le jeudi 18 avril 2019 | 19

Mort de Mévy: l'heure des comptes a sonné

Le 11 avril se tenait une nouvelle audience pour faire toute la lumière sur les derniers instants de la tigresse Mévy, lâchement abattue le 24 novembre 2017 par son dresseur au fond d’une impasse parisienne.

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Les séances s’enchaînent au Tribunal de Grande Instance de Paris. Pour défendre la mémoire et les droits de la jeune tigresse Mévy par-delà sa mise à mort, et dans le cadre de notre citation directe pour atteinte volontaire à la vie d'un animal, nous avons déjà participé à deux audiences cette année. La seconde a eu lieu ce 11 avril 2019.

Mobiles mercantiles

Pour rappel, alors que notre dépôt de plainte en 2017, aussitôt après les faits, avait honteusement été classé sans suite, nous avons engagé des poursuites directes contre le propriétaire du cirque Bormann qui détenait le félin, l’a laissé s’échapper et préféré l’abattre à l’abri des regards plutôt que le tenir en joue jusqu’à l’arrivée de renforts qui auraient permis sa capture.

Lors de l’audience du 11 avril, notre avocate a pu faire résonner la voix de Mévy et apporter de nombreux éléments incriminant son propriétaire. Elle a notamment souligné que si le dresseur avait choisi de tuer la tigresse, c’est uniquement pour des histoires de gros sous. Le cirque venait en effet de s'installer dans le 15ème arrondissement. Avec Mévy en fuite, il risquait de perdre son emplacement, d’être poursuivi pour délits. Alors il a préféré tirer, éliminer ce témoin gênant, plutôt que d’attendre une intervention extérieure… Et commettre l’irréparable.

Une vie n’a pas de prix

Qui s’en soucie ? Depuis ce drame, le cirque poursuit tranquillement ses représentations, et engrange les recettes. Pourtant, cette tigresse était unique, irremplaçable. Sa valeur, comme celle de chaque être vivant, se situait dans une toute autre dimension que le champ patrimonial, pécuniaire. Elle était un individu, elle était dotée d’un souffle, elle éprouvait des émotions, des sentiments et disposait également d’une grande intelligence.  

Aujourd’hui, elle ne respire plus. Celui qui - de son propre aveu - l’avait « biberonnée » petite, celui qui l’avait privée de sa liberté pour en faire sa chose, celui qui l’avait laissée s’échapper par négligence, celui-là même l’a tuée, sans hésiter, de trois balles, alors qu’elle se tenait prostrée au fond d’une voie sans issue. Nous ne pouvons fermer les yeux. À défaut de pouvoir sauver Mévy, nous nous battrons jusqu’au bout pour la représenter, nous assisterons à autant d’audiences qu’il le faudra pour plaider sa cause … Et que celle-ci finisse par être entendue !



Marie-Sophie Bazin
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Commentaires 19

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anne | dimanche 21 avril 2019

Et voilà comment les gens de cirque "aiment" leurs animaux. Ils les appellent leurs "bébés" lorsqu'ils sont critiqués. Ils vous baratinent en passant en revue les grands dangers que courent les animaux sauvages dans la nature, alors que les animaux captifs sont chouchoutés, suivis par des vétérinaires, nourris des meilleurs morceaux gâtés-pourris.
A tout cela, Zazie dirait "mes fesses"!

Véridique | samedi 20 avril 2019

Les animaux sauvages n’ ont rien à faire dans les cirques

Aline | samedi 20 avril 2019

Ça suffit ces cirques avec animaux on ne veut plus voir ça. Il faut interdire les interdire définitivement et laisser les animaux tranquille dans la nature là ou est leur place. Et ce pauvre tigre ne serait pas mort. Inadmissible

Roxane57 | vendredi 19 avril 2019

Interdire les cirques à animaux !!!