le jeudi 01 juillet 2021 | 32

Nos enquêteurs ont vu Ula en état d’extrême cachexie


Mis à jour le 01 juillet 2021

En ce mois de mai, et alors que les dernières nouvelles d’Ula publiées en avril par le Loro Parque étaient mauvaises, nos enquêteurs se sont rendus au delphinarium de Tenerife, propriété - comme le Marineland d’Antibes – du groupe Parques Reunidos. Nous devions aller voir nous-mêmes ce qu’il en était. Après cette visite des bassins espagnols, nous ne sommes pas du tout confiants sur l’avenir d’Ula.

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Le Dr Gallego, vétérinaire spécialiste des cétacés, a analysé le comportement et l’aspect physique d’Ula et de sa mère Morgan à notre demande. Il ressort de son expertise qu’Ula est dans un état de cachexie extrême. À deux ans et demi, elle devrait prendre du poids rapidement et en permanence. Au lieu de cela, la petite orque née avec une difformité à la nageoire gauche a subi un épisode de maladie digestive grave qui a fait craindre pour sa vie jusqu’à la direction du parc.

Un passé déjà jalonné de difficultés

Séparée dès la naissance de sa mère, Ula n’a pas pu être allaitée par Morgan. Et depuis cette phase d’urgence critique du printemps, elle est isolée du reste des orques. Nos enquêteurs ont pu voir que pendant le spectacle, elle était déplacée du bassin médical à un autre, sans doute pour ne pas perturber les numéros. En effet, quand elle ne reste pas immobile dans le bassin du delphinarium, elle jette un regard dans l’autre bassin. Les adultes, eux, passent du temps devant l’entrée de son bassin, comme pour garder contact avec elle.

Une santé fragile

D’après nos sources dans le delphinarium, elle a commencé à maigrir sans perdre l’appétit, puis ne s’est plus alimentée. Une sonde gastrique garnie de purée de poisson très diluée a dû être employée car elle vomissait tout ce qu’elle avalait autrement. Elle accepte à nouveau de manger de petits poissons toutes les deux heures depuis peu, ce qui rend les soigneurs optimistes. Mais cela ne suffit absolument pas pour qu’elle reprenne assez de forces et de poids.

Pour le vétérinaire spécialiste des mammifères marins, Ula « ne semble pas être en rémission totale ». Certes, elle va mieux, mais son état est tout de même encore catastrophique : on peut voir ses côtes saillir, ce qui n’arriverait jamais chez une orque en bonne santé. De la même manière, on distingue la séparation entre sa tête et le reste de son corps, donnant à la première la forme d’une cacahuète, signe d’une grave perte de graisse sous-cutanée, ce qui est tout à fait alarmant. Par ailleurs, sa nageoire dorsale commence à s’affaisser, ce qui dénote un manque de graisse et de muscle, et donc d’exercice. Tout cela a une répercussion certaine sur sa flottabilité : elle a plus de mal à retourner à la surface pour respirer.

Un avenir précaire

Ula demeure dans un état critique même si le retour de son appétit est une bonne nouvelle. Dans tous les cas, elle comme Morgan ne devraient pas être enfermées dans ces bassins. Il n’aurait d’ailleurs jamais dû être possible, vu la réglementation sur les delphinariums, qu’une orque non née en captivité telle que Morgan donne naissance à un bébé en bassin. Un avenir meilleur existe pour les orques des delphinariums : les sanctuaires marins. Nous sommes d’ailleurs en train de travailler à une solution de ce type pour les orques françaises avec les plus grands spécialistes de la question. Morgan et Ula pourraient peut-être en bénéficier... si la petite survit d’ici-là.

Julia Mothé
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Commentaires 32

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Karine | lundi 19 juillet 2021

Les animaux ne doivent pas être captifs, leur place est dans un sanctuaire pour être en sécurité. Nul n'a le droit de s'approprier la vie d'autrui pour en tirer profit. Il est temps que la folie destructrice de certains cesse une fois pour toute. Merci à ONE VOICE de continuer à se battre pour leur liberté.

trochu | mercredi 07 juillet 2021

Oui, nous devons exiger haut et fort les fermetures définitives de tous ces marinelands et delphinariums qui ne sont que "des baignoires" pour tous ces cétacés êtres vivants exploités et utilisés "juste pour la distraction" !
Quant est ce que les populations ouvriront enfin les yeux et prendront conscience que tous ces animaux enfermés et emprisonnés, obligés de faire "le clown et le pitre" pour amuser des imbéciles sans cervelle, vivent l'enfer et l'horreur au quotidien mais surtout qu'ils n'ont rien à faire dans de tels endroits de la honte, et il en est de même pour les cirques, il est pourtant évident qu'aucun animal ne soit né "pour être exploité et dressé sous la torture et maltraitance extrême" pour divertir et amuser une autre espèce vivante que sont "les humains". Que faut il donc à tous ceux et celles qui cautionnent et se rendent dans de tels endroits immondes "voir de pauvres animaux exhibés et humiliés rabaissés au plan "d'objets de distraction" alors qu'ils sont tous très intelligents, très sensibles, émotifs et DES ETRES VIVANTS A PART ENTIERE autant que ceux qui viennent les voir et que tous autres humains.
Cela devient plus que révoltant et révoltant que ce gouvernement n'agit en rien en faveur des animaux et brille par son insensibilité, son indifférence et son mépris à l'encontre DES ANIMAUX et honte à lui et à macron vraiment.

Correze | mercredi 07 juillet 2021

Que faire pour sauver ces animaux ? Fermer ces lieux. Et interdire ces activités!

Louve | mardi 06 juillet 2021

Fermeture définitive de toutes les prisons pour animaux (cirques, delphinariums, zoos), les animaux doivent vivre libres et non contraints par la force à faire des spectacles pour amuser un public qui ignore totalement les dessous desdits spectacles.
Merci pour vos combats et pour le sauvetages des animaux prisonniers de tortionnaires.