Tirs de perdrix en Ariège : Communiqué de Presse

Animaux sauvages
05.10.2026
Ariège
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Depuis le 4 octobre, les chasseurs ariégeois peuvent abattre jusqu’à 670 perdrix grises des Pyrénées, une espèce classée « quasi menacée ». C’est plus d’un dixième des quelque 6 500 oiseaux estimés sur l’ensemble du massif. Nous demandons au juge de suspendre en urgence cette chasse : l’audience de référé se tiendra le mardi 13 octobre à 14 h au tribunal administratif de Toulouse.

En octobre, sur les pentes d’altitude, les perdrix grises vivent en compagnie des jeunes de l’année, nés au ras des herbes au début de l’été. Les chiens d’arrêt les débusquent, le groupe s’envole d’un bloc, et les coups de feu partent. Deux oiseaux par jour et par chasseur, seize par chasseur pour la saison, jusqu’au 25 octobre : 340 perdrix dans le Piémont, 330 sur la Haute-Chaîne. Rien de tout cela ne répond à une nécessité écologique. C’est un loisir, qui consiste à tuer des oiseaux sauvages pour le plaisir du tir.

L’été 2026 n’a rien eu d’ordinaire : canicules, sécheresses, incendies. Pour un oiseau qui ne vit qu’en montagne, au-delà de 1 000 mètres, déjà frappé par le réchauffement, la dégradation de ses milieux et l’isolement de ses populations, chaque mort supplémentaire pèse. La dernière estimation, celle de l’UICN en 2015, constatait déjà la fragilité de l’espèce ainsi que son déclin ; aucune nouvelle estimation n’a été produite depuis. Quand personne ne sait combien d’oiseaux ont survécu à cet été, la logique voudrait que leur chasse soit stoppée. 

La justice a déjà jugé ces tirs excessifs

Le 19 février 2026, le tribunal administratif de Toulouse a annulé l’arrêté de 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne autorisait chaque chasseur à abattre quatre perdrix grises sur la saison : un tel niveau de prélèvement mettait en péril la conservation de l’espèce. Le préfet de l’Ariège en autorise aujourd’hui seize par chasseur, quatre fois plus.

« Les chasseurs aiment se présenter en régulateurs. Mais personne ne régule une espèce quasi menacée en la tirant en vol au sortir d’un été de canicules. Ces perdrix n’ont pas besoin de quotas, elles ont besoin qu’on restaure leurs milieux et qu’on les laisse vivre. Les tuer ne sert qu’au plaisir de ceux qui tiennent le fusil », déclare Muriel Arnal, présidente de One Voice.

Représentée par le cabinet Gossement Avocats, One Voice demandera la suspension de l’arrêté avant la fin de la saison : chaque jour de chasse compte. Ce référé s’inscrit dans une série de recours engagés cet automne pour les galliformes de montagne et les lièvres variables, des Pyrénées aux Alpes.

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