Tir de nuit des sangliers en Moselle : un arrêté sans limite Tir de nuit des sangliers en Moselle : un arrêté sans limite

Tir de nuit des sangliers en Moselle : un arrêté sans limite

Animaux sauvages
13.01.2026
Moselle
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En Moselle, le préfet autorise l’abattage nocturne des sangliers, avec éclairage et équipement militaire, du 13 décembre 2025 au 14 avril 2026. Pour protéger ces animaux persécutés, One Voice demande la suspension en urgence de cet arrêté. Audience le 14 janvier à 11h au tribunal administratif de Strasbourg.

En Moselle, le préfet autorise la « destruction » (sic) de sangliers de nuit, à l’affût, avec usage de sources lumineuses et d’équipements de vision thermique, du 13 décembre 2025 au 14 avril 2026. Pour protéger ces animaux persécutés, One Voice demande la suspension en urgence de cet arrêté. L’audience aura lieu le 14 janvier à 11h au tribunal administratif de Strasbourg.

Une autorisation généralisée

L’arrêté permet un nombre illimité de tirs de nuit, sur l’ensemble du département, soit 725 communes, pendant 122 jours, sans plafonnement du nombre d’animaux abattus. Les chasseurs peuvent les tuer librement la nuit, et se faire accompagner d’un nombre illimité de tireurs. Tel qu’il est rédigé, ce texte ouvre la voie à l’abattage potentiel de centaines, voire de milliers de sangliers. Un massacre.

Le tir à l’affût consiste à attendre immobile le passage d’un animal pour l’abattre par surprise. De nuit, avec des dispositifs lumineux ou thermiques, cela signifie aucune possibilité de fuite pour les sangliers, un carnage en perspective.

Des sangliers pourchassés toute l’année

Les sangliers sont déjà les animaux les plus traqués en Moselle. Le calendrier cynégétique ne leur laisse que deux semaines de répit par an. Quinze petits jours de paix sans les balles qui sifflent, sur toute une année. Autoriser en plus le tir de nuit sur plusieurs mois revient à instaurer une pression de chasse permanente. La terreur vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour toute la faune sauvage qui tente de survivre dans le département. Cette banalisation de la violence s’inscrit dans un climat de mépris inquiétant, où les sangliers peuvent être traités comme de vulgaires déchets.

Cette pression s’exerce de surcroît avec des armes de chasse à usage militaire, dont la portée peut atteindre plusieurs kilomètres, faisant peser de graves risques sur la sécurité publique, pour les riverains comme pour les promeneurs.

Une prétendue « régulation »

Présentée comme une mesure de régulation, cette décision repose sur un contresens. Malgré des abattages records — 881 372 sangliers tués en 2024-2025 —, les populations continuent d’augmenter et les dégâts agricoles persistent. Partout sur le territoire, les sangliers sont désormais traqués sans relâche, comme dans l’Indre où la préfecture invente le concept absurde de « battue affinitaire » pour justifier toujours plus de mises à mort, ou encore dans le Gard ou en Corse où des battues illégales avaient été autorisées. La chasse entretient un cercle vicieux dont elle est à la fois la cause et la principale bénéficiaire. Et la préfecture permet encore une fois aux chasseurs de s’adonner à leur loisir dans une liberté quasi totale.

La justice face aux fusils

One Voice a saisi la justice et demande la suspension en urgence de cet arrêté préfectoral. L’audience se tiendra le 14 janvier à 11h au tribunal administratif de Strasbourg. La faune sauvage ne peut être sacrifiée au profit d’un loisir sans limite, au mépris du droit, de la sécurité publique et du respect des êtres vivants. En attendant, signez et partagez notre pétition pour une réforme radicale de la chasse.

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