le lundi 13 juin 2022 | 0

En Haute-Garonne, on ne déterrera pas les blaireaux cet été !


Mis à jour le 13 juin 2022

One Voice avait déposé une requête au tribunal administratif de Toulouse le 20 mai pour faire suspendre en urgence l’arrêté préfectoral de Haute-Garonne qui autorisait une période complémentaire de vénerie sous terre des blaireaux à partir du 15 mai cette année dans ce département. Nous venons de gagner pour les blaireaux : le juge des référés suspend l’arrêté ce 13 juin 2022 !

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Il y avait urgence. Les blaireaux allaient être massacrés au fond de leurs terriers, là où ils se sentaient le plus en sécurité, en période d’élevage des jeunes (petits sevrés mais pas encore indépendants). Tout cela pendant quatre mois sans limite de nombre, alors que l’on ignorait l’état de leur population... Il y avait donc un risque de mettre celle-ci en péril.

Pour Muriel Arnal, présidente fondatrice de One Voice :

« Les blaireaux sont protégés dans de nombreux autres pays comme l’Angleterre, le Pays de Galles, les Pays-Bas, le Danemark, la Grèce et la Hongrie. Il est invraisemblable que les chasseurs obtiennent chaque année dans la plupart des départements un allongement de la saison de chasse, déjà bien trop longue et pesante pour les animaux comme pour les amoureux de la nature, tout cela pour avoir quelque chose à faire l'été, quand ils ne peuvent pas tirer, et que la terre est si meuble et facile à creuser. »

Consulter un public que l’on maintient dans l’obscurité totale...

Qu’importait à la préfecture d’apporter les éléments nécessaires pour se forger un avis lors de la consultation du public de son projet d’arrêté ?...
Tout un chacun, pour émettre une opinion éclairée, devrait avoir les moyens de juger un projet avec des éléments concrets. Notamment ceux permettant d’apprécier la réalité et l’entendue des dégâts attribués aux blaireaux, l’état de leur population dans le département, ainsi que l’incidence de l’arrêté sur l’environnement… Mais où sont-ils ?!

Des petits encore au terrier et une chasse sans limite

D’autre part, la préfète a autorisé non seulement la chasse d’un nombre illimité de blaireaux, mais qui plus est, elle l’a fait pendant leur période de reproduction et la présence démontrée scientifiquement de jeunes encore dans les terriers à cette période (un argument rarement entendu par les tribunaux par le passé) sans prouver qu’il n’y aurait pas d’impact sur l’équilibre de l’espèce. On sait pourtant qu’une portée de blaireaux ne dépasse que rarement deux petits et que leur temps de sevrage est bien plus long que pour d’autres espèces. Ce sont donc des animaux dont la population croît très lentement. Un cocktail qui se serait révélé délétère pour les blaireaux de Haute-Garonne.

L’arrêté ne prétendait même pas défendre les agriculteurs avec l'excuse de dommages hypothétiques

Ici, ce ne sont pas les intérêts agricoles du département qui étaient défendus - puisqu’il n’était pas question de dommages aux cultures - mais les intérêts privés de la chasse-loisir de la vénerie sous terre des blaireaux au printemps... Une collusion pouvoir-lobby sans fard, au détriment des animaux.

Les blaireaux sont de bons voisins !

Enfin, les blaireaux cohabitent souvent dans les mêmes terriers avec d’autres animaux, tels des renards, des chats forestiers ou des loutres d’Europe. Ces deux derniers sont menacés et donc protégés. Cela implique que les terriers éventrés par ces chasseurs en mal d’activités d’extérieur l’été auraient pu mettre en péril ces animaux encore plus vulnérables.

La violence de la vénerie sous terre égale notre joie d’avoir pu sauver les blaireaux !

Nous nous réjouissons de la décision du juge des référés du tribunal administratif de Toulouse, après celle de Corrèze. Les blaireaux de Haute-Garonne vont être saufs cet été. Mais nous ne pouvons que déplorer que les préfets s’entêtent à vouloir flatter les envies et fantaisies cruelles des chasseurs.
Car ladite « petite vénerie », qui consiste à localiser les blaireaux dans le terrier avec des chiens « terriers » envoyés dans les galeries puis en creusant à pic, éventrant ainsi la forêt ou le champ concerné sans hésiter à couper des racines d’arbre si elles contrarient les déterreurs, figure parmi les chasses les plus cruelles. Les animaux n’ont aucune chance de s’en sortir. Nous le savons bien, nos enquêteurs ayant mené il y a quelque temps une investigation sous couverture auprès d’un équipage et en ayant rapporté des images éloquentes.

Nous réclamons depuis 2018 une réforme radicale de la chasse comprenant une dizaine de mesures dont l’interdiction de la vénerie sous terre. Nous demandons également l’interdiction du déterrage des blaireaux en particulier. Continuez à signer ces pétitions ! Et n'oubliez pas celle sur le site du Sénat.

Julia Mothé
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