le mardi 10 avril 2018 | 48

Notre plainte pour Mevy classée sans suite, nous déposons un recours

Après que la tigresse a fui le cirque qui la détient depuis sa naissance et goûté la liberté dans les rues parisiennes fin novembre 2017, elle fut abattue par son dresseur, au fusil à pompe en plein Paris. Nous déposons un recours auprès du procureur de la cour d'appel de Paris contre le classement de notre plainte pour atteinte volontaire à la vie d’un animal et mauvais traitements envers un animal détenu en captivité. Nous demandons également accès aux pièces du dossier.

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Encore nauséeuse du trajet en camion, dans lequel se situe la cage qui constitue son horizon principal, Mevy, la jeune tigresse d'à peine 18 mois a entrevu une brèche dans la cage. Une porte ouverte. Il faisait froid ce soir de novembre. Un temps à se dégourdir les pattes, pour un tigre, dont le territoire naturel peut correspondre à la surface de plusieurs arrondissements de Paris... Mevy a fait quelques pas, a humé l'air. Il avait l'odeur de la liberté, cet air parisien pourtant vicié par les pollutions aux hydrocarbures... Mais pendant les quelques minutes qui furent malheureusement ses dernières, Mevy fut enfin libre. Elle put enfin décider de ses mouvements, faire des choix, elle traversa une rue et se dirigea vers un espace verdoyant dans le soir tombant. Elle entendait confusément les bruits autour d'elle. Son dresseur approcha, il n'avait plus son fouet mais un fusil à pompe, pour la tuer.

Les tigres tout comme les autres animaux n'ont rien à faire dans des cirques!

En Asie, où 3500 tigres vivent encore libres, ils sont tués par les chasseurs de trophées, et par la population qui les craint. Leur espèce disparaît de la surface du globe, ce qui leur vaut d'être inscrits à la CITES comme espèce en grand danger d'extinction. Pourquoi tant d'entre-eux vivent-ils encore derrière les barreaux des cirques, à subir l'itinérance et la contrainte du dressage, ultime humiliation? Les animaux sauvages sont exhibés devant un public principalement composé d'enfants. Quelle image cela leur donne-t-il de ces êtres sensibles, et de l'attitude des humains envers eux? Le spectacle de la domination. Ce n'est que cela.

Tirer au fusil à pompe dans Paris, pas d'alternative?

L'arrêté dit "cirques", du 18 mars 2011 stipule toutes les règles auxquelles doivent se plier les cirques s'ils veulent détenir et exploiter des animaux. La cage de Mevy était ouverte, elle est sortie, c'est à cause d'une erreur humaine que des personnes ont été mises en danger et que la tigresse a été abattue. Veut-on réellement continuer de prendre tous ces risques?  

Immédiatement après la mort de Mevy, nous avons déposé plainte contre le cirque pour atteinte volontaire à la vie d’un animal et mauvais traitements envers un animal détenu en captivité. Le dresseur, également propriétaire du cirque et en possession du certificat de capacité lui permettant d'exploiter Mevy, aurait dû mettre en place toutes les garanties de sécurité du public, des habitants des environs du cirque installé en plein Paris dans un quartier de bureaux, et de ses animaux. L'a-t-il fait? Nous en doutons. N'était-il pas possible d'endormir Mevy au lieu de la tuer au fusil à pompe à l'heure de sortie des bureaux?! Il affirme que non, nous en doutons. Elle en a payé le prix ultime.

One Voice ne s'arrêtera pas là!

Notre plainte a été classée sans suite. Nous le contestons et déposons un recours auprès du procureur de la cour d'appel de Paris, et nous demandons également la copie du dossier d'enquête pour avoir accès à tous les éléments, auditions, plan de secours du cirque, etc. Nous ne nous arrêterons pas là!

Jessica Lefèvre-Grave
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Commentaires 48

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noncircle | mardi 17 avril 2018

le cirque un amusement primitif
les hommes sont encore des primitifs

Cricrie 57 | lundi 16 avril 2018

Merci beaucoup de ne pas lâcher prise... Heureusement que vous êtes là. Il faut absolument qu'il n'y ait plus AUCUN animal sauvage dans les cirques. Entre les trajets, le confinement, leur détention dans des cages dont la superficie doit correspondre pour nous à la taille de nos toilettes... Quelle vie, si on peut appeler ça une vie, l'enfer sur terre ! Ils n'ont pas mérité ça. Et en plus, ils doivent subir un dressage...

Isa | lundi 16 avril 2018

Comme Paul je suis belge et me réjouis que chez nous les cirques ne peuvent plus détenir et produire des animaux sauvages. Par ailleurs je soutiens totalement One Voice dans sa détermination de se faire le porte-parole de ceux qui sont privés des droits les plus élémentaires dont doit bénéficier un être vivant.

Paul | dimanche 15 avril 2018

J'approuve entièrement l'association One Voice qui je souhaite de tout cœur gagnera l'affaire devant la Cour d'Appel.
En ce qui me concerne je suis belge et ici cette interdiction existe de puis 2013.
L'Autriche, l’Écosse et l'Irlande ont suivi le même chemin.
Autorités Françaises réveillez-vous au niveau national, certaines communes de France ont déjà prononcé des interdictions par le biais de leurs maires !