le lundi 04 février 2019 | 11

Sauvetage des trois canards appelants survivants

Samedi 26 janvier 2019, nous avons procédé au sauvetage de trois canards utilisés comme appelants, retrouvés dans une pataugeoire glaciale. Pour obtenir leur libération, nous avons dû affronter nombre d'embûches. Mais à présent, leur calvaire est fini!

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Cinq canards maltraités, utilisés pour en tuer d'autres

En septembre dernier, une lanceuse d’alerte nous a signalé la présence de canards dans une situation difficile, en Bourgogne-Franche-Comté. Notre enquêteur, dépêché sur place immédiatement, a découvert le misérable lieu de vie de ces oiseaux sauvages. 

Dans l'enclos pour le moins rudimentaire, quatre pauvres canards, le cadavre d'un cinquième gisant là, et quelques quignons de pain dans la boue. Arrachés à leur vie libre, probablement par des pièges à ragondins, le chasseur les avait destinés à être « appelants ». Une vie résumée à appeler leurs congénères dans le seul but qu'ils soient tués. Le plus bouleversant: ce mâle, perché, regardant au-dessus des planches, l'étang où des canards libres nagent au loin.

Notre tentative de passer par la justice pour les sauver

Nous avons aussitôt déposé plainte. Comme toujours, ces affaires prennent plusieurs mois. En janvier, les gendarmes se sont rendus sur place, notre enquêteur a été auditionné. Et... la plainte a été classée sans suite. Seul élément soulevé par notre enquête qui a été retenu: le fait que les canards n'étaient pas légalement bagués. On sait à quel point les pratiques de chasse sont difficiles à combattre, surtout en France où quasiment tout est permis. Malgré le classement de cette plainte, nous avons obtenu des gendarmes de pouvoir tout de même sauver ces canards.

Le sauvetage de Pivoine, Lilas et Marguerite

Lorsque nous arrivons sur place, ce samedi 26 janvier 2019, l'enclos est intégralement inondé. Les pauvres oiseaux n'ont aucun accès à la terre ferme. Ils ne peuvent que nager dans une eau glaciale.

« Les colverts ont bien sûr besoin de nager. Mais dans la nature, aucun colvert ne passe tout son temps dans l’eau. Ils ont aussi besoin de se reposer sur la terre ferme, au sec. Maintenir un canard colvert dans une petite volière en le privant non seulement de pouvoir voler mais aussi de se poser sur le sol, c’est de la maltraitance évidente. »
Pierre Rigaux, Naturaliste

Ils ne sont plus que trois, une petite femelle a dû mourir à cause des conditions épouvantables... Nous les avons alors immédiatement emmenés au centre de sauvegarde de la faune sauvage « Volée de Piafs », où ils ont été examinés et bénéficient de toutes les attentions, avec notre soutien. Ils sont très maigres et ont besoin de reprendre des forces.

Trois vies sauvées, une goutte d'eau quand plus d'un million de canards colverts sont tués chaque année par les chasseurs. Mais chaque vie compte, et ces trois oiseaux sont là pour nous rappeler la souffrance des animaux que certains ne voient que comme du « gibier ».

« C’est fort possible évidemment que l’amaigrissement soit directement lié à l’obligation pour le canard de rester dans l’eau en permanence, dans le froid hivernal, car les colverts perdent d’autant plus de poids l’hiver qu’ils ont froid… phénomène normal mais pas jusqu’à peser 650 g - le poids de Lilas, le colvert mâle ! »
Pierre Rigaux, Naturaliste

La plupart du temps, les chasseurs rognent les ailes des canards utilisés comme appelants. Ça n'est heureusement pas le cas de Marguerite, Pivoine et Lilas, que nous aurons donc la possibilité de relâcher dans une zone sans chasse dans quelque temps! Et à eux trois la liberté, la vraie.

Pour une réforme radicale de la chasse, signez notre pétition!

Jessica Lefèvre-Grave
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Commentaires 11

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Isa | vendredi 08 février 2019

Encore une victoire ! Merci à vous! Quel plaisir, il n'y a pas de petite victoire dans ce moment brutal et irrespectueux !
Heureusement qu'il u=y a des personnes formidables comme vous. Merci encore.

Pour les chiens de chasse, il faut les signaler à la cellule Zoé ou à une SPA !
Pas de crainte à avoir. Allez-y...

Piercha | vendredi 08 février 2019

Merci à vous une fois de plus d'avoir sauvé ces canards dont se servent les chasseurs pour en tuer d'avantage
La cruauté de chasseurs n'a pas de limites il faut continuer à dénoncer tout le mal qu'ils propagent et génèrent sur la faune et les combattre sans relâche !

Karine et Philippe | vendredi 08 février 2019

Monsieur Emmanuel MACRON soit disant soucieux de la cause animale ne s'est pas fait attendre pour baisser le coût du permis de chasse, dans le seul but de plaire à ses amis lobbystes de la chasse. Monsieur le Ministre de l'écologie devrait, selon son rôle, privilégier les animaux plutôt que les tirs des chasseurs viandards, car cela ne fait pas partie de la biodiversité. Heureusement, que ces volatiles ont pu être sauvés. Le rôle d'un Procureur est d'assumer ses responsabilités pour lesquelles il est rémunéré en appliquant la loi et non de condamner soit par des amendes ou contraventions ou classer sans suite. Car il a été prouvé, en Grève, en Ukraine, aux Etats-Unis que ce que l'on fait comme tortures aux animaux on le fait aux humains. Il y un lien entre les deux qui n'a jamais été pris en considération et pourtant ce n'était pas faute de les dénoncer par beaucoup d'associations de la protection animale ou des internautes. Si on les avait prises au sérieux, on aurait pu ainsi éviter beaucoup de morts inutiles tant parmi les animaux que les humains. Une citation de Pythagore : "Tant que les hommes massacreront les bêtes, ils s'entretueront. Celui qui sème le meurtre et la douleur ne peut, en effet, récolter la joie et l'amour.

pouguy | lundi 04 février 2019

cette chasse a toujours existée, mais cette pratique est honteuse, il existe des canards en plastique et mettre des vivants est honteux et irrespectueux envers l'animal