le dimanche 08 septembre 2019 | 195

Micha, Glasha et Bony, trois ours de cirque mourants, dans des cellules en France

Micha, Glasha et Bony, les trois ours détenus par le couple de dresseurs Poliakov depuis des dizaines d'années et exploités de chapiteaux en foires, sont séquestrés dans des geôles moyenâgeuses pour leur fin de vie. Aux yeux des autorités, pourtant, tout va bien! Face aux images accablantes que nous dévoilons sur leurs conditions de détention, nous avons déposé une nouvelle plainte pour actes de cruauté contre leurs tortionnaires et demandons leur transfert immédiat dans un sanctuaire.

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Survivre en compagnie des rats dans des cellules sombres et froides

Les images, tournées début septembre, révèlent le cauchemar ininterrompu des trois pauvres ours prisonniers. 

Des plaies aux pattes non soignées attaquées par les asticots, des rats régnant sur l'enclos extérieur et leur tenant compagnie dans les cellules, des grilles rongées par la rouille, et les toiles d'araignée comme rideaux aux murs et pendant du plafond, le tableau est dressé, et il est abominable. 

Le bâtiment en parpaings semble n'avoir jamais été terminé: pas de porte, pas de fenêtre, donc pas de protection contre les intempéries. Quand le vent souffle, il s'insinue dans toutes les directions, aucune possibilité d'y échapper. Se réchauffer correctement l'hiver doit être impossible.

En guise de nourriture? Des fruits moisis, des croquettes, des feuilles, des graines... Les auges en ciment construites à même le bâti sont vertes, le fond est couvert côté eau d'un dépôt vert sombre, côté nourriture de restes grisâtres sur lesquels sont jetés à la va-vite les fruits laissés à moisir dans le frigo de la pièce d'à côté. 



Les autorités savent

Comment serait-ce possible autrement? 

Depuis 2004, nous suivons les Poliakov1. En février 2018, à l'occasion de la Saint-Valentin, Micha avait été exhibé dans un restaurant. Notre plainte immédiatement déposée avait été classée sans suite ! Hors de question d’abandonner Micha à son sort: nous avions aussitôt effectué un recours. Il aura fallu attendre janvier 2019 pour apprendre qu’une enquête était enfin en cours. Puis plus aucune réponse à nos demandes de nouvelles…

Mais aujourd'hui, pour la première fois, les conditions de vie réelles de ces ours exploités par les cirques sont exposées à la face du monde.

Le destin de Micha: mourir loin des regards ?

On nous vantait un paradis pour les ours, nous dévoilons aujourd'hui l'atroce vérité: Micha meurt au fond d’un cachot. Ils le cachent, tous: dresseurs et autorités, car le montrer, c’est montrer l’état des animaux des cirques.

Son regard en disent bien plus que tous les mots. Il fixe ses pattes, lentement, les sourcils doucement froncés, en une expression d'extrême détresse. Il a mal, cela ne fait aucun doute: des vers y ont élu domicile. Il marche donc au ralenti, s'assied, se couche. Il sort un peu dans l'enclos, croise quelques rats, rentre à nouveau, cherche une position adéquate dans la paille, qui allégerait son corps émacié de ses souffrances. N'en trouve pas. Son agonie est sans fin. Le sol est jonché de poils mélangés à la paille... Il respire péniblement. Chaque inspiration est un râle, chaque expiration un soupir, qui semble retenir une sorte de toux asthmatique. Son nez est encombré de saletés, tout comme ses yeux. Ses dents - comme celles de ses misérables camarades - sont toutes réduites à peau de chagrin. Sa salive est épaisse et jaune. 

Micha meurt dans un supplice sans fin. La petite entreprise des Poliakov a mis la clé sous la porte depuis plusieurs mois, il n’a plus de valeur, et on le laisse mourir. 



Bientôt le tour de ses vaillants compagnons ?

Glasha et Bony, eux, ont les griffes coupées court, et leur corps est marqué par endroits. Le dressage des ours, grands et valeureux fauves, est l'un des plus violents et laisse des séquelles indélébiles, physiques comme psychiques, de même que la vie en camion de cirque. Bien que le couple Poliakov ait à présent une interdiction de spectacles, le mal est fait. 

Glasha tourne en rond dans sa cellule une grande partie de son temps, ose à peine mettre les pattes dans l'enclos extérieur, se contente, le regard vide, de tourner la tête vers la lumière, maussade, enfoncée dans son monde intérieur pour pouvoir survivre à toutes ces maltraitances.

Bony se balance lui aussi avec des mouvements stéréotypés spécifiques aux animaux captifs en grande souffrance et traumatisés pour toujours, dans sa cellule et également à l'extérieur, quand il passe notamment devant le camion dans lequel il vivait, de cirque en cirque.

Une plainte en cours: il faut les sauver!

Avec les images que nous dévoilons, plus aucun doute n'est possible : les autorités ne pourront plus fermer les yeux sur le drame qui se déroule dans le Loir-et-Cher. Nous avons déposé une nouvelle plainte, cette fois-ci pour actes de cruauté, mauvais traitements commis par un professionnel, placement dans un environnement pouvant être cause de souffrance et exploitation irrégulière d’un établissement détenant des animaux non domestiques.

Dès lors qu’ils ne sont plus exploités, les animaux des cirques sont mis au rebut en attendant la mort. Voilà la réalité du monde du cirque en France. One Voice ne laissera pas faire cela! Nous réclamons la saisie immédiate de Micha, Glasha et Bony par la justice, et qu'ils nous soient confiés. Leur place est dans un sanctuaire. Nous nous sommes assurés que trois places leur étaient réservées et nous prendrons tous les frais en charge. Aussi rien, absolument rien, ne justifie qu’on les laisse à cette agonie.

Signez et partagez la pétition!

1 - "Sécurité et bien-être dans les cirques", rapport de novembre 2005

Julia Mothé
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Commentaires 195

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Marieloup | mercredi 13 novembre 2019

Votre action est fondamentale essentielle
Il s'agit d'empathie élémentaire et d'action contre l'ignominie de certains individus méprisables, à empêcher d'agir.
Plutôt que des "fortes émotions" quand l'animal meurt, il faut pousser le gouvernement à interdire les pratiques ignobles.

Marie | lundi 04 novembre 2019

Je ne peux pas comprendre comment les autorités, à l'heure actuelle où il existe des droits de bien-être animal, ne font rien pour sortir ces pauvres êtres vivants qui souffrent terriblement. Je suis horrifiée par ce que je vois au niveau physique et mental. Ici, il y a URGENCE de sortir ces pauvres OURS de leurs conditions horribles de détention, pire que l'enfer. Comment ne pas réagir contre cette MALTRAITANCE ? C'est ignoble. LIBEREZ-les tout de suite. Des personnes bien intentionnées sont prêtes à s'en occuper.
Agissez de grâce .

E Tollington | dimanche 03 novembre 2019

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Ophélie | jeudi 31 octobre 2019

C’est honteux!!! Comment peut-on faire subir de telles choses à des animaux sans défense ? Il faut les sortir au plus vite !