Agrandissement de Rousset : le doute gagne les scientifiques !
Les révélations de One Voice sur le projet d’agrandissement de Rousset ont déclenché une tempête qui ne faiblit pas. Après la contestation citoyenne, associative et politique, le doute gagne désormais la sphère scientifique. Saisi par le CNRS, le COMETS, comité d’éthique indépendant, a rendu le 27 janvier un avis réservé. Il remet en question la pertinence de ce projet, reconnaît publiquement les capacités cognitives et sociales exceptionnelles des primates non humains et appelle à une transparence totale. Des positions qui font directement écho à nos expertises et nos revendications. Et font vaciller le modèle de l’expérimentation animale.
Après l’opposition massive exprimée lors de la concertation préalable, les questionnements du garant et ceux plus récemment d’un groupe d’eurodéputés, l’avis rendu par le COMETS — groupe composé notamment de douze scientifiques issus de disciplines variées du CNRS — marque une rupture. Car au-delà des profondes réserves émises contre le projet d’agrandissement du centre de primatologie, il remet en question le recours même aux animaux pratiqué par les laboratoires. Historique.
À l’origine de la mobilisation, One Voice a été entendue par ce comité. Nous avons notamment partagé notre expertise sur les graves problèmes de transparence et d’éthique entretenus par les laboratoires, et porté la voix des milliers de primates soumis chaque année à des expériences.
Le projet de Rousset remis en question
En résonance avec nos arguments, le comité indépendant émet d’abord un sérieux doute sur la « pertinence stratégique et économique » du projet. Dans un contexte européen et mondial qui s’oriente vers la fin de l’expérimentation sur les primates – voire sur tous les animaux – le COMETS demande des réponses documentées et une évaluation par une « expertise scientifique collective et contradictoire », notamment du principal argument de ses partisans : le recours aux primates et sa « nécessité » pour des expériences censées profiter aux seuls humains. Il soulève en outre une question cruciale : est-il moral et acceptable de gaspiller plus de 30 millions d’euros d’argent public pour un projet dont les fondements scientifiques et éthiques restent hautement contestables dans ce milieu et dans la société ?
Les primates enfin considérés
Autre avancée importante que nous saluons : la reconnaissance de la sensibilité incroyable des primates: leurs capacités cognitives, sociales et émotives y sont reconnues au même niveau d’importance que les autres enjeux. Le groupe s’inquiète d’ailleurs de savoir si ces aspects ont été pris en considération dans la conception même du projet.
Le manque de stratégie nationale pointé du doigt
Le COMETS ne s’arrête pas au projet de Rousset. En écho, une fois encore par rapport aux alertes et aux revendications de One Voice, le comité souligne l’urgence d’engager des réformes pour se conformer aux objectifs fixés par l’Union européenne : davantage de rigueur dans les autorisations, une transparence totale, un véritable dialogue avec les citoyens, ainsi que des outils d’évaluation et de contradiction renforcés.
Selon cet avis, ces évolutions ne sauraient se limiter au seul CNRS ; elles doivent être portées collectivement à l’échelle nationale et européenne.
L’avis du COMETS marque un tournant décisif dans la lutte contre le projet d’agrandissement de Rousset et souligne l’urgence d’un plan national de sortie de l’expérimentation animale. Ces constats, émis par des pairs de la communauté scientifique du CNRS, confirment ce que nous dénonçons depuis le début. Lors de la concertation préalable, les promoteurs du projet avaient tenté de discréditer l’opposition, arguant que les citoyens, « sans connaissance scientifique », n’avaient pas la légitimité de juger le bien-fondé d’un tel projet. Aujourd’hui, les questionnements sont unanimes. Le CNRS, qui doit prochainement répondre à la concertation, se doit de stopper ce projet et de réorienter les fonds publics vers le développement d’alternatives sans animaux.
Ne cédons rien, continuons à dénoncer ce projet ensemble. Partagez cet article et signez notre pétition.
Le rapport intégral est disponible ici.