le mardi 28 mai 2019 | 54

Goiat a besoin de nous !

Était-il vraiment nécessaire de capturer et déraciner un ours vivant libre en Slovénie, où il avait tous ses repères, où il avait grandi, pour, en substance, l'empêcher de s'alimenter là où on l'a forcé à s'implanter? One Voice dénonce une politique inhumaine vis-à-vis de Goiat et plus généralement des ours concernés par ce type de programmes. Nous avons besoin de vous tous pour empêcher les tirs d'effarouchement sur les ours!

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Au nom de la biodiversité, un programme inhumain pour les ours

Soupçonné d’avoir attaqué par sept fois des troupeaux ou animaux domestiques (porcs, moutons ou chevaux), les organisations agricoles ont réclamé des mesures contre Goiat, un ours d’origine slovène qui avait été « relâché » dans le Val d’Aran par les autorités espagnoles en 2016. Cela afin de pallier le manque de diversité génétique de la population pyrénéenne d’ours qui étaient tous les descendants d’un seul mâle, l’ours Pyros. Les ours ne connaissant pas les frontières des humains, Goiat navigue entre nos deux pays, suivi grâce au collier GPS dont il est équipé.  

Goiat est resté la cible préférée des militants anti-ours français. Et ce printemps, après les attaques dont il est peut-être à l’origine, le préfet des Hautes-Pyrénées souhaite mettre en place des mesures d’effarouchement afin de l’éloigner et, disons-le clairement, de tenter de le repousser de l’autre côté de la frontière… Le « plan ours » prévoit d'ailleurs qu’en cas d’ours dit « à problème », l’État puisse diligenter des opérations d’effarouchement. Mais qu'est-ce qu'un « ours à problème »? Un ours qui se nourrit? Et quelle serait l'étape suivante aux tirs d'effarouchement? L'abattage de celui-ci? L’objectif de l’introduction d’ours dans les Pyrénées n’est-il pas de les voir se multiplier ? Avec les risques inhérents à leur présence ?

Participons en nombre à la consultation publique!

Avant la publication de cet arrêté, la préfecture doit procéder à une consultation publique. Elle se clôturera le 14 juin. Afin d’empêcher cette opération d’effarouchement, il nous faut être nombreux à répondre défavorablement à ce projet.  

En vous connectant sur le site du ministère de la Transition écologique et solidaire, indiquez dès le début de votre commentaire que vous êtes contre l’effarouchement de Goiat. Puis argumentez en quelques lignes. Attention, les commentaires copiés-collés ne sont pas pris en compte. Utilisez vos mots et vos phrases, sans insultes ni menaces (elles aussi invalideraient votre avis).

Afin de vous aider, nous vous proposons quelques arguments-clefs. Choisissez-en un ou plusieurs et développez-les à votre goût.

  • L’expertise réalisée par les techniciens de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) n’a pas démontré que l’ours Goiat est un « ours à problème ».
  • Contrairement à ce qui est écrit dans le projet d’arrêté, en aucun cas Goiat n’a un comportement familier. Les attaques qui lui sont attribuées se sont déroulées de nuit, à plusieurs centaines de mètres des habitations, en l’absence de toute présence humaine. Le terme de « familier » est donc non seulement abusif, mais fallacieux. En l’absence de comportement familier, il ne peut donc être catégorisé comme « ours à problème » et ne doit, par voie de conséquence, pas être effarouché.
  • Seule la mise en place de moyens de protection des troupeaux est à même de protéger durablement les animaux de ces élevages, des attaques des prédateurs sauvages, mais aussi des chiens divaguant qui sont responsables de bien plus de dégâts aux troupeaux que tous les ours, loups et lynx réunis.
  • L’éleveur qui a subi deux attaques n’a pas de chien de protection pour son troupeau. Cette carence de sa part ne doit en aucun cas se retourner contre la faune sauvage.
  • Les prédations qui sont reprochées à Goiat se sont toutes déroulées de nuit. Les troupeaux étaient mal protégés (absence de clôtures électrifiées, chiens de protection inefficaces ou absents, …).
  • La mise en place de clôtures électriques autour d’un rucher a suffi pour protéger les ruches de Goiat qui a été filmé à proximité par une caméra-piège de l’ONCFS le 9 août 2017, démontrant, s’il en était besoin, que des moyens simples de protection sont efficaces pour se prémunir contre les dégâts occasionnés par un grand prédateur.

Nous comptons sur vous. Un grand merci à toutes et tous.

Photo : Image d’illustration
Crédit : DR

Naturaliste, conseiller de One Voice Pierre Athanaze
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Commentaires 54

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BOOJUM | dimanche 02 juin 2019

Il est déplorable déjà de déraciner des animaux sauvages .De plus, dans le cas des ours, l'on est certain de les livrer à l'hostilité systématique de leurs ennemis humains que nul argument raisonnable ne saurait faire changer d'optique.

Françoise | dimanche 02 juin 2019

Absolument TOUT doit cesser et la liste est longue

CMOI | samedi 01 juin 2019

Nous sommes les plus grands prédateurs de la planète...STOP...laissons les animaux vivre dans ce qu’il leur reste d’espace naturel!

Karine et Philippe | vendredi 31 mai 2019

Cet ours n'est pas coupable, ce sont les hommes qui le sont. Les éleveurs ont le devoir d'électrifier leurs clôtures, d'avoir des chiens de troupeaux, censés les protéger. Maintenant, il ne faut pas sous-estimer le braconnage, il faut cesser d'incriminer toujours l'ours, le loup, le renard. Les prédateurs les plus dangereux sont ceux qui ont la gâchette facile pour tirer sous des prétextes fallacieux. Nos élus avaient le devoir, avant d'introduire les espèces, d'assurer leur protection. En aucun cas, nous avons à tirer pour les effaroucher. Cessons de déforester, de les chasser de leur habitat naturel, de les priver de nourriture, et préservons-les. On juge un pays de la manière dont il traite ses animaux.