le mardi 24 mai 2016 | 0

Chevaux en souffrance - Tortionnaire sous surveillance

Le 18 octobre 2016, M. P. sera devant les tribunaux. Suivi par One Voice depuis dix ans, l’éleveur a gardé des dizaines de chevaux chez lui dans des conditions criminelles. Certains en sont morts. Après deux saisies, une interdiction de posséder des animaux a été prononcée. Mais l’homme persiste. One Voice aussi.

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Suivi par One Voice depuis dix ans, M. P a gardé des dizaines de chevaux chez lui dans des conditions criminelles. Certains en sont morts. Après deux saisies, une interdiction de posséder des animaux a été prononcée. Mais l'homme a persisté. One Voice aussi.

Tout a commencé en 2006
M. P. a été signalé à notre service d'enquêtes pour les mauvais traitements qu'il infligeait à ses chevaux. Un jeune étalon venait de mourir quand One Voice est intervenue. Une première saisie a alors eu lieu, qui sauve 45 chevaux. Leur déchéance physique était extrême. Faute d'entretien, leurs sabots étaient abîmés, ils souffraient de dénutrition, de lymphangite, d'arthrose et de la « gale de la boue », une affection qui touche le bas des membres mais aussi le dos et la croupe, laissant la peau du cheval enflammée et croûteuse. Aucun point d'eau n'était prévu pour eux, aucun abri. Certaines juments étaient gravides mais pas une seule d'entre elles ne pourra mettre au monde un poulain vivant, du fait de l'absence de soins et d'installations adaptées.

Céleste, âgée de vingt ans environ, faisait partie de la liste des premiers chevaux à secourir. Mais pendant deux ans, son propriétaire est parvenu à la cacher. Quand l'enquêteur de One Voice a enfin retrouvé la trace de la petite jument en 2008, il était déjà trop tard. Céleste se tenait dans un coin de prairie. Tête basse, appuyée contre un mur, elle était à peine capable de rester debout, tant sa jambe était rongée par des tumeurs fibreuses. L'éleveur l'avait fait pouliner deux fois, et par deux fois ses petits étaient morts, faute de lait. La DDPP, dépêchée sur place, a décidé d'euthanasier Céleste pour abréger ses souffrances atroces. One Voice n'a pas pu la sauver. Mais ce n'a heureusement pas été le cas des autres chevaux.

L'éleveur était coutumier du fait
Au terme de la saisie de 2006, une interdiction définitive de détenir un animal a été prononcée à son encontre par la justice. Une surveillance discrète mais constante permettra cependant de réaliser que l'homme n'en a cure. Il achète de nouveaux chevaux, qu'il dissimule chez l'un ou l'autre des ses amis. À la demande de One Voice, une nouvelle saisie est donc ordonnée, qui se déroule sur trois jours, du 6 au 8 février 2014. Lors de cette opération, on trouve à nouveau plusieurs chevaux dans un état de santé inquiétant.

Ainsi, Baloo, un jeune mâle de quatre ans, a toujours la taille d'un poulain de dix mois. Il souffre de telles carences alimentaires et d'une telle faiblesse qu'il faut le placer sous perfusion avant de songer à le déplacer. Octave a été isolé dans un champ en lisière d'une forêt. Aucun point d'eau prévu pour lui : il lui faut boire dans les flaques ! Lui aussi ressemble à un poulain d'un an, alors qu'il en a déjà trois ! On découvre aussi Annabelle et son poulain au fond d'un pâturage détrempé en compagnie d'autres chevaux, derrière une clôture électrique de fortune, sans fourrage ou aliment quelconque à leur disposition. Le poulain est très affaibli. Ses côtes sont apparentes et il est presque sauvage, car aucun humain ne semble jamais l'avoir touché. Lors de cette nouvelle saisie, 19 chevaux sont emmenés.

Mais cela suffira-t-il à freiner la passion des chevaux des éleveurs criminels ? Rien n'est moins sûr. Surveillances, enquêtes, saisies, plaintes et procès risquent encore de se reproduire pour ces tortionnaires patentés.

La lutte de One Voice contre la maltraitance animale est incessante
Mais celle-ci exige les moyens de ses ambitions. La Cellule Zoé, qui en est l'outil privilégié, doit puiser dans ses fonds pour assurer les actions judiciaires mais aussi le suivi des animaux. L'état de santé dégradé des victimes exige des soins permanents, parfois très lourds. Toute aide est donc bienvenue dans ce combat de fond, dont la presse parle peu mais qui est essentiel.

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