Centre de primatologie de Rousset: l’Europe interpelle la France sur les primates élevés pour ses labos
Longtemps maintenu dans l’opacité, le projet d’agrandissement du centre de primatologie de Rousset éclate au grand jour. À l’heure où les avancées technologiques, notamment grâce à l’IA, bondissent, l’utilisation de nos plus proches cousins dans les laboratoires suscite une contestation croissante, même au-delà de nos frontières. Et face à cette volonté française d’un autre temps, la mobilisation change d’échelle. Un groupe d’eurodéputés interpelle les autorités françaises et partage ses préoccupations face à ce projet.
Daté du 20 janvier, le courrier d’un groupe d’eurodéputés adressé au ministre de l’Enseignement supérieur et au comité d’éthique du CNRS évoque sans ambiguïté:
Entre opposition et « préoccupation profonde », les élus remettent clairement en cause la volonté d’agrandir le centre de primatologie de Rousset dans les Bouches-du-Rhône, portée par le CNRS. Un projet élaboré en toute discrétion qui prévoit d’exploiter jusqu’à 1800 primates – contre 600 actuellement –, d’alimenter 40 % de la recherche européenne et que nous dénonçons depuis l’été 2024.
Enquêtes, pétitions, manifestations : notre mobilisation a rompu le huis clos et désormais la voix des primates enfermés résonne au sein des institutions européennes. L’Europe refuse de cautionner l’exploitation des macaques, des babouins, des marmousets, ces êtres sociaux, empathiques et intelligents promis à des années d’isolement, de tortures, de contraintes et de manipulations.
Lutte pour la transparence
Au-delà du sort qui leur est réservé, les eurodéputés dénoncent aussi le grave manque de transparence des laboratoires. Une omerta que nous combattons de longue date. En novembre 2025, face au refus répété du CNRS et de l’Université d’Aix-Marseille de nous communiquer les documents publics détaillant leurs expérimentations depuis 2023, nous avions obtenu gain de cause au tribunal administratif de Marseille. Cette défaillance a également été soulignée par le garant de la Commission nationale du débat public (CNDP) dans son bilan sur la concertation.
Les citoyens disent non ailleurs qu’en France aussi
Cette concertation publique a d’ailleurs livré un verdict sans appel : 93 % des avis déposés sont défavorables au projet. Mieux encore : les contributions soulèvent massivement les enjeux éthiques liés aux droits des animaux. La contestation des expérimentations sur les primates touche également l’Allemagne. Une pétition portée par un de nos partenaires Doctors Against Animal Experiments a déjà réuni plus de 40 000 signatures, ouvrant la voie à une audition publique. Là aussi, la société refuse de détourner le regard.
L’avenir des primates dans les laboratoires : un choix politique
L’affaire Rousset est révélatrice. Elle place les décideurs devant leurs responsabilités. Car l’agrandissement du site n’est pas une nécessité scientifique. C’est un choix politique qui place la France à contre-courant d’une recherche tournée vers l’avenir. Si le projet vacille aujourd’hui, c’est grâce à notre mobilisation constante. Le débat est désormais public. Le CNRS doit répondre suite au bilan du garant de la concertation d’ici le 16 février prochain.
Les primates ne sont ni des outils ni des marchandises. Avec nous, exigez l’arrêt de l’agrandissement de Rousset en signant notre pétition. Le combat continue.