendu à plus de trois kilomètres. Il est souvent utilisé comme signal de dominance, afin que les autres aient une idée de la taille de l’individu en fonction de la puissance du son émis et de sa localisation. Il est aussi produit lorsque le tigre a tué une proie de grande taille ou en période de reproduction. (3)

Les gémissements (moaning) sont émis pour relâcher la tension dans différentes circonstances alors que la toux de rugissement est exclusivement produite lors d’une attaque. Enfin, les tigres émettent un son particulier appelé « pook sound » lorsqu’ils sont à la recherche de proies. Si sa signification n’est pas encore claire, il semblerait que ces sons se rapprochent de ceux émis par les cerfs sambar. (3)

L’intelligence des tigres par Sabyasachi Patra, cinéaste et photographe passionné de faune sauvage, récompensé pour son documentaire A call in the rainforest (8) :

Il y a quelques années, lors d’une sortie en jeep à Tadoba Andhari Tiger Reserve pour observer les tigres, Sabyasachi Patra a pu voir une tigresse et ses petits avançant sur la piste. Les petits sont vite entrés se cacher dans la végétation, à gauche du chemin. Lorsque le véhicule s’est rapproché de l’endroit où ils avaient disparu, il a pu voir un des jeunes les observer, dissimulé derrière des bambous. La tigresse, de son côté, a continué d’avancer quelques minutes sur la piste. Elle est ensuite entrée dans la forêt, mais sur la droite du chemin. Après un moment, Sabyasachi Patra a décidé de reculer jusqu’à l’endroit où les petits avaient disparu… Il s’aperçut alors que la mère avait retrouvé ses enfants, et que tous trois étaient postés sur un petit promontoire rocheux, leur permettant de les observer discrètement à distance !
Cette expérience démontre les capacités de ruse de la mère pour semer ses poursuivants. Elle est entrée dans la forêt du côté opposé à ses petits, puis a rebroussé chemin et traversé la piste dans le dos des humains…

RÉFÉRENCES

(1) IUCN Red List,

http://www.iucnredlist.org/details/summary/15955/0

(2)
http://animaldiversity.org/accounts/Panthera_tigri…
(3) Panthera tigris. By Vratislav Mazák,

http://www.science.smith.edu/departments/Biology/V…

(4) Hemmer, 1978. Socialization by intelligence: social behavior in carnivores as a function of relative brain size and environment.

Carnivore, 1(1) : 102-105.

(5) Face of the tiger, 1977. Charles Mc Dougal. HarperCollins Distribution Services.

(6) Schaller, G. B. 1967. The Deer and the tiger. A study of wildlife in India. Univ. Chicago Press, Chicago, 370 pp.

(7) Hunting performance of captive-born South China tigers (Panthera tigris amoyensis) on free-ranging prey and implications for their reintroduction,

http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S…
(8)
https://www.indiawilds.com/diary/tiger-intelligenc…

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