le lundi 18 février 2019 | 0

Avec Dolphinaria-Free Europe appelons à mettre fin à la captivité des cétacés en Europe

Dolphinaria-Free Europe (DFE), dont One Voice est membre, demande à tous les citoyens d’Europe, aux députés européens et aux gouvernements des États membres d’aider à mettre fin à la captivité des dauphins et des baleines en Europe. Les élections européennes devant avoir lieu au mois de mai de cette année, DFE prie les députés européens d’inclure ce sujet dans le programme de leurs partis et de soutenir notre campagne. Les membres de la coalition partagent l’avis que les dauphins et les baleines ne devraient pas être exploités par les humains à des fins de divertissement.

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One Voice fait partie des 19 associations qui constituent la coalition Dolphinaria-Free Europe (DFE). Nous travaillons ensemble à mettre fin aux exhibitions de cétacés captifs (orques, dauphins et marsouins) dans l’Union Européenne. DFE agit donc depuis 2014 avec des campagnes, un dialogue avec les députés européens et la diffusion d’information au public au moyen d'un site internet, d'un compte Twitter, de sa page Facebook et de communications dans les médias.

Nos objectifs

À quelques semaines des élections européennes de 2019, concernant les pays dans lesquels existent déjà des delphinariums - comme la France - nous cherchons à obtenir le soutien des députés européens pour interdire la reproduction des cétacés en captivité, leur importation, et la création de nouveaux delphinariums.
Dans les pays qui ne détiennent pas de cétacés actuellement, nous cherchons à obtenir le soutien des députés européens pour l’interdiction pure et simple des delphinariums grâce à une législation appropriée.
Nous cherchons également à obtenir leur soutien pour créer des sanctuaires côtiers dans lesquels les cétacés captifs pourront finir leur existence.

Des interdictions de reproduction des cétacés captifs sont actuellement proposées au niveau fédéral au Canada et aux États-Unis, ainsi qu’en France. Aux États-Unis, la reproduction des orques (Orcinus orca) en captivité est déjà interdite dans l’État de Californie. Au niveau mondial, un certain nombre de juridictions, entre autres dans l’Union Européenne (la Croatie et la Slovénie notamment), ont déjà interdit les delphinariums et/ou les importations de cétacés captifs.

Le contexte mondial, la nature des delphinariums et les lois

Il existe 35 delphinariums dans lesquels se trouvent au moins 310 cétacés, répartis dans 14 pays de l’Union Européenne (UE). La majorité des installations sont en Espagne (12), en Italie (4) et en France (4). Les espèces concernées sont celles des grands dauphins (288 individus selon les estimations), des orques (11 individus), des marsouins communs (8 individus selon les estimations) et des bélugas (3 individus).

Trente-quatre de ces centres détiennent une licence de zoo. Ils doivent donc se conformer aux exigences de la directive sur les zoos : promouvoir, protéger et conserver la faune sauvage, fournir des informations éducatives sur les espèces montrées, et garantir des normes élevées en matière d’élevage et d’enrichissement propre à l’espèce concernée. En outre, ils ont l’obligation de mener des recherches scientifiques qui soient bénéfiques pour les espèces dans leur milieu naturel. Ces exigences doivent être intégrées dans la législation nationale. Or, dans l’UE, très peu de delphinariums contribuent de façon significative aux efforts de conservation in situ. Les informations éducatives représentent souvent moins de 12 % du contenu des spectacles de dauphins, et la recherche se limite généralement à des mesures pour pallier les mauvaises conditions de vie qu’entraîne la captivité1. En réalité, les delphinariums divertissent le public mais se préoccupent peu de leurs obligations légales relatives à l’éducation du public et à la conservation des espèces.

La majorité des delphinariums appartiennent à des sociétés privées qui considèrent leurs animaux comme des actifs commerciaux, et dont l’activité consiste à dégager des bénéfices.

La majorité des cétacés en captivité ne font pas partie des espèces en péril, par conséquent la reproduction en captivité ne joue aucun rôle dans leur conservation. Même pour les espèces en péril, la reproduction en captivité n’est souvent pas une méthode de conservation recommandée ni efficace.

Cinq États membres (Belgique, Finlande, Italie, Pologne et Royaume-Uni) ont établi des normes législatives pour la détention de cétacés en captivité. Au Royaume-Uni, l’introduction de normes a mis fin aux delphinariums. En Italie, la législation est mal appliquée. Parmi les cinq centres qui existaient en Italie jusqu’à récemment, deux ont été obligés de fermer parce qu’ils n’étaient pas conformes aux normes, et un autre fait actuellement l’objet d’une enquête pour maltraitance des dauphins.

