le mercredi 12 juin 2019 | 271

Roumanie: Silence, on tue !

Les années Ceausescu ont mis les animaux domestiques à la porte des foyers et transformé de nombreux citoyens en potentiels dictateurs des rues. On y traque les chiens errants comme de la vermine, on les assassine sous le regard des enfants… en attaquant du même coup leur dignité humaine ! Mettons un terme à l’escalade infernale de la violence !

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Un massacre à grande échelle se déroule en Roumanie. Des dizaines de milliers de chiens errants sont persécutés et tués tous les ans avec l’assentiment du gouvernement. Celui-ci incite, par sa « loi sur l’abattage », le pays entier à se débarrasser - quelle qu’en soit la manière - des animaux livrés à eux-mêmes. Les malheureux sont devenus les boucs émissaires d’une violence structurelle en quête d’exutoire.

Puits sans fond

Rien qu’à Bucarest, il y aurait ainsi au moins 2000 chiens sans logis. Leur nombre fluctue depuis les années 1980 où le régime de Ceausescu avait interdit l’entrée des immeubles aux compagnons domestiques, forçant les familles à les nourrir sur le trottoir ou les abandonner. Depuis, les canidés se sont reproduits, multipliés, et sont désormais les « bêtes noires » de la majorité des riverains. Pourchassés de partout, certains ont causé des dégâts, des morsures, attisant ainsi la haine à leur encontre. Mais plutôt que d’endiguer le problème en mettant en place une politique de stérilisation, les autorités ont préféré recourir à la solution expéditive (et inefficace) de l’euthanasie. Celle-ci est officiellement pratiquée au terme de 14 jours sur les individus capturés qui n’ont pas été réclamés. Mais en vérité, la plupart des chiens sont exécutés aussitôt après, voire au moment même, de leur « ramassage ».

L’horreur à tous les coins de rue

Il faut dire que les fourrières ont vite compris la rentabilité de l’affaire… Pourquoi s’encombrer d’animaux vivants, les alimenter pendant les délais légaux et procéder à des injections létales coûteuses, si elles pouvaient empocher la prime de capture dès le départ… sans autre forme de procès ? Les employés municipaux ont donc commencé à torturer et exterminer les « indésirables » à la chaîne, n’hésitant pas à se livrer aux pires actes de cruauté en pleine rue. Exemple ainsi montré aux citoyens, ceux-ci se sont non seulement accoutumés à des spectacles de boucherie, mais les ont reproduits. Aujourd’hui, il est devenu monnaie courante, voire de bon ton, d’affirmer sa supériorité et/ou de passer ses nerfs en fracassant quelques crânes de canidés sur son chemin. Même les chiens adoptés, vaccinés et « en règle », finissent souvent dans un bain de sang.

Quel modèle pour les enfants ?

Les petits Roumains sont les victimes collatérales de ces scènes publiques insoutenables : ils seraient 86 % à en avoir déjà été témoins, selon la European Link Coalition. Cette coalition internationale d'ONG dont One Voice est membre, a entrepris de faire toute la lumière sur le lien désormais établi entre les abus sur les animaux et la violence envers les humains. Avec elle, nous vous enjoignons d'interpeller la Commission européenne (avec ce modèle de lettre) et d'écrire à l’Ambassade de Roumanie en France (avec ce modèle de courrier) sur ce grave problème au sein d’un pays de l’Union. En tolérant de telles pratiques qui bafouent le traité de Lisbonne et ses valeurs, nous fabriquons des bourreaux et/ou leurs prochaines proies !

Edit : article modifié le 11 juillet

Marie-Sophie Bazin
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Commentaires 271

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Dyretelepati | lundi 11 novembre 2019

On juge le développement d'un pays à la manière dont il traite ses animaux...

Gisele | jeudi 07 novembre 2019

On est en 2019, c'est barbare et sauvage !! Il est plus que temps que ça S'ARRÊTE !!

Maia Kaasing Uder | jeudi 07 novembre 2019

Cela devrait être impossible dans un pays de l'UE !

Pia | mercredi 06 novembre 2019

😡😡😡