le mardi 19 juillet 2016 | 21

Des dauphins en route vers la Grèce

Deux dauphins du Parc Astérix quitteront bientôt la France. Le zoo qui va les accueillir se situe dans un pays en pleine détresse économique. One Voice exige l'arrêt immédiat de ce transfert.

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La porte de la carlingue se referme avec bruit sur Ekinox et Naska. Les deux dauphins sursautent dans leur harnais, malgré les doses massives de calmants qu'on leur a données. Bientôt, c'est le moteur de l'avion qui se met à rugir en vibrant tandis que l'avion s'envole vers la Grèce. Les deux delphineaux, âgés de cinq et six ans, viennent de quitter leurs mères pour toujours. Adieu, Bailly ! Adieu, Femke ! Bien qu'ils soient loin d'être adultes, le parc les juge assez mûrs pour être expédiés vers de nouveaux bassins, dans le cadre du «programme européen EEP d'élevage et de conservation d'espèces menacées» que les Grands Dauphins ne sont pas.

Tout au long de leur vie, ces deux jeunes «étalons» vont se retrouver face à des groupes de prisonniers inconnus, furieux de les voir débarquer dans un espace toujours trop petit. Ces transferts seront chaque fois pour eux un cauchemar. Récemment, en 2014, le jeune Angel est mort de stress sur le tarmac. En 2016, Galéo nous expose les stigmates sanglants d'une mauvaise intégration sociale dans une communauté de détenus hors contrôle.

Tel est pourtant le sort qui attend les deux jeunes mâles excédentaires du parc Astérix. Dans quelques semaines, ils seront envoyés au Zoo d'Attica. Ce ne seront pas les seuls : Veera, Delfi, Leevi et Eevertti rejoindront également les bassins grecs d'ici peu, au départ du delphinarium de Tampere en Finlande. Faute de public, l'établissement a dû fermer ses portes en octobre dernier. Tenté un temps de les confier à un éventuel sanctuaire marin, le Särkänniemi Theme Park a fini par décider d'envoyer ses quatre survivants en Grèce. Il s'agit pourtant là d'un vieux couple de dauphins très fatigués et de leurs deux jeunes, malades. Et ce sont avec eux, et avec les deux derniers dauphins lituaniens du Zoo d'Attica, que les dauphins français vont partager leur nouvelle vie ? C'est avec ce regroupement hétéroclite de dauphins étrangers les uns aux autres qu'on espère recréer une nouvelle famille ?

D'abord peuplé par 11 dauphins lituaniens, dont 3 capturés en Mer Noire, le delphinarium du Zoo d'Attica, comme tous les autres, ne peut pas proposer de bonnes conditions. Deux dauphins sont morts et deux sont morts-nés entre 2010 et 2015. Et c'est là que le Parc Astérix et le Särkänniemi Theme Park ont décidé d'expédier leurs «spécimens» au lieu d'étudier une solution de réhabilitation en bras de mer.

Il faut savoir que depuis quelques mois, d'étranges mouvements agitent les delphinariums d'Europe. Harderwijk semble vouloir envoyer des dauphins vers l'Espagne ou Dubaï, tandis que d'autres dauphins circulent d'un pays à l'autre dans la plus stricte confidentialité. Le marché du dauphin serait-il déjà en train de se réorganiser ?

Ce qui est certain, c'est que le fait de fournir de nouveaux dauphins au Zoo d'Attica va renforcer sa position. En Grèce, la loi interdisant les spectacles d'animaux sauvages a été votée par le parlement en 2012. Toujours non appliquée, elle n'en reste pas moins applicable tant pour les animaux de cirque que pour les dauphins. En gonflant artificiellement les effectifs d'Attica, l'industrie espère sans doute empêcher sa fermeture définitive et retarder sine die l'application de la loi.

Du fond de leur hamac humide, la peau enduite de lanoline blanche, les tympans écrasés par une pression atroce, tremblant de froid, nos dauphins en exil ne se poseront pas toutes ces questions. Ils se contenteront de souffrir du long voyage et de sentir leur cœur s'emplir de tristesse et d'angoisse, tandis qu'ils s'éloignent à jamais de leur mère et de leur famille, quittées beaucoup trop tôt.

Ce n'est pas ainsi que les dauphins voyagent. Ce n'est pas non plus ainsi qu'ils créent de nouveaux «pods».

Qui veut encore nous faire croire que les delphinariums se soucient des dauphins qu'ils exploitent ? Comment le Parc Astérix compte-t-il justifier une telle décision commerciale ?

One Voice lui a écrit pour lui demander, avis d'experts à l'appui, de mettre un terme immédiat à son programme de reproduction et d'échanges de dauphins.

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Commentaires 21

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Monique | jeudi 27 avril 2017

RENDEZ donc EQUINOX à sa MAMAN !!

FOUTEZ LEUR DONC LA PAIX

ILS SONT DEJA EN CAPTIVITE,
LAISSEZ LEUR, AU MOINS, LE DROIT DE VIVRE ENSEMBLE,
Mère et fils ou fille

clo | jeudi 27 avril 2017

il faut boycotter ces parcs, exiger leur fermeture, mettre un terme à la capture des animaux sauvages. Toutes ces horreurs et ces souffrances infligées pour faire du fric!!
Tout cela est indigne de l'être humain!
Ces animaux ont une conscience, une sensibilité, des émotions et une intelligence , comme nous!!
Imaginez l'être humain vivre les mêmes choses!!

maryse warot | lundi 25 juillet 2016

Une souffrance supplémentaire à ajouter dans un transfert ! La captivité ne suffit donc pas ???

L'être humain n'a pas de limite dans la torture :( Je dis stop !

wettlé | vendredi 22 juillet 2016

Je ne peux que dire MERCI à One Voice pour son nouveau combat que je soutiens amplement et fermement concernant l'exploitation des cétacés à des fins de divertissement et financières. Tout cela n'est que HONTEUX ET ABOMINABLE et nous devons tous nous unir afin de faire cesser un tel commerce et une telle exploitation de ces mammifères marins qui n'ont rien à faire dans de tels endroits immondes dans lesquels ils sont privés de tout ce dont ils ont besoin en commençant par LA LIBERTE ET LE RESPECT. Il est également nécessaire et important d'informer les enfants, les parents afin qu'ils boycottent tous de tels endroits qui emprisonnent, qui enferment, qui rendent fous et malades tous ces pauvres animaux.
Du divertissement, de la distraction, OUI mais pas avec présence d'animaux quels qu'ils soient, le respect des animaux et la compassion pour eux doivent être la même que pour les humains, il ne doit pas y avoir de différence, les animaux sont des êtres vivants comme nous et non "objets, marchandises et inférieurs".