Centre de primatologie de Rousset: tripler le cages, ignorer les alertes... Le CNRS passe en force Centre de primatologie de Rousset: tripler le cages, ignorer les alertes... Le CNRS passe en force

Centre de primatologie de Rousset: tripler le cages, ignorer les alertes... Le CNRS passe en force

Expérimentation animale
27.02.2026
Rousset, Bouches-du-Rhône
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Les citoyens disent « non ». Des eurodéputés interpellent la France. Des scientifiques eux-mêmes expriment des doutes et un avis contraire. Malgré cette opposition générale et alors qu’un nombre croissant de pays s’engagent vers la sortie de l’expérimentation animale, le CNRS persiste dans son entêtement et entend bien dépenser 80 millions d’euros d’argent public pour agrandir le centre de primatologie de Rousset et tripler le nombre de primates destinés aux laboratoires. Un choix dogmatique à rebours de l’histoire, des droits des animaux et des orientations européennes. Face à ce déni de démocratie, nous interpellons les candidats à la municipalité de Rousset. Ils ne pourront pas rester silencieux.

Les défenseurs du projet peuvent bien invoquer la « souveraineté scientifique », leurs justifications restent bancales et nos arguments têtus. Le plan du Centre de primatologie de Rousset prévoit un agrandissement des installations afin d’élever 1800 animaux au lieu des 600 actuels dans le but de les vendre à des laboratoires. En clair, sous couvert de « recherche fondamentale », il s’agit bien de pérenniser une filière, pensée pour produire et commercialiser des êtres sensibles : une industrie fondée sur le dos des primates.

Mobilisés depuis des mois contre ce projet anachronique, nous avons alerté les élus, les médias et les habitants, dévoilant notamment la souffrance des primates enfermés dans les cages de Rousset et leurs  tristes destinés. Des bribes de vies sacrifiées issues des documents obtenus en justice en novembre dernier face au CNRS et à l’Université d’Aix-Marseille

La contestation s’est propagée des citoyens aux eurodéputés. Elle n’a fait que grandir au fil des mois, les doutes sur la pertinence de ce projet gagnant même les scientifiques. Le 27 janvier, le COMETS, comité d’éthique indépendant, a ainsi rendu un avis réservé, appelant notamment à « une expertise scientifique et contradictoire ». Le garant de la Commission nationale du débat public (CNDP) a lui aussi souligné l’ampleur de l’opposition et recommandé une concertation continue ainsi qu’une justification des enjeux éthiques.

Qu’importe ! Dans un document de 33 pages publié ces jours-ci, le CNRS balaie critiques et recommandations d’un revers de main et l’on relève plus une version retravaillée de leurs arguments maquillant leurs aberrations. Nous l’avons analysé, en voici quelques extraits. Au menu : des mensonges, des approximations, des contradictions, des zones d’ombre, encore.

Le rassurant objectif de « bien-être » animal : un affichage de façade

Sur le bien-être animal, sujet des plus questionnés et mis en doute, les défenseurs du projet affirment vouloir dépasser les standards réglementaires fixés par l’arrêté ministériel du 1er février 2013. Lumière naturelle, taille des cages, accès extérieur, surveillance sanitaire… Point par point, notre analyse démontre l’écart entre cet affichage de façade et la réalité (réglementaire).

S’appuyant sur ces annonces, ils estiment même proposer un cadre « qui dépasse les simples exigences biologiques ».
Comment quelques mètres carrés de béton grillagé et des croquettes dans un tube peuvent-ils valoir mieux que des forêts et la liberté ? 

Le CNRS va jusqu’à oser prétendre que ce projet « devient ainsi un instrument de progrès, non seulement pour la science, mais aussi pour les standards de bientraitance animale ».

Débouchés économiques : des contradictions manifestes

Sur les débouchés économiques, le flou demeure. « Tout projet à visée commerciale est exclu », écrit le CNRS, tout en prévoyant un « accès limité aux acteurs privés ». Exclu ou limité ? La question se pose. Et quid alors des recherches qui expérimentent des traitements ? Seront-elles mises gratuitement à la disposition des patients ? On peut en douter.

Concertation : vous pouvez circulez !

Quant à la recommandation d’une concertation continue, elle est rejetée au motif qu’elle « prolongerait un débat de principe ». En clair, circulez, il n’y a rien à discuter.

Ce document censé répondre à la concertation initiée par le CNRS lui-même relève une fois encore de l’opération de communication plutôt que de la transparence et de la remise en question. Aucun engagement clair sur la nécessaire réduction de l’expérimentation sur les primates demandée par la directive européenne 2010/63/UE.

Face à cette mascarade, nous avons envoyé un courrier aux candidats de la mairie de Rousset. Il appartiendra au futur édile de délivrer ou non le permis de construire nécessaire à cette extension et d’en assumer les conséquences politiques. La presse locale a été informée de cette démarche.

Le combat reste long, chaque action compte. Nous ne cédons rien.

Partagez votre opposition à ce projet en signant notre pétition, et restez informé(e)s pour participer à la prochaine action nationale contre le projet prévue en avril prochain.

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