le lundi 04 novembre 2019 | 11

Justice pour Cersei !

À l’évidence victime d’un trafic, Cersei a été arrachée à sa mère dès ses premières semaines. Cette petite lionne a été retrouvée par les douanes en grande détresse, dans les locaux d’un garage marseillais, il y a un an. Prise en charge rapidement, elle a pu être sauvée. Combien de fauves, souvent nés dans les cirques, sont encore régulièrement victimes de ce commerce ? Les coupables doivent être condamnés ! Pour Cersei, nous serons présents à l’audience ce 4 novembre.

Hr blog

C’est dans un état déplorable que Cersei a été saisie par les services de douane en octobre 2018. Enfermée dans les locaux d’un garage automobile marseillais, la petite lionne — âgée seulement de quelques semaines et donc non sevrée – présentait de multiples signes de maltraitance. Son corps presque entièrement dépourvu de poils laissait apparaître une peau écarlate, résultat d’une inflammation aiguë. Le ventre très gonflé et les yeux atteints d’ulcères cornéens, la pauvre transpirait la peur et la douleur. Grâce à l’intervention des autorités, elle a d’abord été confiée à la SPA de Marseille, puis transférée par les gendarmes à l’association Tonga Terre d’Accueil où elle a reçu des soins pendant un an. Récemment, elle s’est envolée avec la Fondation Born Free vers un sanctuaire en Afrique du Sud. Cersei est désormais hors de danger !



Le tragique destin des lionceaux

Cette issue heureuse ne doit pas faire oublier la tragédie de l’affaire. Que faisait Cersei entre les mains d’un particulier ? Arrachée à sa mère certainement captive d’un cirque où les naissances ne sont pas suivies par les autorités, nous avons aussitôt déposé plainte pour elle en octobre 2018. Son geôlier est un individu bien connu des services de police et au casier très fourni. Il a notamment été condamné pour des faits de vols avec arme et la séquestration de sa propre fille mineure, qui lui a valu un séjour en prison ! Et il ne manque pas d’aplomb. Lors des auditions, il s’est lancé dans des explications aussi verbeuses que nébuleuses, allant même jusqu’à se considérer comme le sauveur de Cersei !

Protéger les fauves du trafic

Nous nous sommes constitués partie civile contre cet homme pour les faits de détention d’espèce protégée sans autorisation, ainsi que de détention de spécimen d’espèces sauvages menacées d’extinction. L’audience aura lieu ce lundi 4 novembre 2019, à 8h30, au Tribunal de grande instance de Marseille. Nous espérons que toute la lumière sera faite sur les origines de Cersei qui est à l’abri, contrairement à sa mère…


Au secours de la faune sauvage captive !

En date du 8 octobre 2018, un nouvel arrêté avait officiellement tenté de préciser les conditions de détention d’animaux d’espèces non domestiques. Mais les règles fixées étaient encore beaucoup trop floues ! Elles ne fermaient pas du tout la porte aux pires trafics car elles n’encadraient que la détention des individus « adultes ».

Ainsi, les jeunes n’ayant pas encore atteint l’âge de reproduction n’étaient pas protégés par la loi et leurs « propriétaires » pouvaient échapper à tout contrôle ! Quiconque souhaitait acquérir un éléphanteau ou meubler son salon d’un bébé hippopotame n’avait nul besoin de s’encombrer d’une autorisation préalable et d’un certificat de capacité, ni même d’une simple déclaration.

Nous avons donc intenté un recours pour excès de pouvoir contre cet arrêté en décembre 2018, suivi d’un référé en suspension. Le juge des référés du Conseil d’État nous a entendus le 23 janvier dernier et c’est une magnifique victoire !

Photos de Cersei bébé : Copyright Alexandre Blanchon
Photos de Cersei en Afrique du Sud : Copyright Born Free Foundation

Marie-Sophie Bazin
Hr blog

Dans la thématique

Lettre à Elisabeth Borne, Ministre de la Transition écologique et solidaire
Micha est mort ce 12 novembre

Commentaires 11

En déposant un commentaire j'accepte la charte de modération des commentaires.

Christelle | mardi 05 novembre 2019

L'Homme se permet tout ! Laissons les animaux tranquilles ! Justice pour cette crevette !

Alexis | lundi 04 novembre 2019

Stop au trafic

trochu | lundi 04 novembre 2019

C'est monstrueux et scandaleux que de vouloir s'approprier des animaux sauvages qui n'ont rien à faire en captivité et encore moins chez des particuliers. Un tel individu doit être fermement condamné, surtout avec un tel casier judiciaire. Que fait la justice ?
Oui, nous devons être et rester vigilants face à de tels trafics d'animaux sauvages dont souvent aussi des bébés arrachés à leurs mères, c'est insupportable et abominable. L'espèce humaine est décevante : toutes ces maltraitances, exploitations et violences à l'encontre des animaux doit s'arrêter et être lourdement punies par des lois dissuasives, il n'y a que cela qui pourrait faire réfléchir et changer les mentalités envers les animaux.

Charlotte | lundi 04 novembre 2019

Pourquoi ne parle-t-on jamais de ce genre de faits dans les journaux tv à heure de grande écoute afin de sensibiliser un grand nombre de personnes...