Victoire pour les renards : Communiqué de Presse

Animaux sauvages
29.07.2026
Hauts de Seine
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Par une ordonnance du 28 juillet 2026, le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a suspendu l’arrêté du préfet des Hauts-de-Seine qui autorisait, jusqu’au 31 août, des battues administratives contre les renards dans le jardin privé d’un particulier. Les quatre renards au moins qui vivent aux alentours de la propriété seront épargnés. Saisi en urgence par One Voice, le juge écarte un à un les prétextes avancés pour les mettre à mort : ni risque sanitaire, ni « dommage important », et des alternatives non létales possibles.

One Voice avait saisi la justice en urgence contre cet arrêté du 15 juin 2026, qui ouvrait deux mois et demi de piégeage et de tirs de nuit dans un jardin privé, sur la seule plainte d’une riveraine et sans qu’aucune mesure alternative n’ait été envisagée. La décision du tribunal reprend les arguments de l’association, point par point.

Aucun risque sanitaire ne justifiait ces mises à mort. L’échinococcose alvéolaire, régulièrement invoquée pour légitimer la destruction des renards, n’est pas présente en Île-de-France. Et réduire les populations de renards ne permet pas d’enrayer cette maladie, au contraire, cela pourrait même favoriser sa propagation. Un constat qui rejoint les conclusions de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), qui estimait déjà dans son rapport de 2023 qu’aucun abattage de renards ne saurait être justifié par des motifs sanitaires.

Restaient les prétendues « nuisances ». Un chat s’était réfugié en haut d’un cèdre : le juge retient que cela ne constitue pas le « dommage important » exigé pour autoriser de telles opérations. Les renards ne tuent pas les chats, malgré ce que veulent faire croire les chasseurs qui tuent et les chats et les renards dès qu’ils en ont l’occasion. Des déjections, des terriers, un chat effrayé : rien qui puisse justifier de tuer une famille de renards.

Le tribunal relève enfin que rien n’empêchait de capturer les renards vivants et de les relâcher dans une zone moins urbanisée. C’est tout l’angle mort de l’arrêté préfectoral : la mort a été accordée sans que la moindre alternative ait été pesée.

Un acharnement national contre les renards

Cette décision intervient dans un contexte d’acharnement généralisé : chaque année en France, au moins 500 000 renards sont tués par tir, piégeage ou déterrage, notamment du fait de leur classement comme « espèce susceptible d’occasionner des dégâts » (ESOD) dans 88 départements, sans fondement scientifique.

Le projet d’arrêté triennal 2026-2029, soumis à consultation publique jusqu’à demain vendredi 30 juillet 2026, prévoit d’étendre ce classement à 91 départements – trois de plus qu’aujourd’hui.

“ Si la femme ayant exigé le piégeage des renards aimait un tant soit peu la nature et les animaux, elle aurait pris le temps de se renseigner et de découvrir que chats et renards cohabitent très bien si on leur laisse un peu de temps. Cette volonté de faire tuer par les moyens les plus cruels, cette haine de la biodiversité, déjà tellement maltraitée notamment par les incendies, la canicule, sont très inquiétantes. Nous serons là partout où il le faudra.” Muriel Arnal, présidente de One Voice.

One Voice restera vigilante. Ce que la justice vient de rappeler pour un jardin des Hauts-de-Seine vaut partout ailleurs : la vie sauvage n’est pas une nuisance, c’est un atout.

 

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