le lundi 08 mai 2017 | 361

Un Tilikum parmi les lions

Chirkane a agressé son dresseur le 7 mai 2017 à Doullens, devant une centaine de spectateurs. One Voice s'oppose catégoriquement à son euthanasie. Mobilisons-nous pour que ce Tilikum des lions soit confié à nos soins et placé dans un sanctuaire.

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Le lion est un animal sauvage et dangereux, qui l'ignore ? Même s'il est né captif, il n'en a pas perdu son ADN de grand prédateur pour autant. A six ans, un lion est adulte, il voyage déjà avec ses amis puis se repose au soleil, sous le ciel du Serengeti. Mais dans un cirque, pas de brousse, pas de grands espaces, pas de soleil. Rien que la cage et la piste.

L'attaque reprochée à Chirkane n'a rien de criminel. Il s'agit d'un écart, pas d'une attaque avec intention de tuer*. Ce qui n'est pas naturel, en revanche c'est d'enfermer un félin dans une cage minuscule et de ne l'en sortir que pour le dresser et l'exhiber sous un chapiteau bruyant. C'est de lui infliger des voyages sans fin dans un camion. Ce qui est criminel, c'est de le priver de tout ce qui fait de lui un lion. Chirkane n'en pouvait plus et a voulu simplement être un lion, comme l'orque Tilikum, qui tua sa dresseuse à SeaWorld, voulait juste être une orque. Une vraie.

Mais ce Tilikum des pistes n'est pas une orque, hélas. Il ne vaut pas des millions de dollars. Des lionceaux comme lui, cirques et zoos en produisent comme autant des portées de chats. Lorsqu'ils dysfonctionnent, on les jette et on les remplace.

Il voulait « dominer » ? Non, dans les cirques, ce sont les dresseurs qui veulent dominer! Chirkane voulait juste dire stop. Dimanche, c'était le spectacle de trop. D'un coup, il n'a plus supporté les ordres menaçants. Il n'a plus supporté de retourner dans sa cage, attendre sur de la sciure pisseuse la prochaine séance de violences. Alors il a fait ce que font les lions : il a neutralisé l'importun pour qu'il le laisse tranquille. Il a agi comme un lion. Et on veut le tuer pour ça.

One Voice, qui alerte régulièrement sur les dangers des animaux dans les cirques, est profondément attristée pour le dresseur auquel elle souhaite un rétablissement rapide et complet.

S'il en était besoin, ce drame nous prouve une nouvelle fois que les animaux sauvages n'ont rien à faire dans un cirque. Il est urgent que la France interdise au plus vite cette pratique d'un autre âge, comme l'ont déjà fait tant de pays dans le monde.

Pour réclamer la grâce de Tilly le Lion et sa prise en charge immédiate par One Voice, merci d'écrire au Ministère de l'Environnement. (ou lien copiez-collez l'url suivant : http://www2.developpement-durable.gouv.fr/Formulaire-de-saisine-de-l)

* « Les lions sont des top prédateurs sauvages qui n'ont rien à faire dans des cirques. L'instinct de prédation est profondément ancré chez les félins (même chez les chats domestiques). Chaque animal peut avoir un comportement agressif momentané, que ce soit à cause d'un mal-être, d'une douleur, d'un stress. Mais le résultat d'une telle crise va varier selon qu'on parle d'un chihuahua ou d'un lion.

Dans le cas de ce lion, il n'y a pas eu attaque mortelle, c'est juste un écart d'énervement car si un lion a l'intention de tuer, il tue à la gorge en quelques secondes. » Dr Pierre Gallego, vétérinaire consultant.

Yvon Godefroid
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Commentaires 361

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Pinpon | samedi 24 juin 2017

Un lion qui attaque son dresseur c'est affreux pour le dresseur. Mais la peine de

mort est-elle nécessaire ? Le lion est déjà condamné à la prison à perpétuité.

Evitons plutôt que cela arrive à nouveau.

Patricia | jeudi 18 mai 2017

Bien...mais, mais, mais....nous faisons EXACTEMENT la même chose avec nos chiens...et ils sont bien plus nombreux que les lions sauf erreur de ma part, à souffrir en silence (sinon on les euthansasie pour éviter les soucis de voisinage!).
Vous savez, le chien qu'on prend à 2 ou 3 mois à sa maman, qui n'a pas fini sa sociabilisation de chiot et encore moins fait sa vie d'adolescent. Pas grave diront certains...pas grave...
Sauf que chez son humain, Médor doit ne pas aboyer et rester tranquille à la maison (lui un animal de meute doit endurer la solitude en se taisant!). Il doit supporter sans mot dire (ou maudire!) les chatouilles et les jeux des enfants, les calins des adultes ailleurs dans leur pensée (sinon chien dangereux...euthanasie)...mais en même temps la brave bête qui doit accepter les calins de tout le monde sans grogner, sans hérisser le poils et en frétillant de la queue doit aussi protèger son maître et la maison...ben voyons...et encore quoi?
Et encore quoi? Ben en fait, le chien n'est juste plus un chien mais un truc lobotomisé et ludique pour....l'humain.
Alors oui c'est triste pour le lion...mais plus facile de mobiliser les foules pour les animaux de cirque que pour interdire bien des détenteurs de chien à garder ou reprendre un autre animal parce qu'il travaille, parce qu'il ne parle pas chien, parce qu'il ne savnet pas être une meute...alors l'erreur humain est déjà chez nous...regardons à nos pieds ensuite sur la sciure des cirques...le changement commence chez nous, pas chez l'autre...mais c'est plus simple il est vrai!

ONE VOICE | vendredi 19 mai 2017

Bien entendu, Patricia, nous sommes d’accord avec vous, le respect dû à nos compagnons chiens est si souvent oublié par leurs humains, leur sort n’est pas toujours enviable.
C’est la raison pour laquelle, nous nous y intéressons chaque jour.
Je vous mets le lien vers le document que nous avons édité, qui s’intitule « Compagnonnage Chiens » (et qui existe aussi pour les chats).

http://one-voice.fr/fr/nos-combats/compagnons/compagnonnage-animaux-apprendre-a-vivre-ensemble.html

Nous travaillons en étroite collaboration avec le Docteur Nathalie Simon, qui est vétérinaire et qui donne des conférences partout en France pour sensibiliser le public à cette relation aussi belle que fragile.

Delya | samedi 13 mai 2017

Quel autre langage peuvent-ils avoir pour exprimer leur épuisement face à des demandes contre nature des humains. Désolé pour le dresseur mais il récolte ce qu'il a semé. Longue vie "libre" à Chirkane et à tous les animaux.

Laine | jeudi 11 mai 2017

Qu'on respecte ces pauvres animaux comme on aime être respecté !! les admirer en liberté dans leur espace naturel est bien plus grandiose comme spectacle.