le jeudi 28 avril 2022 | 3

Chasse adaptative : les espèces menacées sous le feu des chasseurs. One Voice au Conseil d'État le 11 mai pour les oiseaux.


Mis à jour le 12 juillet 2022

Les élégantes tourterelles des bois, les majestueux grands tétras, les farouches courlis cendrés, mais aussi les barges à queue noire, les oies cendrées et les fuligules milouins, n’ont qu’à bien se tenir ! Avec le principe de gestion de chasse adaptative, les chasseurs reviennent à la charge et ont toute latitude pour tuer des animaux en déclin. L'audience au Conseil d'Etat aura lieu ce 11 mai 2022 à 14h.

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Edit au 14 mai 2022:

La décision doit être rendue environ trois semaines après l'audience, soit la première semaine du mois de juin prochain.

Ces oiseaux de nos campagnes et de nos montagnes ont un point commun : tous sont inscrits sur la liste rouge des espèces menacées en France par l’UICN. Classés comme vulnérables, en déclin ou en danger, leur population ne cesse de baisser. Pourtant, les chasseurs, animés par le seul plaisir de les tirer à bout portant, continuent de se payer leur tête. Pour dévaster la biodiversité sans vergogne, ils défendent la mise en œuvre de la gestion adaptative des espèces. Une aberration environnementale.

Le principe est simple. La gestion adaptative permet d’« ajuster régulièrement les prélèvements des espèces en fonction de l'état de conservation de leur population et de leur habitat, en s'appuyant sur les connaissances scientifiques relatives à ces populations ».

En clair, cette gestion repose sur un simple système de retour d’expérience. De qui se moque-t-on ?

La complexité du suivi des espèces

Car on le sait : la méthode de suivi des espèces est extrêmement complexe et exige des moyens ambitieux pour récolter les données, les intégrer, les analyser et enfin réagir. Qui va s’en charger? Les chasseurs eux-mêmes et leur application « Chassadapt »? Cette application, présentée comme un élément de contrôle des prélèvements et d’amélioration de connaissances des espèces, repose sur les simples déclarations des chasseurs. Ce n’est qu’une aberration de plus.

Un dispositif étendu aux espèces non chassables

Le dispositif de gestion adaptative aurait dû être mis en place par le plan de biodiversité de juillet 2018, sur les 90 (!!!) espèces chassables en France. Mais les chasseurs insatiables ont demandé à l’appliquer aux espèces non chassables. « Non seulement la chasse n’est pas impactante pour les espèces chassables fragilisées, mais encore, une espèce qui n’est plus chassée est condamnée », assure ainsi sans rougir Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs, dans le magazine Connaissance de la chasse daté de septembre 2018. Un tel cynisme nous glace et nous défendons la position inverse : cessons de tuer les animaux, a fortiori lorsqu’ils sont déjà en déclin.

Pourtant, la gestion adaptative a bien été inscrite dans la loi du 24 juillet 2019. Et si elle est encadrée par un comité d’experts scientifiques – le GEGA – , chargé d’émettre des recommandations, celles-ci ne sont pas suivies par le gouvernement. Le GEGA a ainsi préconisé un quota de prélèvement de 0 individu sur les tourterelles des bois et sur les courlis cendrés. Sans effet.

Des victoires...

Le 10 septembre 2020, One Voice et la LPO remportaient leurs recours déposés devant le Conseil d’État pour faire suspendre l'arrêté autorisant le massacre des tourterelles des bois, déjà au bord de l’extinction. À cette date, 6 368 individus avaient été tuées. L'arrêté sera annulé le 30 décembre 2021. Le 17 décembre 2020, le Conseil d’État donnait raison à la LPO, lors d’un recours déposé contre un arrêté autorisant la chasse de 6 000 courlis cendrés pour 2019-2020. Cet arrêté avait déjà été suspendu en urgence par la haute juridiction en août 2019.

Oui mais...

Le combat pour les oiseaux continue. Nous ne laisserons pas passer cette loi injuste, qui donne les pleins pouvoirs aux chasseurs au mépris de la biodiversité. Nous avons déposé un recours devant le Conseil d’État contre la gestion adaptative de la chasse : l'arrêté cadre et la liste des espèces concernées. L'audience au Conseil d'Etat aura lieu ce 11 mai 2022 à 14h.

Mélissa Saule
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Commentaires 3

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xav | mardi 03 mai 2022

C'est le contournement du statut de protection des espèces telles les tourterelles des bois, les courlis cendrés, les grands tétras dont il s'agit en parlant de "chasse adaptative". Ça n'est pas serieux. C'est inadmissible.

Belledonne | samedi 30 avril 2022

L’imposture consiste à faire croire au grand public que les déclarations des chasseurs sont le reflet d’une réalité. Or il n’en n’est rien, le mensonge est une des caractéristiques principales dans le monde glauque de la chasse. Qui peut croire les déclarations des chasseurs ? Tient-il compte du braconnage ? Non bien sûr !

Coquillette | jeudi 28 avril 2022

Il faut que les chasseurs arrêtent de détruire les animaux .