Venanson : quand un adjoint au maire braconne des chamois avec des chasseurs. Nous portons plainte !
Le 2 juin 2025, coup de théâtre du tribunal de police de Nice : l’audience a été renvoyée au 1er décembre parce que le tribunal n’avait jamais transmis le dossier pénal à l’avocate qui représentait les trois prévenus…
L’adjoint au maire de la commune de Venanson a été surpris par l’OFB les 12 et 13 octobre 2024 en train de braconner des chamois avec des membres de la société de chasse communale. Qui a dit qu’un élu devait respecter les lois ? One Voice a porté plainte à la suite de ce scandale.
Le conseil municipal de la commune de Venanson dans les Alpes-Maritimes compte dans ses rangs un braconnier ! Eh oui, un membre de l’exécutif censé représenter le service public a été pris en flagrant délit les 12 et 13 octobre derniers.
Il a été surpris, d’une part, poursuivant les chamois en compagnie de sept autres chasseurs alors que l’arrêté préfectoral limite le nombre maximal de participants à quatre. D’autre part, ce monsieur, qui n’est autre que le président de la société de chasse locale, et ses complices ont embarqué des chiens, victimes collatérales des abus cynégétiques, dans cette traque illégale de paisibles ruminants, alors que leur présence y est interdite par arrêté ministériel depuis 1986.
Une réponse ferme évidente du préfet : encore heureux !
Le préfet des Alpes-Maritimes a décidé d’interdire la chasse aux chamois sur le territoire de la commune pour la saison 2024-2025. C’était bien le minimum ! Pour une fois qu’un représentant de l’État fait preuve d’un peu de bon sens et reconnaît les multiples défaillances de cette activité meurtrière… Il souligne ainsi dans l’arrêté que ces actes de braconnage répétés exerçaient « une pression importante pour l’espèce et un risque d’atteinte à son bon
état de conservation ».
One Voice a évidemment déposé plainte au tribunal judiciaire de Nice*. Les chamois doivent pouvoir vivre en paix et ne plus être victimes ni du braconnage ni d’accusations mensongères de la part de ceux qui aiment la nature morte.
Nous vous invitons à signer la pétition de Humanimo s’opposant au massacre des chamois dans un autre département : le Doubs. Pour ceux-ci, nous avons d’ores et déjà écrit avec d’autres partenaires associatifs à la préfecture locale.
*Ajout du 5 février 2025 : l’audience aura lieu le 02 juin 2025 à 8h30 au tribunal de police (situé dans le tribunal judiciaire, au Palais de justice) de Nice.
Le 2 juin 2025, coup de théâtre du tribunal de police de Nice : l’audience a été renvoyée au 1er décembre parce que le tribunal n’avait jamais transmis le dossier pénal à l’avocate qui représentait les trois prévenus…
Délibéré du 5 janvier 2026
À l’issue de l’audience de décembre dernier, le tribunal de police a rendu son délibéré concernant les faits de braconnage de chamois à Venanson.
Les trois prévenus ont été reconnus coupables. Ils ont été condamnés à des amendes d’un montant atteignant 500 € pour deux d’entre eux, et 300 € pour le dernier, à des suspensions du permis de chasse d’une durée de trois mois, six mois et un an, et à la confiscation d’une arme saisie pendant l’enquête.
Ces condamnations peuvent sembler largement insuffisantes au regard de la gravité des faits : un braconnage organisé, commis en violation manifeste de la réglementation, et impliquant notamment une personne investie de responsabilités publiques. Mais il faut rappeler une réalité préoccupante : les prévenus étaient — malheureusement — poursuivis devant un tribunal de police, et non un tribunal judiciaire. Dans ce cadre, aucune peine d’emprisonnement ne pouvait être prononcée, et l’échelle des sanctions restait strictement limitée.
Pour autant, ce jugement constitue une reconnaissance judiciaire claire des infractions commises. Elles rappellent que le braconnage n’est pas une pratique anodine, mais bien une atteinte grave aux animaux sauvages et à l’état de droit, même — et surtout — lorsqu’il est commis par des élus ou avec leur participation.
One Voice restera toujours mobilisée pour que les violences faites aux animaux sauvages et à la nature ne soient jamais banalisées, et pour que les responsabilités soient pleinement établies lorsque des personnes censées incarner l’exemplarité publique participent à ces infractions.