le mardi 24 mai 2016 | 2

Transport de chevaux : le bout de la route

Chaque année, des milliers de chevaux faméliques sont conduits à l’abattoir sur de longues distances. Un transport aussi cruel que leur mise à mort. Dix ans après une saisie mémorable réalisée par One Voice, rien n’a changé. Il est temps de reconsidérer le statut des chevaux !

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Chaque année, des milliers de chevaux faméliques sont conduits à l'abattoir sur de longues distances. Un transport aussi cruel que leur mise à mort. Dix ans après une saisie mémorable réalisée par One Voice, rien n'a changé. Il est temps de reconsidérer le statut des chevaux !

En cette chaude journée de juin 2005 qui jaunit les blés de la Haute-Marne, Éric, l'enquêteur de One Voice, se tient de garde aux côtés des gendarmes. Un camion de transport venu d'Espagne arrêté sur l'aire d'autoroute attire son attention. Lorsqu'on ouvre les portes, c'est l'horreur. Vingt-sept chevaux s'entassent dans cet espace surchauffé minuscule. Ces malheureux sont destinés à l'abattage en Belgique. Ce ne sont que des objets usés par une vie d'esclavage dont on se débarrasse, tout en tirant quelque dernier profit de leur viande.

Squelettiques, assoiffés, affamés, les chevaux sont dans un état de faiblesse extrême. Sur le sol trempé de déjections, une jument est étendue. Elle tente de relever la tête, l'œil crevé et le corps meurtri par trop de coups de sabots. Durant tout le long voyage, à chaque cahot de la route, sa tête a frappé le sol et la paroi, que son sang éclabousse. Son convoyeur tente de la remettre sur pattes en la tirant par la crinière. En vain. La jument succombe avant l'arrivée du vétérinaire appelé en urgence. L'autopsie révélera qu'elle n'a plus été nourrie ni abreuvée depuis plus de 48 heures et qu'elle est morte d'épuisement. Dans un autre coin du camion, un cheval ne parvient plus à se déplacer. Sa patte arrière a été fracturée. Il faut se résoudre à mettre fin à ses souffrances. Un troisième, enfin, ne survivra que quelques jours à son sauvetage.

Grâce à l'action rapide de One Voice soutenue par les gendarmes, les survivants sont menés à l'extérieur sur l'aire de repos de l'autoroute. Ils y reçoivent les premiers soins, de l'eau et du fourrage. Le jour même, One Voice porte plainte pour actes de cruauté. Quelques jours plus tard, par décision du procureur, nous obtenons la garde des 24 chevaux survivants et nous prenons en charge leur accueil chez des personnes de confiance. Le marchand de chevaux tente de récupérer son bien mais l'Espagne refuse de reprendre les chevaux. Au terme de négociations ardues, le ministère de l'Agriculture donne son accord pour que ces animaux, légalement destinés à la boucherie, puissent continuer à vivre en paix jusqu'à leur fin naturelle. Jamais une telle décision n'a encore été prise ! Cette fois, nos amis sont sauvés pour de bon !

Cette belle victoire de 2005 illustre le combat constant que poursuit One Voice contre la maltraitance, par le biais de sa Cellule Zoé, au fil d'enquêtes minutieuses, de procédures juridiques complexes et de saisies souvent pénibles pour les enquêteurs.

Mais le combat doit également se mener sur un autre plan. Afin de préserver les chevaux de ces transports indignes et criminels, il faut que la loi change ! One Voice plaide pour que cette espèce, amie de l'humain depuis des millénaires, soit classée par la loi comme « animal de compagnie » et non plus comme animal d'élevage. Le cheval ne pourrait plus dès lors être consommé. Toutes ces actions demandent de l'énergie, de la patience et surtout des moyens. Merci de soutenir l'action de One Voice en faveur des chevaux ! Ils ont besoin de nous !



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Commentaires 2

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Isaline | vendredi 17 août 2018

Pauvres animaux!C'est d'une tristesse sans nom, tous ces

chevaux, ces poneys et ânes qui partent à l'abattoir!

J'espère qu'un jour cela cessera, sans oublier les autres, les

vaches, brebis, cochons etc....

Je suis végétarienne et contente de l'être.

Béatrice | jeudi 16 août 2018

Mais que font nos très chers ministres d'opérette? "de l'agriculture et de l'écologie"..