Action pour les loups : Communiqué de Presse
Samedi 22 août, de 11 h 30 à 13 h, place de la Motte à Limoges, l’association One Voice tient une action publique d’information sur la situation des loups en France. Alors que le statut de protection des loups a été revu à la baisse et que les tirs sont facilités, l’association rappelle qu’un cinquième de la population lupine est tué chaque année et défend la cohabitation comme seule réponse durable. Le Limousin est directement concerné : sur le plateau de Millevaches vivent des loups et louveteaux au patrimoine génétique unique en France.
Pendant une heure et demie, les militantes et militants de One Voice iront à la rencontre des Limougeauds pour présenter la réalité des loups, loin des représentations héritées des contes et alimentées par la Coordination Rurale de Haute-Vienne et la FDSEA Corrèze qui avaient appelé à leur braconnage, ce pour quoi l’association les avait fait condamner. Documentation, pétition et échanges avec les bénévoles seront proposés sur place.
Rendez-vous samedi 22 août 2026, de 11 h 30 à 13 h, place de la Motte, à Limoges.
Un statut de protection affaibli, des tirs facilités
Revenus naturellement en France après y avoir été exterminés, les loups ne sont plus strictement protégés et les dérogations de tir se multiplient. Le plafond national fixé par l’État peut s’élever à 248 animaux pour une population estimée à 1 082 individus : un loup sur cinq peut être tué chaque année, et le ministère de l’Agriculture a annoncé une augmentation de 10 % de ce quota. Depuis janvier, 85 loups ont déjà été abattus légalement, quand les scientifiques situent le seuil de viabilité entre 2 500 et 5 000 individus. Les louveteaux ne sont pas épargnés. Adopté le 21 juillet, l’article 14 de la loi d’urgence agricole va plus loin encore : simple déclaration a posteriori au lieu d’une autorisation de tir, troupeaux bovins, équins et asins réputés « non protégeables », tirs permis jusque dans les réserves naturelles.
À cette curée légale s’ajoute celle de l’ombre : neuf loups tués par un réseau de braconnage dans les Hautes-Alpes, dont trois membres seront jugés en janvier 2027 — One Voice est partie prenante de la procédure. Le 16 juillet, Pomme était abattue dans les Alpes à La Bréole alors que les données de son collier GPS démontrent qu’elle n’avait attaqué aucun troupeau.
Le système fonctionne à l’envers. Un éleveur est indemnisé dès lors que la responsabilité du loup « n’est pas écartée », et ce sont ces mêmes constats qui servent ensuite à justifier les tirs. One Voice demande que l’argent public aille à ce qui protège réellement les troupeaux — clôtures, chiens de protection, bergers, regroupement nocturne — et que l’indemnisation y soit conditionnée. Sur le terrain juridique, l’association attaque les arrêtés qu’elle estime illégaux : plusieurs décisions récentes nous ont donné raison, rappelant que la protection des loups est une obligation légale.
En Limousin une famille de loups objet de nombreuses menaces
Sur le plateau de Millevaches, Milo et Mina formaient un couple au patrimoine génétique unique en France. Malgré la traque et les blessures subies, des naissances ont été constatées en mai 2025. Milo a depuis disparu… Mina et un nouveau mâle ont eu deux petits en mai 2026 : Girolle et Truffe. Ce qui devrait être une excellente nouvelle pour la biodiversité du territoire est devenu, pour d’autres, une cible.
Face à la multiplication des discours hostiles, notamment de la part de syndicats agricoles particulièrement virulents dans le Limousin, One Voice continue de porter la seule approche qu’elle juge tenable et qui reste écartée par les pouvoirs publics : la cohabitation entre les activités humaines et une espèce protégée infiniment utile. C’est le message que l’association portera samedi à Limoges, où le public est invité à venir échanger avec les bénévoles.
One Voice appelle par ailleurs le grand public à signer sa pétition « Une vague d’attaques sans précédent contre les loups » qui a déjà collecté près de 125 000 signatures.