Loro Parque: Communiqué de Presse Loro Parque: Communiqué de Presse

Loro Parque: Communiqué de Presse

Exploitation pour le spectacle
17.03.2026
Antibes
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One Voice dénonce un point de non-retour de la France pour la facilité et le pire plutôt que l’exemplarité pour les orques de Marineland

Alors qu’en décembre, la piste de sanctuaire en Nouvelle Ecosse semblait actée, One Voice lève le voile sur un revirement dramatique ces dernières semaines qui condamne les 2 dernières orques captives françaises, Wikie et Keijo. Contre l’opinion publique et à l’opposé total de l’esprit de la loi de 2021, l’Etat Français s’apprête à donner son aval pour leur transfert à Loro Parque aux Canaries.   

La situation des orques de Marineland est dans une impasse. Pire, la menace de leur envoi dans le delphinarium le plus maltraitant d’Europe plane aujourd’hui sur la tête de Wikie et Keijo.

A l’heure où dans toute l’Europe, les delphinariums ferment, la France risque d’être très prochainement pointée du doigt pour son manque d’anticipation et l’attentisme qui conduisent à la situation d’aujourd’hui. Une situation qu’on ne peut attribuer aux associations qui alertent depuis de nombreuses années et dont les alternatives sont balayées les unes après les autres.

Dernière en date : après avoir annoncé privilégier le transfert des deux orques de Marineland vers le futur sanctuaire marin en Nouvelle-Ecosse (Canada) – projet sur lequel notre association travaille depuis 5 ans en lien avec Whale Sanctuary Project et les plus grands spécialistes mondiaux – le ministère de la Transition écologique rétropédale depuis mi-janvier. Exit le sanctuaire pour Wikie et Keijo. Entre le choléra et la peste, le sort de Wikie et Keijo balance désormais entre un transfert à Loro Parque, Canaries (Espagne) ou l’euthanasie pure et simple, argument utilisé pour faire pression sur l’Espagne qui jusqu’à présent estimait que les conditions à Loro Parque étaient trop mauvaises pour y accueillir les orques.

Dans l’équation, le bien-être des animaux est éclipsé par les intérêts financiers. C’est aussi la voie ouverte à une marchandisation vers l’Asie.

Reproduction et transferts au Japon : lire entre les lignes de la solution Loro Parque

Loro Parque est en soit une perspective catastrophique. S’y trouvent déjà 4 orques connaissant toujours reproduction et représentations : une femelle et son bébé d’un an, Teno, dans un bassin séparé des 2 mâles. Se pose la question des interactions sociales avec un groupe aux rapports déjà établis, des orques rendues agressives par la captivité, dans un espace trop restreint, inférieur aux recommandations de l’European Association of Aquatic Mammals (EAAM). 4 orques y sont décédées entre 2021 et 2024 à des âges allant de 3 à 29 ans, là où l’espérance de vie d’une orque dans la nature dépasse les 50 ans.

Le parc a une structure pouvant accueillir un maximum de 6 orques adultes et il est quasi certain d’après nos sources que sa volonté est de faire reproduire Wikie à son arrivée. Il en était déjà question en 2025 lors de la précédente tentative de Parques Reunidos, propriétaire de Marineland, de transférer les orques vers Loro Parque. Le parc avait alors stoppé la contraception de l’orque avant que le gouvernement espagnol ne bloque leur transfert.

Cette fois, si le transfert est acté politiquement, Wikie servira à la reproduction. Son fils Keijo, lui, pourrait être acheminé au Japon et connaître un sort tout aussi dramatique. L’Asie n’est pas près de fermer ses delphinariums. Face à une pénurie d’orques sur le « marché » international et une problématique génétique bloquant la reproduction des orques déjà détenues en Asie, Keijo représente un diamant à plusieurs millions d’euros pour ces pays.

Les liens entre Loro Parque et le Japon sont déjà forts. Officiellement, Teno est né en mars 2025 de père inconnu. De sources proches du dossier, sa mère a probablement été inséminée, potentiellement d’Earth, dernière orque mâle captif au Japon, décédé à 16 ans l’été dernier.

Les orques sont des animaux sociaux. Au Japon, toutes les orques appartiennent à Grandvista Hôtel qui détient 2 parcs : Kamogawa et Kobe Suma Aqualife. Sans raison, une orque femelle prêtée au parc Nagoya est maintenue seule depuis la mort d’Earth. Sauf si le Japon attend un autre père.

L’hypocrisie d’un départ à l’étranger

Quel message le gouvernement français souhaite-t-il envoyer à l’opinion publique ? Quelle est la valeur de la loi de 2021 interdisant la détention et la reproduction en captivité des cétacés en France, s’ils sont marchandés à l’étranger pour y subir un sort pire encore ?

One Voice refuse d’assister impuissante à ce drame qui se joue sous nos yeux et réclame qu’une concertation soit lancée à l’échelle européenne pour offrir à tous les cétacés encore captifs une retraite le long de nos nombreuses côtes ou hors Europe. Le projet de sanctuaire en Nouvelle Ecosse reste une piste solide, qui ne peut avancer sans garanties d’accueil des orques. L’absence de décision ministérielle bloque actuellement autorisations, investissements et financements. Nous attendons que la France envoie un signal fort au reste du monde, plutôt que d’être le symbole d’un échec.

 

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