Tribunal d'Orléans pour les blaireaux : Communiqué de Presse
One Voice, avec l’ASPAS, AVES et Nature 18, demande au tribunal administratif d’Orléans de suspendre en urgence l’arrêté qui autorise le prolongement de la vénerie sous terre des blaireaux dans le Cher, du 1ᵉʳ juin au 14 septembre 2026. Audience lundi 29 juin à 15 heures. Une nouvelle fois, des familles entières de blaireaux — petits compris — sont promises aux pioches et aux pinces des déterreurs.
Représentées par le cabinet Géo-avocats, les quatre associations dénoncent un arrêté qui ferme les yeux sur la souffrance, pour le seul agrément et loisir d’une poignée de pratiquants.
La vénerie sous terre consiste à lâcher des chiens dans les galeries pour acculer les blaireaux au fond de leur terrier, avant de les déterrer à la pioche et à la barre à mine, de les saisir avec de longues pinces métalliques et de les achever. Une traque qui peut durer des heures. Parmi les victimes : des blaireautins encore dépendants des adultes. C’est cette violence que One Voice documente depuis des années, enquêtes en infiltration à l’appui.
Tuer les petits est illégal : les juges le répètent
L’article L.424-10 du code de l’environnement interdit de détruire les petits des mammifères chassables. Et le « petit », scientifiquement, c’est un animal qui n’a pas atteint sa maturité sexuelle. Chez les blaireaux, l’émancipation à l’égard des adultes n’intervient qu’à l’automne. La période complémentaire revient donc à massacrer des jeunes que la loi protège — directement, et indirectement en abattant les adultes dont ils dépendent encore.
Les juridictions administratives retiennent ce critère de l’émancipation, et la cour administrative d’appel de Bordeaux l’a confirmé sans ambiguïté le 24 février 2026 : les jeunes blaireaux encore dépendants sont des « petits » protégés. Rien, ni de prétendus dégâts ni une prétendue surpopulation, ne justifie d’y déroger.
Dans le Cher, un arrêté en trompe-l’œil
Pour justifier le déterrage, la préfecture invoque « l’augmentation de plaintes de dégâts de blaireaux reçues ». Une réalité qu’elle n’a, de son propre aveu, jamais vérifiée.
Et si l’arrêté affiche quelques garde-fous censés répondre aux annulations déjà prononcées par le tribunal administratif d’Orléans, ce ne sont que des leurres :
- Un quota de 300 blaireaux — ce qui est énorme pour une espèce dont on ne connait pas les effectifs et au rythme de reproduction lent.
- Une chasse limitée aux week-ends, lundis et jours fériés — ce qui est déjà le cas depuis 2021 au moins, ce loisir se pratiquant de toute façon hors des jours ouvrés.
- Un périmètre étendu jusqu’à 250 mètres des terres agricoles, jachères, prairies, vignes et vergers : autrement dit, dans un département agricole à 60 % et bordé de bois, exactement là où vivent les blaireaux, en lisière de forêt et dans le bocage.
Sous couvert d’encadrement, l’arrêté livre donc aux déterreurs l’essentiel des blaireautières.
Les préfectures s’entêtent, la justice tranche
Cette audience s’ajoute à une longue série de revers infligés aux arrêtés de déterrage : suspension dans la Marne par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne le 7 mai 2026, annulation par celui de Limoges des arrêtés pris en 2024 dans la Creuse, la Corrèze et la Haute-Vienne. Partout, le même constat : les préfectures ne peuvent continuer à autoriser ce massacre. One Voice et ses partenaires entendent l’obtenir aussi dans le Cher.