le samedi 15 décembre 2018 | 46

Sauvons la mémoire de Mevy !

Le 24 novembre 2017, la tigresse Mevy s’échappait du cirque Bormann et affolait le tout-Paris. Pourtant, c’est un fauve apeuré au fond d’une impasse, que son dresseur a retrouvé et exécuté sans ciller ! À la suite de notre dépôt de plainte l’an passé, nous avons eu accès à de nombreuses informations qui prouvent que le drame aurait pu être évité. Le ou les responsables de la mort de Mevy doivent être condamnés !

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Elle s’appelait Mevy. Voici un an que cette tigresse, âgée de seulement 18 mois, fuyait sa cage et le cirque Bormann. Quelques foulées plus tard, elle était lâchement abattue par son dresseur dans une rue parisienne non fréquentée. Aussitôt après les faits, nous avions porté plainte. Notre avocate a pu avoir accès à des informations détaillées sur les circonstances de la tragédie.

Un tigre pétrifié

Le 24 novembre 2017, c’est par une porte grande ouverte que Mevy s’est échappée. Lors de sa première déposition, son dresseur a d’ailleurs admis être à l’origine de l’incident : il aurait malencontreusement fait une chute devant la cage des tigres et actionné le loquet d’ouverture en glissant. Par la suite, l’homme a changé plusieurs fois ses explications, mais dans tous les cas il y a eu erreur de la part du dompteur lors de la manipulation de la porte. Or de quoi rêve un animal sauvage qui n’a connu, depuis sa naissance, que la séquestration, l’ennui, les menaces, la maltraitance ? Que fait-il lorsque la porte de cet enfer s’ouvre soudain devant lui ? Il se sauve ! Malheureusement, ce n’est ni le parfum de la liberté, ni les forêts ou les prairies d’Asie que Mevy a trouvés dehors. Seuls les gaz des pots d’échappement et le tumulte de la ville l’attendaient. Paniquée de se retrouver ainsi livrée à elle-même en plein cœur du XVearrondissement de Paris, aveuglée par la lumière des phares, abasourdie par le vacarme des voitures, elle a couru se réfugier dans une rue isolée à seulement quelques mètres du chapiteau.

Exécution sommaire

Acculée dans une impasse, allongée sur le bitume, Mevy ne manifestait aucune agressivité quand son propriétaire l’a retrouvée. Elle ne représentait pas de danger immédiat. Equipé d’un fusil à pompe, l’homme avait les moyens de la tenir en joue le temps que le personnel du cirque, les sapeurs-pompiers ou un vétérinaire interviennent. Un simple filet ou une fléchette hypodermique plaçant l’animal en état de somnolence — voire, à défaut, une blessure légère — auraient suffi à sa capture. Mais non ! À aucun moment le dompteur n’a envisagé d’alternative à l’exécution radicale de la pauvre tigresse qui, selon ses propres aveux, était simplement « couchée, en faisant rien d’autre » ! Il est vrai que chez les dresseurs de grands fauves, on tire plus de gloire à dégainer son fouet — et ici son fusil — pour mater « les bêtes féroces » qu’à s’intéresser à leur comportement et reconnaître leur détresse… Alors, une première balle a fusé pour toucher le flanc gauche du félin aux abois. Puis une seconde est venue se loger dans son cou. La pauvre Mevy respirait encore, sans nul doute terrorisée et dans d’atroces souffrances, lorsque la troisième et fatale charge a fait exploser son crâne.

One Voice en colère

Les derniers instants de la tigresse ont donc été, à l’image de sa courte existence, pétris de douleur et de peur. Tandis qu’une horde d’humains s’effrayaient de la savoir en liberté, c’est elle qui angoissait le plus et cherchait à se mettre à l’abri d’un monde dont elle n’aurait jamais les clés. Sur quelle ultime vision d’horreur se sont fermés ses yeux ? Celle de son « maître » déchaîné, s’acharnant à la persécuter jusqu’au bout, jusqu’au-delà même de la soumission, jusqu’à la mort.Une telle cruauté nous révolte, une telle soif de domination ayant conduit à l’avilissement puis l’anéantissement de la victime, nous écœure. Et pourtant… La plainte que nous avions déposée l’an dernier a été classée sans suite ! C’est inadmissible : plus personne ne souhaite donc que justice soit rendue pour Mevy ? Nous ne laisserons pas sa mémoire se faire piétiner de la sorte. Sa souffrance doit être reconnue et le(s) responsable(s) de son assassinat identifié(s) et condamné(s). One Voice engage donc des poursuites directes contre le cirque Bormann et ne le lâchera pas. Plus que jamais, nous continuons notre combat contre la présence des animaux dans les cirques. Nous devons obtenir la délivrance de tous ces opprimés et qu’aucun d’entre eux ne subisse le même sort que Mevy. 

En février prochain, nous aurons enfin une audience au Tribunal de Grande Instance de Paris. Ce sera la première d'une longue série afin que toute la lumière soit faite sur ses derniers instants et que les coupables soient désignés.

Crédit photo : DR

Marie-Sophie Bazin
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Commentaires 46

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Claire | mardi 25 décembre 2018

Les dompteurs et autres professionnels vivant de l'exploitation animale n'aiment pas leurs animaux on le sait depuis toujours. Honte à cet homme qui a trahi son bb tigre.

francine | dimanche 23 décembre 2018

la honte.

queçacesse | dimanche 23 décembre 2018

Je demande à ce que la justice reconnaisse le crime contre animal vis-à-vis de cette malheureuse tigresse.
Je demande à ce que la loi sur la sensibilité animale soit appliquée.
Je demande, enfin, l'interdiction de tous les cirques AVEC ANIMAUX. Ces animaux doivent être RETIRES IMMEDIATEMENT, et transférés dans des sanctuaires adaptés.
Je demande également que les enfants, dans leur scolarité, apprennent la compassion et l'empathie vis-à-vis de tous les animaux.
QUE JUSTICE SOIT FAITE

Pascale | samedi 22 décembre 2018

Lâche ! Laissonsles animaux tranquilles