Audience au Tribunal pour les renards : Communiqué de Presse

Animaux sauvages
17.07.2026
Hauts de Seine
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Jeudi 23 juillet 2026 à 10 h, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise examinera le référé déposé par One Voice contre l’arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 15 juin 2026. Ce texte autorise, pendant deux mois et demi, des battues administratives contre les renards dans le jardin privé d’un particulier, par piégeage ou tir de nuit. Une mesure d’exception détournée de son objet, sans fondement légal ni scientifique, que l’association demande de suspendre en urgence.

Il faut mesurer ce qui se cache derrière les termes administratifs. Du 15 juin au 31 août, au beau milieu de la nuit, des renards peuvent être traqués, piégés ou abattus dans un jardin privé des Hauts-de-Seine. Des tirs nocturnes, des pièges dont on connaît la cruauté sans nom : ils frappent à l’aveugle, sans distinguer leurs victimes. Voilà les moyens déployés, difficiles à croire, presque impossibles à imaginer. Et pour quel péril ? Des déjections et des terriers dans un jardin. 

Une femme s’est plainte de la présence des renards et a donc demandé que des pièges soient installés dans son jardin pour décimer cette famille de renards. La préfecture a accordé leur mise à mort, sur simple demande, sans envisager la moindre mesure alternative ni le moindre effort de sensibilisation. Le choix de la facilité : tuer, plutôt qu’apprendre à cohabiter.

Des trésors de la nature, traités en indésirables

Qui sont ces prétendus « nuisibles » ? Des êtres d’une vive intelligence, aux capacités d’adaptation, de mémoire et d’apprentissage hors normes, dotés d’une organisation sociale et de moyens de communication particulièrement élaborés. Joueurs, sociables, les renards sont aussi d’excellents parents. Ils ne demandent qu’à vivre en paix, à s’occuper de leur famille et à la nourrir — en plein été, alors même que les renardeaux de l’année dépendent encore des leurs. Emblèmes de nos forêts et de nos campagnes, ils s’installent aussi, désormais, aux abords de nos villes. Croiser un renard dans son jardin n’est pas une nuisance, c’est une chance.

Un renard fuit l’être humain et est totalement inoffensif. Dans son rapport de 2023, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a conclu qu’aucun abattage de renards ne saurait être justifié par des motifs sanitaires. Pire : leur élimination produit l’effet inverse, en favorisant la prolifération des rongeurs porteurs de la maladie de Lyme. Les renards ne sont pas une menace, ils sont des alliés.

Un acharnement national contre les renards

Cet arrêté s’inscrit dans un contexte d’acharnement généralisé : chaque année en France, au moins 500 000 renards sont tués par tir, piégeage ou déterrage, notamment du fait de leur classement comme « espèce susceptible d’occasionner des dégâts » (ESOD) dans 88 départements, sans fondement scientifique. Et l’étau se resserre : le projet d’arrêté triennal 2026-2029, en consultation publique jusqu’au 30 juillet 2026, prévoit de reconduire ce classement dans 91 départements — trois de plus qu’aujourd’hui !

 « Piéger et tirer sur des renards la nuit, dans un jardin, parce qu’ils creusent des terriers : voilà où mène la logique qui traite ces animaux en nuisibles. Nous demandons au juge de rappeler que la vie sauvage n’est pas une nuisance mais un atout. » — Muriel Arnal, présidente de One Voice. 

Si un terrier dans un jardin suffit à condamner des renards à mort, alors aucun animal sauvage n’est plus à l’abri, nulle part. One Voice ne laissera pas ce précédent s’installer et sera au tribunal le 23 juillet pour faire barrage.

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