9 millions d’animaux sacrifiés en 2023, la transition européenne au point mort 9 millions d’animaux sacrifiés en 2023, la transition européenne au point mort

9 millions d’animaux sacrifiés en 2023, la transition européenne au point mort

Expérimentation animale
03.04.2026
Toutes les actualités

9 073 608. C’est le nombre d’animaux broyés par l’expérimentation dans l’Union européenne et la Norvège en 2023. Une baisse de 3 % à peine, autant dire rien.
À l’heure où les citoyens réclament massivement la fin de ces pratiques, où la Commission européenne doit publier sa feuille de route pour en sortir où des méthodes alternatives fiables existent et se généralisent dans le monde, ce chiffre n’est pas un progrès, c’est l’aveu d’un échec : celui d’un système qui refuse de se transformer.

Les 9,1 millions d’animaux victimes de l’expérimentation sont des êtres enfermés, génétiquement modifiés, rendus malades pour mieux servir des protocoles obsolètes. Plus inquiétant encore, les tests pourtant évitables et déjà remplacés par des alternatives fiables établies par notre partenaire Cruelty Free International ont augmenté de 10%.
Des pratiques d’un autre âge persistent. La méthode de l’ascite, particulièrement cruelle, continue d’être pratiquée pour produire des anticorps. La France en est aujourd’hui la dernière adepte en Europe : en 2023, 36 000 souris et cochons d’Inde ont ainsi été soumis à des souffrances intenses et injustifiables.

La France, championne européenne de la souffrance animale

Sans surprise, la France reste en tête des pays européens avec plus de 2 millions d’animaux utilisés (2 046 754) dans ses laboratoires, soit le quart du total européen. Depuis plus de dix ans, rien ne bouge et notre pays s’entête dans des projets archaïques, comme en témoigne la volonté d’investir 80 millions d’euros d’argent public pour agrandir le centre de primatologie de Rousset et y tripler le nombre de primates détenus de 600 à 1800. Une fuite en avant en dépit des doutes scientifiques et de l’opposition citoyenne.

Si la Norvège (1,6 million d’animaux, + 12 %) et l’Allemagne (1,5 million) suivent, la France aligne les records de la honte et se distingue par la cruauté des expérimentations pratiquées : 191 046 procédures « sévères » ont eu lieu en 2023, soit plus du quart du total européen. Dans les laboratoires français, 3 459 primates, soit 41 % du total européen, ont subi des expériences douloureuses et traumatisantes, alors même que leur nombre diminue globalement de 23% dans les autres États membres.

Des millions de vies exploitées, toujours les mêmes

Invisibles, interchangeables, les souris incarnent au premier chef les victimes de cette industrie qui banalise la souffrance et paient le plus lourd tribut avec 3 593 561 individus expérimentés dans les laboratoires européens et norvégiens, soit 44,5 % du total. En France, les lapins sont particulièrement touchés : ils représentent près de la moitié des animaux subissant, notamment des tests de toxicité largement dépassés. L’interdiction des tests pyrogènes en 2025 devrait enfin marquer un recul de ces pratiques.

Des engagements trahis

Aux côtés de notre coalition Cruelty Free Europe, One Voice tire la sonnette d’alarme. Loin de reculer, l’expérimentation animale pourrait au contraire se renforcer au sein de l’Union européenne. En cause, les révisions en cours des textes clés que sont la réglementation REACH (Registration, Evaluation Autorisation and Restriction of Chemicals) et le règlement sur les produits cosmétiques (Cosmetic Products Regulation – CPR). Derrière ces ajustements techniques s’opère en réalité un basculement inquiétant. Car le CPR censé interdire l’expérimentation animale sur les cosmétiques, a déjà été vidé de sa substance. Dans les faits, il est contourné. Dès lors que les produits sont concernés par REACH, les tests sur les animaux reprennent le dessus, même s’il s’agit d’ingrédients utilisés uniquement dans les produits cosmétiques. En clair, si l’interdiction existe sur le papier, elle est bafouée en pratique.

Ce recul trahit les engagements pris par l’Union européenne, la confiance et la volonté des citoyens largement favorables à une science sans souffrance animale.
Face à cette possible trahison, One Voice appelle à se mobiliser autour du 24 avril, Journée internationale des animaux de laboratoire. Des actions nationales auront lieu autour du 25 avril. Rejoignez-nous.

Partager l'article