L'Espagne pour les cétacés : Communiqué de presse
Belle manifestation de courage politique ! L’Etat français choisit de fermer les yeux sur la captivité des cétacés et de s’asseoir impunément sur la loi de 2021 interdisant leur détention et reproduction en captivité en France. Le ministère de la transition écologique autorise le transfert des cétacés encore détenus à Marineland – 12 dauphins et les 2 orques Wikie et Keijo – vers l’Espagne.
Voici comment le gouvernement s’enlève une épine du pied sans soigner le mal à la racine… En envoyant Wikie et Keijo dans un autre delphinarium, qui plus est le plus maltraitant d’Europe : Loro Parque, à Tenerife (Canaries). Mathieu Lefèvre, ministre délégué en charge de la transition écologique, s’était pourtant positionné en faveur du futur sanctuaire de Nouvelle Ecosse (Canada) fin 2025. Avant de rétropédaler ces dernières semaines, estimant qu’il comportait trop d’incertitudes.
“Le ministre voit trop d’incertitudes dans les solutions de sanctuaires que ce soit pour les orques ou pour les dauphins. Il préfère la certitude de la maltraitance de la captivité en delphinarium à Beauval et à Tenerife, la certitude d’une mort prématurée des animaux dont il a la responsabilité. Mort qui seule les délivrera de l’enfer dans lequel Mathieu Lefèvre décide de les maintenir.” Muriel Arnal, présidente de One Voice.
Pourtant, ce sanctuaire n’est pas une vue de l’esprit. Il se matérialise. 3 millions d’euros viennent d’être injectés dans le Whale Sanctuary Project et les travaux ont démarré pour construire les futures infrastructures du site et la construction d’un quai. Pour rappel, notre association travaille sur ce projet depuis 5 ans en lien les plus grands spécialistes mondiaux.
Le bien-être des animaux est éclipsé par les intérêts financiers et politiques. C’est aussi la voie ouverte à des ventes vers l’Asie.
La réalité de Loro Parque
Loro Parque est en soit une perspective catastrophique. S’y trouvent déjà quatre orques connaissant toujours reproduction et représentations : une femelle et son bébé d’un an, Teno, et deux mâles. Quatre orques y sont décédées entre 2021 et 2024 à des âges allant de 3 à 29 ans, là où l’espérance de vie d’une orque dans la nature dépasse les 50 ans.
Le parc a une structure pouvant accueillir un maximum de 6 orques adultes, dans deux bassins présentant des dimensions inférieures aux recommandations de l’European Association of Aquatic Mammals (EAAM). Wikie servira à la reproduction, c’est une certitude. Son fils Keijo pourrait alors être acheminé au Japon.
L’Espagne aussi pour les 12 dauphins
Concernant les douze dauphins, le gouvernement valide le projet du zoo de Beauval d’ouvrir un nouveau delphinarium, là aussi en porte à faux avec la loi de 2021. Huit dauphins devraient y être transférés quand les travaux seront terminés.
Mais en attendant, c’est aussi l’Espagne qui attend les cétacés de Marineland. Alors que Beauval était soi-disant LA solution pour éviter un envoi des dauphins en Espagne, un transfert “provisoire” est prévu au delphinarium de Malaga, détenu par Parques Reunidos, pour lui permettre d’assurer une saison estivale de spectacles… Un voyage générateur de stress intense pour ces dauphins, des conditions de détention terribles et sans véritable garantie de retour…
Les quatre dauphins restants – Malou et Sharky qui ont plus de 40 ans, Ollie et Dam, qui souffre de problèmes neurologiques – seront, eux, envoyés au delphinarium vieillissant de Valence, pour toujours. Le groupe va donc être séparé et installé dans des conditions pires que celles de Marineland.
“Il n’y a pas de sanctuaire magique” a déclaré Mathieu Lefèvre. Eh bien si. A Tarente, le San Paolo Dolphin Refuge accueillera dès cet été ses premiers dauphins. Preuve qu’avec la volonté politique, créer ce type de sanctuaires en Europe est réaliste. Encore faut-il avoir le courage d’opérer cette transition écologique que ce ministère éponyme s’attache méthodiquement à saborder.
One Voice refuse de se plier à ces réalités économiques. Notre association combattra par tous les moyens les demandes de permis nécessaires au transfert. Si les animaux devaient partir à Tenerife ou Valence, les Français qui se sont mobilisés à nos côtés pour faire fermer les delphinariums en France verront que leur volonté n’est pas respectée. Quant à Beauval, nous sommes prêts à faire campagne pour qu’il n’y ait pas un troisième delphinarium en France, une hérésie en 2026 ! Les sanctuaires représentent la seule issue acceptable, une issue crédible à condition de courage politique…