le vendredi 22 juin 2018 | 21

La poutre, la paille et la méthode... chez des vétérinaires

Suite à notre cri d'alarme sur ce que vivent les dizaines de lapins utilisés comme cobayes puis tués à l'issue des formations de vétérinaires, nous avons reçu une réponse de l'école vétérinaire en question. En parallèle, le cours a été supprimé! Ce sont ainsi quarante lapins qui ont été sauvés de ces expérimentations.

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La directrice de l'école vétérinaire nous a écrit. Elle brandit en étendard les 80% d'utilisation d'animaux en moins et le développement au sein de l’école de méthodes alternatives pour correspondre à la loi européenne. Ce qu'elle oublie de mentionner, c’est que la législation européenne contraignant à réduire, raffiner et remplacer l'usage d'animaux, n'a été mise en place que par des actions répétées et une pression sans relâche des associations de défense des animaux. 

Et c'est précisément ces méthodes d'enquête de dénonciation des injustices que l'école nous reproche. Pas le fond. Elle nous propose de travailler main dans la main après nous avoir insultés? Drôle de manière de travailler en bonne intelligence, si c'est vraiment ce qu'elle propose. Nous pouvons vraisemblablement en douter: l'école vétérinaire nous accuse de "délation" et parle "d'espionnage", tout en évoquant leurs "ravages en d'autres temps". Voilà une belle illustration de l'allégorie de la poutre et de la paille.

Extrait de la lettre de la direction de l'école vétérinaire, du 18 mai 2018.
Extrait de la lettre de la direction de l'école vétérinaire, du 18 mai 2018.

Dénoncer des injustices voire des souffrances de manière non-violente n'est pas et ne peut pas être du côté de ceux qui les font subir aux sans voix, aux faibles ou aux plus vulnérables que nous. Demander justice n'est pas la loi du talion. Nos méthodes, à savoir l'enquête de terrain, la diffusion de témoignages de spécialistes, l'édition de rapports documentés, les pétitions et les rassemblements publics ont pourtant permis l'instauration de lois encadrant strictement ces pratiques. Sans notre combat pour la libération des êtres sensibles et l'arrêt de leur servitude, ils y seraient encore dans des proportions bien supérieures.

L'expérimentation animale est-elle réellement un mal nécessaire? De nombreux scientifiques soutiennent le contraire. Comme l'a très justement rappelé le Dr André Ménache, "en ce qui concerne l'expérimentation animale, l'argument scientifique rejoint l'argument éthique". Une chose est certaine, la France n'est pas suffisamment engagée dans une politique de réduction, de raffinement et de remplacement. En choisissant des arguments annexes, l'école vétérinaire cherche à changer de sujet.

En conclusion, serait-ce en réaction à notre article? Le cours que nous évoquions sur l'anesthésie, la stérilisation et la dentisterie sur les lapins n'a pas été reprogrammé, et a été supprimé en formation initiale dans cette école. Quarante lapins ont donc été sauvés d'expérimentations ce semestre et les suivants! 

Crédit Photo: ©Stefan Andronache/Fotolia.com

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Commentaires 21

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anne | jeudi 05 juillet 2018

La réponse de la directrice de l'Ecole vétérinaire est le parfait parangon de la "tarte à la crème" habituelle que tous les défenseurs des animaux reçoivent régulièrement.
Il ne manque même pas l'allusion à "l'espionnage et la délation qui ont fait des ravages en d'autres temps". Comme réaction,c'est aussi primaire que ridicule.

Bridget | lundi 02 juillet 2018

C'est super! Bravo pour vos actions, vous avez toute mon admiration

Pascale | dimanche 01 juillet 2018

Bravo ! Vous avez tout mon soutien et mon admiration.

Patounette14 | dimanche 01 juillet 2018

Cela paraît incroyable que des futurs vétérinaires puissent utiliser des cobayes vivants et les faire souffrir pour affiner leurs expériences !!! Et cette directrice de mauvaise foi, c'est le pompon