Audience à Gap : le braconnage et la mort d’Aramis devant la justice Audience à Gap : le braconnage et la mort d’Aramis devant la justice

Audience à Gap : le braconnage et la mort d’Aramis devant la justice

Animaux sauvages
12.03.2026
Toutes les actualités

En décembre dernier, un homme membre de la société de chasse de Vars a été placé en garde à vue pour des infractions liées à sa pratique de la chasse : des armes non déclarées, des restes d’animaux tués hors du cadre légal et un husky répondant au nom d’Aramis abattu. One Voice s’est constituée partie civile dans cette affaire documentée par l’Office français de la biodiversité (OFB). Nous serons présents au tribunal judiciaire de Gap le 19 mars 2026 à 13h30 pour demander un verdict à la hauteur de la violence infligée.

L’affaire a émergé lors d’une enquête portant initialement sur des violences aggravées, commises entre décembre 2023 et décembre 2025 par un membre de la société de chasse de Vars. Mais à mesure que les enquêteurs approfondissent leur investigation, la liste des infractions s’allonge…

Des restes d’animaux conservés comme trophées

Le prévenu a braconné des chamois et des chevreuils en dehors de la saison de chasse ou en violation des plans de chasse établis. Les perquisitions ont conduit à la saisie d’armes non déclarées et d’un pick-up qui aurait servi aux sorties de braconnage. Les investigations ont également mis au jour une quantité importante de restes d’animaux : têtes de chamois et de cerfs, et pattes de chamois conservées. Autant de dépouilles qui auraient dû être remises à l’équarrissage.

Chasser ne suffit-il donc pas ? Pour certains, jamais, quitte à s’affranchir des règles censées encadrer une pratique déjà lourde de conséquences pour les animaux sauvages. Le braconnage n’est pas une erreur, mais une décision : celle de tirer sans se soucier ni des saisons ni des quotas ni de l’équilibre fragile des milieux naturels. Celle de tuer sans entrave.

Aramis, un chien considéré comme une cible

Plus grave encore : lors d’une de ces sorties illégales, le suspect aurait abattu un chien de race husky, portant un harnais et répondant au nom d’Aramis. Que représente-t-il dans cette histoire ? Une présence jugée indésirable sur un territoire que certains considèrent comme le leur ?

La violence liée à la chasse ne s’arrête pas aux animaux classés comme « gibier ». Elle déborde. Elle frappe aussi les chiens de promeneurs, les chiens et chats errants. Les vaches, les ânes, les chevaux. Les chiens de chasse, eux-mêmes, ne sont pas épargnés. Trop souvent, ils sont traités comme de simples instruments : négligés, abandonnés, détenus dans des conditions indignes. Nous l’avons documenté à de nombreuses reprises : dans l’Ain, dans le Lot-et-Garonne et ailleurs. Aramis s’ajoute à cette liste sans fin. Il rappelle que, dans le monde de la chasse, les chiens paient eux aussi le prix fort.

Le 19 mars 2026, les animaux auront des voix pour les défendre

Cette affaire sera examinée le 19 mars 2026 à 13h30 devant le tribunal judiciaire de Gap. One Voice y sera. Parce que le braconnage n’est pas une simple irrégularité : c’est la négation même de la vie sauvage. C’est décider, seul, du moment où un animal doit mourir, sans cadre ni limite.

Nous nous étions déjà mobilisés lors de l’audience des braconniers du Cher. Aujourd’hui, cette même question revient : combien d’animaux devront encore tomber avant que l’on admette que cette violence n’est pas marginale mais révélatrice d’un système à revoir en profondeur ?

Le 19 mars 2026 à 13h30, au tribunal judiciaire de Gap, nous porterons la voix des chamois, des cerfs, des chevreuils et d’Aramis. Car derrière chaque dossier judiciaire, il y a des vies brisées. Car le braconnage et les tirs sur des chiens ou d’autres animaux domestiques ne sont pas des faits isolés. Ils appellent à une réforme radicale de la chasse. Exigeons-la : signez notre pétition.

Partager l'article