En vingt-quatre heures, deux portées de chatons abandonnées et tuées dans les Pyrénées-Orientales : derrière l’horreur, la responsabilité de l’État
Des chatons jetés par la fenêtre d’une voiture. Quelques jours plus tard, des nouveau-nés jetés dans un sac plastique et emportés par le courant d’une rivière. Ces deux signalements, survenus dans le même département des Pyrénées-Orientales, sont d’une cruauté insoutenable. Mais ils racontent aussi autre chose : l’urgence de lutter contre la misère féline et de mettre enfin la stérilisation au cœur d’une véritable politique nationale. Parce que ces chatons ne doivent pas être oubliés, nous déposons plainte.
Des chatons traités comme des déchets
La scène est difficile à concevoir. Pourtant, c’est bien ce que cette automobiliste affirme avoir vu. Alors qu’elle circulait entre Saint-Jean-Pla-de-Corts et le péage du Boulou, elle a d’abord aperçu, à distance, des personnes jeter des « choses » par la fenêtre de leur voiture. Pendant plusieurs kilomètres, elle a cru qu’il pouvait s’agir de déchets. Puis, lors d’un nouvel épisode, elle a compris l’impensable : ce n’étaient pas des détritus qui étaient jetés sur la route, mais des chatons. Le témoin, aujourd’hui profondément choqué, a eu le bon réflexe de photographier la voiture. Ces éléments seront précieux pour identifier les auteurs des faits. Les chatons n’ont malheureusement pas été retrouvés à ce jour.
Et comme si ce drame ne suffisait pas, quelques jours plus tard, c’est un nouveau signalement qui nous parvient, depuis Thuir, toujours dans les Pyrénées-Orientales. Le 22 août, alors qu’elle promenait son chien, une femme a vu des gens jeter un sac plastique dans une rivière. En s’approchant, elle a découvert qu’il contenait des chatons nouveau-nés, emportés par le courant. Immédiatement, elle s’est jetée à l’eau. Elle n’a pu en récupérer qu’un seul. Un deuxième a été découvert mort en contrebas. Les autres n’ont pas pu être retrouvés.
Et qu’en est-il des deux mères, qui doivent depuis chercher inlassablement leurs petits ?…
Deux signalements dans le même département en quelques jours. Deux portées de chatons traités comme de vulgaires déchets. Est-ce une épidémie de cruauté ? Ou le symptôme d’un problème plus profond ? Les deux sans doute.
Derrière ces drames, le même problème : l’absence de stérilisation
Aussi terrible que soient ces histoires, elles n’ont malheureusement rien d’un fait isolé. Chaque année, des centaines de milliers d’animaux sont abandonnés en France. Les chats sont les plus nombreux. Derrière les chiffres, il y a des petits félins livrés à eux-mêmes, victimes de l’errance, de la faim, des maladies, des accidents, de la malveillance humaine et, souvent, d’une fin tragique.
L’absence de politique publique en dit long sur la place accordée aux chats dans notre société. Combien de temps encore seront-ils considérés comme des animaux dont on peut simplement se débarrasser lorsqu’ils deviennent trop nombreux ?
Les associations, elles, héritent des conséquences de l’incurie collective. Elles capturent, soignent, stérilisent et recueillent les félins, avec des moyens limités. Elles ne peuvent cependant pas, à elles seules, empêcher les naissances et prendre en charge indéfiniment la souffrance perpétuelle. En attendant, les chats continuent à payer de leur vie les conséquences de l’inaction générale.
L’histoire de ces chatons rappelle avec une violence particulière l’urgence d’agir. Derrière chaque abandon se trouve un animal qui paie le prix de l’irresponsabilité humaine. Nous ne pouvons pas accepter que des chats naissent, soient abandonnés, errent dehors et finissent souvent leur vie dans des conditions dramatiques alors que des solutions existent. Jeter des chatons par la fenêtre d’une voiture ou dans une rivière n’est pas un simple fait divers. C’est le symptôme le plus brutal d’un problème plus large : celui d’une société qui continue de produire des animaux, de les vendre et de les abandonner sans mettre en place les moyens nécessaires pour prévenir cette souffrance. Les chatons n’ont pas pu être sauvés. Mais leur sort tragique ne doit pas être oublié. En leur nom, nous déposons plainte auprès du tribunal judiciaire de Perpignan. Signez notre pétition pour la mise en œuvre d’un véritable plan national contre l’errance féline, à la hauteur de l’urgence.