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Une vie consacrée aux orques

le mercredi 02 décembre 2015 - 0

One Voice vous livre le témoignage de Ingrid Visser, biologiste marine connue pour ses études sur les orques. À travers la Free Morgan Foundation, Ingrid mène un combat acharné pour la libération de l'orque Morgan.

Cela fait plus de vingt ans que j'étudie et que je vis en Nouvelle-Zélande, au plus près des orques. J'ai appris à ne jamais les sous-estimer et à les respecter en tant qu'individus ayant chacun son caractère. Chaque orque est une personne. Loin des clichés d' « orques tueuses », je suis témoin de leur empathie, de leur solidarité…

L'empathie de Nobby
Un mâle appelé Nobby, que j'ai connu jeune, avait un tel caractère que j'ai fait de lui le personnage principal d'un livre pour enfants. Je l'ai vu chasser les raies dans les eaux peu profondes qui entourent les côtes de la Nouvelle-Zélande et j'ai participé à son sauvetage quand il s'est échoué sur une plage au cours d'une chasse. Il doit son nom au Nobby's Point, un cap au large duquel il avait été photographié quand il était jeune. À l'âge adulte, il s'est fait piéger un jour dans une ligne de pêche qui lui a entaillé la nageoire dorsale, si bien qu'un « nœud » est apparu sur le bord frontal, près de la base de la nageoire dorsale. Depuis son échouage et son sauvetage, il montre un intérêt particulier pour les chiens et s'approche souvent des bateaux ayant des chiens à leur bord. Les chiens ont alors tendance à aboyer et Nobby nage sous l'eau, se retourne pour les voir, puis refait surface hors de leur portée. Il les rend fous, mais il adore cela. Par ailleurs, on le voit souvent s'occuper des jeunes orques de son groupe et ses « meilleurs amis » sont Anzac, une jeune femelle, et Ben, un mâle adulte. Ces deux orques ont été heurtées par des bateaux et il est clair que Nobby les a soignés. Il a de l'empathie pour Anzac et Ben et je l'ai souvent vu attraper des raies et les partager avec eux.

La solidarité pour Dian
Dian, une femelle adulte, était prise dans une ligne attachée à un casier à homards. Jusqu'à la fin de l'incident, ses congénères ne l'ont pas quittée et deux jeunes orques (probablement son dernier petit et le précédent) l'ont soutenue physiquement jusqu'à ce qu'elle atteigne la surface pour respirer. Quand je me suis approchée avec mon bateau pour prendre la mesure de la situation et la libérer, les deux jeunes se sont interposés entre elle et mon bateau jusqu'à ce qu'ils aient décidé que nous n'étions pas une menace pour elle. Sans leur aide, Dian se serait certainement noyée, car le poids attaché à la ligne pesait plus de 35 kg… c'était trop pour permettre à l'orque de remonter continuellement à la surface pour respirer. Pendant que je démêlais le câble, Dian a attendu patiemment, renversée sur le côté. Dans cette position, elle ne pouvait pas respirer mais elle est restée calme et à intervalles de quelques minutes, je relâchais ma prise sur sa queue pour lui permettre de refaire surface. Une fois libérée, elle est restée un moment immobile à côté du bateau. Elle se demandait certainement si elle était vraiment libérée de ce câble dont elle venait d'être prisonnière pendant au moins deux heures. Puis, dès qu'elle en a eu la certitude, Dian est repartie avec les autres orques du groupe qui nageaient à ses côtés.

La coopération des cétacés
De tels exemples de coopération ont été observés et décrits chez diverses espèces de cétacés (baleines, dauphins et marsouins), qu'il s'agisse de protéger des personnes ou de se protéger mutuellement contre des prédateurs, ou bien de chasser en groupe. J'ai fait état d'orques chassant des raies, des requins et des phoques puis se partageant ensuite la proie. Il semble que le partage des proies soit un moyen pour ces animaux de renforcer leurs liens sociaux. On pense aussi que c'est un moyen d'apprendre aux jeunes à manipuler des proies, surtout des proies dangereuses comme les requins et les raies pastenagues. Compte tenu de l'importance des liens sociaux que j'ai pu constater pendant des épisodes stressants, comme les emmêlements et les échouages, je suis intimement persuadée que ce n'est pas simplement pour profiter du partage de nourriture que ces animaux coopèrent ainsi.

Une culture avec des « chants populaires »
Les spécialistes des cétacés n'admettent que depuis peu de temps que le terme de culture puisse s'appliquer non seulement aux humains, mais aussi aux cétacés. Si nous examinons la définition actuelle de la culture en anthropologie (l'étude de l'être humain), un mode de vie établi par un groupe d'humains et transmis d'une génération à l'autre, il n'est pas difficile de se rendre compte qu'en remplaçant le mot « humains » par le mot « cétacés », on conserve une définition concrète et réelle. Les cétacés utilisent des méthodes de communication complexes, dans certains cas, des dialectes et des « chants populaires » qui changent chaque année. Elles utilisent également différentes méthodes pour chasser des proies, la même proie pouvant être capturée d'une manière différente selon le groupe d'orques. Par exemple, en Argentine, la chasse au phoque se fait en jaillissant sur la plage, en Antarctique, en se servant des vagues pour éjecter l'animal de la glace et, en Amérique du Nord, en tendant une embuscade le long des côtes. Et ces méthodes se transmettent d'une génération à la suivante… Ce sont bien là des aspects de ce que l'on appelle une culture. La culture des cétacés.

Découvrez la campagne de One Voice pour libérer Morgan et pour obtenir le statut de personne animale pour les cétacés !


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