Chasse à la perdrix dans les Pyrénées Atlantiques : Communiqué de presse
Quatre ans après une première suspension obtenue en justice, le préfet des Pyrénées-Atlantiques autorise de nouveau la chasse des perdrix grise de montagne, une espèce classée quasi menacée dont personne ne connaît aujourd’hui l’effectif réel. One Voice demande au juge des référés du tribunal administratif de Pau de suspendre l’arrêté. L’audience se tient le lundi 12 octobre à 11 h.
Les perdrix grise de montagne ne vivent qu’en altitude, au-delà de 1 200 mètres. Elles sortent d’un été de canicules, de sécheresse et d’incendies, qui s’ajoute à ce qu’elles endurent déjà : le réchauffement, la dégradation et le morcellement de ses habitats. Ce qui les attend maintenant, ce sont les tirs. Pour une population aussi fragile, c’est un désastre, servant uniquement le loisir morbide des chasseurs.
Un arrêté déjà désavoué par la justice
En 2022, le préfet autorisait déjà chaque chasseur à tuer quatre perdrix grises dans le massif. Saisi par One Voice, le juge des référés du tribunal administratif de Pau avait suspendu l’arrêté le 4 octobre 2022. Le 27 septembre 2026, le tribunal l’a annulé, jugeant que ce niveau de tirs mettait en péril la conservation de l’espèce. Le préfet rouvre pourtant la chasse cette saison, sans que rien n’ait changé pour les oiseaux, sinon un été de plus caniculaire.
En 2015, l’UICN estimait à 6 500 le nombre de perdrix grises dans l’ensemble des Pyrénées françaises, et constatait déjà leur déclin. Aucune estimation plus récente n’existe. Face à une telle incertitude, la seule réponse cohérente est la prudence. Rien, par ailleurs, ne justifie ces tirs : la chasse des perdrix n’est pas une nécessité écologique, c’est un loisir qui consiste à mettre à mort des animaux sauvages. Comme pour les tourterelles des bois ou les lièvres variables, la « régulation » n’est ici qu’un prétexte.
« Après un été pareil, la seule question qui vaille est de savoir comment défendre ces oiseaux, pas combien on peut encore en tuer. Ajouter délibérément des morts par balle à une espèce qui n’a plus de marge, c’est choisir le plaisir de quelques-uns contre sa survie. » Muriel Arnal, présidente de One Voice.
One Voice, qui a également saisi la justice pour les perdrix grises de l’Aude, demande que les efforts portent sur la restauration des habitats, le suivi scientifique des populations et la réduction des pressions qui pèsent sur l’espèce, pas sur le nombre d’oiseaux que chaque fusil est autorisé à abattre.