Tirs sur perdrix dans l'Aude : Communiqué de presse

Animaux sauvages
28.09.2026
Aude
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À partir du 4 octobre, dans les montagnes de l’Aude, chaque chasseur pourra tuer jusqu’à six perdrix grises des Pyrénées, une espèce classée quasi menacée dont personne ne connaît aujourd’hui l’effectif réel. One Voice a saisi le tribunal administratif de Montpellier et demande la suspension de l’arrêté préfectoral du 29 mai 2026. L’audience se tient mardi 6 octobre à 13h.

La perdrix grise des Pyrénées ne vit qu’en altitude. Elle sort d’un été de canicules, de sécheresse et d’incendies, qui s’ajoute à ce qu’elle endure déjà : la dégradation et le morcellement de ses habitats. Ce qui l’attend maintenant, ce sont trois semaines de tirs, du 4 au 25 octobre, à raison de deux oiseaux par chasseur et par jour. Pour une population aussi fragile, c’est un désastre.

Jusqu’à 60 000 oiseaux autorisés au tir

L’arrêté fixe un « prélèvement maximal » de six perdrix par chasseur sur la saison, sans aucun plafond global. La fédération départementale revendique 10 000 chasseurs dans l’Aude : sur le papier, jusqu’à 60 000 perdrix peuvent être tuées. Seule exception, le secteur Haute-Vallée – Pays de Sault, où le nombre d’oiseaux à tuer sera fixé par la fédération des chasseurs elle-même, après ses comptages d’été.

En 2015, l’UICN estimait à 6 500 le nombre de perdrix grises dans l’ensemble des Pyrénées françaises, et constatait déjà leur déclin. Aucune estimation plus récente n’existe. 

Le 19 février 2026, le tribunal administratif de Toulouse a annulé un arrêté de 2022 qui autorisait chaque chasseur à tuer quatre perdrix grises en Haute-Garonne, ce niveau de tirs mettant en péril la conservation de l’espèce. Dans l’Aude, le plafond est de six. Rien, par ailleurs, ne justifie ces tirs : la chasse de la perdrix n’est pas une nécessité écologique, c’est un loisir qui consiste à mettre à mort des animaux sauvages. 

« Après un été pareil, la seule question qui vaille est de savoir comment défendre ces oiseaux, pas combien on peut encore en tuer. Ajouter délibérément des morts par balle à une espèce qui n’a plus de marge, c’est choisir le plaisir de quelques-uns contre sa survie. »  — Muriel Arnal, présidente de One Voice.

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