Animaux dans les cirques : tour de piste des législations européennes
La carte que nous publions le montre sans ambiguïté : partout en Europe, les avancées pour les animaux des cirques– « sauvages » comme « domestiques » – se multiplient. La France, elle, reste à la traîne. Elle cautionne toujours la captivité et l’exhibition des animaux. Pire, à grand renfort d’argent public, elle organise le maintien des cirques avec animaux, allant jusqu’à financer leur sédentarisation. Tout en fermant les yeux sur les maltraitances et les reproductions illégales que nous ne cessons de signaler.
Quand l’Europe interdit…
Portugal, Espagne, Hongrie, Grèce, Bulgarie, … Dans ces pays et dans bien d’autres encore, la détention des animaux sauvages dans les cirques appartient déjà au passé: interdictions totales ou quasi totales, fin des dérogations, reconnaissance de l’incompatibilité entre captivité itinérante et respect des besoins vitaux des animaux. Certains vont jusqu’au bout et incluent aussi les animaux dits domestiques.
Notre analyse des législations européennes illustrée par la carte que nous publions en témoigne: aujourd’hui, l’Europe avance, portée par l’évolution des connaissances scientifiques et par une prise de conscience sociétale face à ces spectacles d’un autre âge.
Ainsi:
- Vingt pays ont une législation plus ambitieuse que celle de la France dont trois une interdiction totale de tous types de cirques et pour tous les animaux, sauvages comme domestiques,
- Six états prévoient une loi similaire à celle de la France mais leur loi est déjà mise en application,
- Deux, une législation un peu moins ambitieuse mais déjà appliquée et
- Un seul, sans aucune loi.
Ces dernières semaines, Julie, la dernière éléphante, et Sona, le dernier tigre de cirque du Portugal, ont rejoint sanctuaire et refuge, après une loi votée en 2017 et appliquée avec sérieux.
… la France contourne, cautionne et même subventionne
Quand de très nombreux pays voisins œuvrent à la fin des animaux dans les cirques, l’État français, lui, fait le choix de l’hypocrisie. Votant une loi faussement protectrice en 2021, il prévoit à présent d’indemniser les cirques, auteurs de ces violences et de pratiques illégales, avec des millions d’euros d’argent public, tandis que nous sonnons l’alerte à propos du manque de sanctuaires et de refuges pour placer ces animaux en proie à une grande souffrance. Dans sa mise en œuvre théorique, cette loi soutient en réalité les intérêts et pratiques des circassiens. Dans les faits, les animaux, eux, continuent d’être exhibés, dressés, reproduits et enfermés, malgré leurs souffrances largement documentées et reconnues, et ce en toute impunité.
Ni sauvages ni domestiques !
Si les conséquences de la captivité, du dressage et de l’itinérance sont terribles pour les animaux sauvages, les animaux dits « domestiques » subissent aussi et sont les grands oubliés de la loi de 2021. Ils présentent également des traumatismes liés à de telles conditions de détention: le stress y est permanent, ils sont malnourris, isolés, enfermés dans des camions ou attachés trop court quand ils ne sont pas contraints de se produire en spectacles. Eux aussi souffrent de graves stéréotypies. Cette classification arbitraire est contestée d’ailleurs par de nombreux scientifiques pour ce qui est des chameaux et dromadaires notamment, qui restent très semblables à leurs ancêtres sauvages et ont les mêmes besoins sociaux et physiologiques.
Notre analyse de la situation européenne des législations relatives aux cirques révèle une évidence : protéger tous les animaux captifs n’est ni une exception ni une utopie ; c’est un choix de société déjà assumé par de nombreux pays.
One Voice appelle à la préparation effective immédiate de l’interdiction des animaux sauvages dans les cirques prévue pour 2028, sans report ni contournement. Le développement de solutions d’accueil adaptées à tous ces êtres vivants et leur recensement sont urgents et doivent devenir prioritaires. Sans oublier des sanctions à la hauteur des maltraitances signalées. Et de faire ensuite évoluer la loi pour y inclure aussi les animaux domestiques aussi, à l’exemple des pays pionniers en la matière.