Sauvons les limules, victimes des usines à sang de l’industrie biomédicale
Malgré l’existence d’alternatives plus efficaces depuis des décennies, les tests pyrogènes* sont encore massivement pratiqués sur des animaux. Si l’Union européenne les a enfin interdits sur les lapins en 2024, des limules les subissent toujours. Existant depuis des millions d’années, elles sont à présent classées en danger d’extinction. Plus de 550 000 d’entre elles sont capturées chaque année pour leur sang, dont environ 150 000 qui ne survivent pas. One Voice se mobilise avec la coalition de l’ECEAE pour demander l’interdiction immédiate de ces tests cruels et l’emploi systématique des méthodes alternatives existantes.
Les limules, aussi appelées « crabes fer à cheval », ne sont en réalité pas des crustacés. Elles appartiennent à la même famille que les araignées ou les scorpions et vivent sur les côtes marines en Amérique et en Asie. Protégées des prédateurs sauvages par une grande carapace, elles possèdent dix yeux et cinq paires de pattes et existent depuis environ 450 millions d’années ! Mais ce n’est pas pour leur importance dans l’évolution du vivant ni pour leur conservation morphologique exceptionnelle ou encore leur rôle écologique qu’elles sont convoitées, mais pour certaines propriétés de leur sang, de couleur bleue, par l’industrie biomédicale, mais aussi pour leur chair par l’industrie de la pêche. Les quatre espèces existantes sont malheureusement classées comme espèces en danger.
Les limules, survivantes de cinq extinctions massives, mais menacées par l’industrie biomédicale
Leur sang est exploité dans le commerce de vaccins et de dispositifs médicaux lors de tests pyrogènes afin de contrôler l’innocuité des produits. Le sang des limules coagule au contact de certaines bactéries. Le test LAL (Limulus Amoebocyte Lysate) exploite ce phénomène.
Capturées à l’état sauvage, les limules sont ensuite maintenues hors de l’eau dans des chambres de prélèvement où les laboratoires leur implantent une aiguille dans le cœur sans anesthésie et leur retirent 30 % du sang. Les limules possèdent un système nerveux, ce qui les rend réactives au stress de ces captures et aux prélèvements. Relâchées avec un tiers de leur sang en moins, entre 10 % et 30 % d’entre elles meurent.
Cette exploitation est non seulement d’une grande cruauté mais affaiblit aussi progressivement la population mondiale de ces individus, allant même, en Asie, jusqu’à décimer 90 % d’une espèce de limules, dite à trois épines.
Une réglementation hétérogène dans le monde, qui encadre sans protéger
Aux États-Unis, les entreprises biomédicales doivent obtenir une autorisation d’exploitation, respecter des saisons de capture et déclarer précisément le nombre d’animaux prélevés. Le sang est collecté sur des limules vivantes, qui doivent être relâchées après prélèvement afin de réduire la mortalité, même si une proportion significative d’entre elles ne survit pas.
En Asie, ces êtres vivants font l’objet de restrictions variables selon les pays : zones protégées, interdiction de capture en période de reproduction ou limitation de l’exportation.
En Europe, où les limules ne vivent pas naturellement, la réglementation porte surtout sur l’importation d’animaux ou de produits dérivés.
Pourtant une alternative de synthèse existe depuis des décennies
L’Union européenne encourage et autorise depuis 2020 le recours à un substitut de synthèse, le facteur C recombinant (rFC), existant depuis 2003, qui permet de remplacer les molécules recherchées dans le sang de limule, déjà présent dans de nombreuses applications et bien plus efficace.
La réglementation qui impose le contrôle de la pyrogénicité des médicaments, vaccins et dispositifs médicaux est la Pharmacopée européenne. Malgré l’existence de méthodes sans recours aux animaux — aux résultats supérieurs, le test LAL exploitant les limules reste toujours mentionné dans cette réglementation et donc largement utilisé.
Mobilisons-nous pour interdire chaque année la souffrance de 550 000 limules
One Voice fait partie de l’European Coalition to End Animal Experiments (ECEAE), engagée dans le combat pour mettre fin à l’expérimentation animale.
La coalition représentée par Doctors Against Animal Experiments sera reçue le 12 décembre prochain pour exiger auprès de la Commission européenne le retrait de l’autorisation des tests issus du sang de limule afin de généraliser l’utilisation de son substitut de synthèse plus performant.
Aidez-vous à mettre fin à ce business juteux et cruel en signant la pétition pour donner plus de poids à notre demande avant le 30 novembre !
*Les tests pyrogènes visent à vérifier si une substance ou un produit médical provoque une réaction chez le receveur, se manifestant par de la fièvre. Historiquement, ces tests étaient réalisés en injectant le produit à des lapins, puis en observant leur augmentation de température avant de les mettre à mort. D’autres méthodes utilisent le sang d’autres animaux dont les limules.