Treize États membres n’ont pas de delphinariums. La Slovénie, Chypre et la Croatie interdisent la détention de cétacés en captivité dans un but commercial, la Hongrie interdit les importations de dauphins, et la Grèce a interdit les spectacles d’animaux (quoique cette interdiction ne soit pas appliquée dans son unique delphinarium).

D’après les spécialistes, la majorité des cétacés des delphinariums de l’UE sont nés en captivité.

Néanmoins, comme ce ne sont pas des animaux domestiqués, ils conservent les mêmes comportements innés que les cétacés qui vivent en liberté, et ils ont donc les mêmes besoins. L’analyse de vastes séries de données montre que la captivité compromet le bien-être des grands carnivores2. Or, tous les cétacés captifs dans l’UE en sont ! De nombreux problèmes des cétacés en captivité sont dus à leurs conditions de vie.

La directive habitats interdit la capture de cétacés dans les eaux de l’UE. Par ailleurs, le règlement relatif à la protection des espèces de faune et de flore sauvages interdit les importations de cétacés capturés dans la nature dans un but commercial. Pourtant, des cétacés capturés dans la nature ont été importés dans l’UE, prétendument à des fins d’éducation ou de recherche, alors que les individus concernés sont présentés au public dans des delphinariums à vocation commerciale. Le risque demeure que ces importations se poursuivent, bien qu’elles soient sans conteste contraires à l’esprit, et même à la lettre de la loi.

La capture de cétacés dans la nature pour l’industrie des delphinariums reste une menace3, surtout pour les petites populations locales4. Le delphinarium de Roumanie s’est procuré des dauphins auprès de la Chine en 2010 et ces dauphins provenaient probablement de la chasse au rabattage de Taiji, au Japon, une méthode de capture de dauphins condamnée au niveau international. Les statistiques d’échanges commerciaux indiquent que 288 cétacés vivants ont été importés en UE entre 1979 et 2010, malgré l’interdiction d’importer des cétacés à des fins principalement commerciales.

A l'attention des députés européens

DFE demande aux députés européens de soutenir son action en vue de supprimer les delphinariums dans l’UE, au moyen d’une interdiction de l’élevage et des importations de cétacés captifs et d’un engagement à empêcher la création de nouveaux delphinariums. Notre objectif est de mettre fin à la souffrance causée à ces espèces par le confinement, tout en accordant aux delphinariums à but commercial un délai adéquat pour adopter un modèle d’entreprise plus éthique, avec le transfert des cétacés captifs vers des sanctuaires côtiers.

Voulez-vous une Europe sans dauphins et baleines en captivité ?

Participez aujourd’hui à notre campagne Dolphinaria-Free Europe !

  • Défendez les dauphins et les baleines en prenant un selfie avec notre panneau #DolphinariaFreeEurope et partagez sur les réseaux sociaux (#DolphinariaFreeEurope #cetaceancaptivity #Blackfish #dolphins #whales #StopDelphinarium)
  • Encouragez d’autres personnes à prendre un selfie et à affirmer leur soutien
  • Contactez votre député européen et demandez-lui de soutenir notre campagne pour mettre fin à la captivité des dauphins et des baleines en Europe
  • Faites passer le message : ne pas visiter les zoos ni les aquariums qui détiennent des dauphins et des baleines en captivité

Références

  1. WDC et al. (2015). Enquête de 2011 sur les zoos de l’UE - Les delphinariums, une évaluation de la détention de baleines et de dauphins en Union européenne et de la directive 1999/22/CE du Conseil européen, relative à la détention d’animaux sauvages dans un environnement zoologique, 2eédition.
  2. Clubb, R. et Mason, G. (2003). Captivity effects on wide-ranging carnivores. Nature 425: 473-474.
  3. Reeves, R.R., Smith, B.D., Crespo, E.A., et Notarbartolo di Sciara, G. (et col) (2003). Dolphins, Whales and Porpoises: 2002-2010 Conservation Action Plan for the World’s Cetaceans. IUCN/SSC Cetacean Specialist Group, IUCN, Gland, Suisse et Cambridge, Royaume-Uni.
  4. Fisher, S.J. et Reeves, R.R. (2005). The global trade in live cetaceans: implications for conservation. J. Int. Wildlife Law Pol. 8: 315-340.
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