le jeudi 11 février 2021 | 52

Face au cirque, le combat continue coûte que coûte pour Jumbo!


Mis à jour le 11 février 2021

Cela va faire bientôt cinq ans que nous nous battons pour sauver Jumbo. En mars 2020, puis en octobre et à nouveau en janvier 2021, nous avons déposé plainte au parquet de Valence contre le cirque Muller. Les nombreuses images récoltées par nos enquêteurs au fil des mois et jusqu’à la semaine dernière à Nîmes, tout comme leurs rapports, sont accablants. Pour Jumbo et ses compagnons d’infortune, nous ne céderons rien.

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Il devrait passer ses journées immergé dans les marécages ou les rivières d’Afrique et vivre entouré d’un vaste troupeau. Au lieu de cela, Jumbo, l’hippopotame amphibie, ne connaît que les enclos de bord de route, la solitude d’un camion de cirque et les exhibitions répétées devant public. Cela va faire bientôt cinq ans que nous dénonçons ces conditions de vie indignes d’un animal sauvage, dont l’espèce est par ailleurs menacée dans la nature par le braconnage et la réduction de son habitat naturel.

Depuis 2016 et notre première investigation au cirque Muller, la campagne pour sauver Jumbo est pleine de rebondissements. Des heures de films le montrent enfermé dans le camion. Pas une fois en cinq ans nous ne l’avons vu prendre un bain dans la piscine extérieure. Pas une.
Nos militants ont été violentés par les circassiens lors d’une manifestation qui se déroulait dans le calme en septembre 2018, et même les forces de l’ordre en ont fait les frais quand elles ont tenté de mettre en œuvre l’ordonnance du procureur pour sa saisie.
Corine Pelluchon et de nombreuses personnalités se sont jointes à notre combat.

Des démarches au pénal

En novembre 2019, le tribunal correctionnel de Valence a condamné les consorts Muller à la suite de notre plainte pour des faits d'exploitation irrégulière, de placement et de maintien d'un animal dans un environnement susceptible de lui occasionner des souffrances. Les faits remontent à 2018 et 2019 et, aujourd’hui, l’appel est toujours en cours, car la saisie de Jumbo n’avait pas été ordonnée.

Le 10 mars 2020, une nouvelle plainte a été déposée à la suite du rapport d’un enquêteur que nous avons missionné. Le procureur de Valence n’a pas entendu poursuivre. Qu’à cela ne tienne : nous n’avons pas abandonné Jumbo et avons déposé un complément de plainte en octobre. Une fois passé le délai légal de trois mois, le parquet ne nous ayant pas entendus, nous n’en sommes évidemment pas restés là. Début 2021, nous avons envoyé un autre complément de plainte pour mauvais traitements par un professionnel, exploitation irrégulière et placement dans un environnement susceptible d’occasionner des souffrances à Jumbo, ainsi qu’aux autres animaux sauvages (félins et singes) et le watusi. Depuis que le cirque est à Nîmes, une enquête est en cours, dont nous attendons les résultats avec impatience.

D’autres contre la préfecture

Nous avons aussi utilisé le dernier rapport sur les conditions de vie misérables de Jumbo pour porter l’affaire devant la cour administrative d’appel et réclamer une fois de plus le retrait de Jumbo de ce cirque. Si notre plainte a été déboutée par le tribunal administratif de Grenoble en novembre 2019, nous avons fait appel à l’État qui bat en retraite : le ministère de l’Agriculture dit s’en rapporter au mémoire du ministère de la Transition écologique, lequel n’a pas encore répondu à nos demandes. La condamnation par le tribunal correctionnel de Valence donnant tort au tribunal administratif de Grenoble, il est hors de question d’en rester là...

Nous restons en état d’alerte maximum

Face à cet imbroglio juridique, nous continuons à nous battre et à surveiller les agissements du cirque Muller. L’été dernier, pendant les chaleurs accablantes, nos enquêteurs ont pu constater que Jumbo était toujours enfermé dans son cachot brûlant. Ce n’est pas parce que les dresseurs lui faisaient faire deux tours de piste pendant les représentations (pour justifier sa détention au regard de l’arrêté sur les animaux dans les spectacles itinérants) que nous avons cessé le combat.

En ce début d’année, cela fait plusieurs mois que les spectacles sont à l’arrêt. Et Jumbo, en manque d’exercice et déjà obèse – des experts estimaient qu’il pesait une tonne de trop… - a encore pris du poids. Qui peut croire un instant qu’il pourrait atteindre le haut de la rampe d’accès de la piscine, y plonger et en ressortir ? Pendant ce temps, les lionnes sont si lourdes qu’elles peinent à se mouvoir, et le watusi malade a la peau sur les os. Les singes, quant à eux, sont perpétuellement enfermés.

Face à tant de souffrances, nous réitérons notre demande de saisie conservatoire immédiate de Jumbo ainsi que de tous les animaux sauvages de ce cirque, et leur placement dans un sanctuaire où leurs besoins physiologiques et psychologiques seront enfin respectés.

Sophie Dussaussois
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Commentaires 52

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CHLOE | vendredi 19 février 2021

Je suis l'affaire grâce à One Voice depuis plusieurs années et ne comprends pas le peu d'empathie et d'action de la part de notre gouvernement. C'est une urgence, les photos et rapports parlent d'eux-mêmes ! Triste de savoir que Jumbo et ses compagnons souffrent...

Elodie | dimanche 14 février 2021

Il est temps d'avancer. Les sociétés sont le reflet de leurs agissements, ainsi que de la manière dont elles traitent les êtres. Les animaux en font partie intégrante. Sans défenses, ils subissent. Parlons pour eux, mais surtout AGISSONS!!
Ces pratiques ne sont plus tolérables. Elles ne l'ont jamais été.
Merci à tout ceux qui combattent.

Catherine | dimanche 14 février 2021

Circuses can continue without animals. They are obviously unwilling to move forward and employee talented humans who could bring much needed modernisation to these old fashioned, Victorian side shows. Animals tend to be the main talent.
This needs to end now. It is a cruel, depressing life for these animals.

Nanou | vendredi 12 février 2021

Honte à tous ces tortionnaires des cirques! Liberté pour Jumbo !