le jeudi 24 janvier 2019 | 50

Ula, le Joyau de la Mer en cage

Le bébé de Morgan s'appellera donc Ula, "Joyau de la mer" en celte, bien qu'elle soit destinée à ne jamais voir l'océan. La presse locale n'a pas assez de superlatifs pour chanter « le merveilleux bonheur de la maman et de son bébé dans les bassins de Loro Parque » et les bonds fantastiques qu'elles feraient faire à la science. Pourtant ce n'est pas la première orque à naître à Tenerife et chaque fois, le même scénario désastreux se répète : le rejet du bébé par une mère trop jeune et inexpérimentée.

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Comme on pouvait s'y attendre, les débuts de la petite Ula furent difficiles. Enlevée à Morgan dès le troisième jour de sa naissance, au prétexte que celle-ci ne lui donnait pas assez de lait, «une équipe de 15 soignants et de 3 vétérinaires, assistés d'experts belges et américains" l'aurait veillée 24 heures sur 24 et nourrie au biberon. Désormais, ce sont des caméras qui surveillent Ula la nuit venue, la nuit, tandis que ses dresseurs l'occupent "avec des sessions d’apprentissage, des jeux et surtout, de l’affection", à défaut de celle de Morgan. 

Le bébé est d'ores et déjà soumis à des tests scientifiques, comme nous l'explique un chroniqueur :  «Le meilleur zoo du monde (sic) collabore avec des experts de l'université du Danemark pour déterminer le moment où débute l'écholocation chez les jeunes épaulards », une recherche bien inutile pour aider les orques libres, mais qu'importe. 

Loro Parque travaillerait également avec l’Université de Zurich pour étudier l’apprentissage de la communication chez les orques, un autre "sujet inconnu de la science" selon le zoo espagnol, qui n'a sans doute pas lu l'abondante littérature déjà publiée sur ce thème, «et comment le bébé adopte les sons du dialecte du groupe». 

Le dialecte du groupe ? On doute vraiment que les deux femelles Kohana et Skyla et leurs demi-frères, Keto et Tekoa, tous nés captifs et prêtés par SeaWorld en 2006, aient jamais pu acquérir quelque dialecte que ce soit. Quant à Morgan, capturée fort jeune et rapidement imprégnée par les humains au delphinarium de Harderwijk, elle ne possède sans doute que quelques bribes du langage de sa tribu norvégienne. 

Encore faudrait-il d'ailleurs sa fille soit près d'elle. Et ce n'est pas gagné. Aujourd'hui, nous apprend-on, « les soigneurs étudient le comportement entre mère et fille, et font en sorte qu'elles soient aussi souvent que possible ensemble. Des séances spéciales sont prévues pour la rapprocher de Maman Morgan, sous la supervision directe du directeur de Loro Parque, Wolfgang Kiessling, si fier et si heureux du beau succès que représente Ula ».

Leur séparation ne serait-elle donc pas due au seul manque de lait ? De fait, jusqu'à ce mois de janvier, aucune photo ne montrait Morgan et Ula ensemble. Ce n'est que tout récemment qu'on a pu les voir se regarder à la jonction de deux bassins ou se tenir côte à côte mais à bonne distance, tandis que des dresseurs vigilants se tiennent prêts à intervenir. 
Par prudence, sans doute, car lorsqu'une orque rejette son enfant par inexpérience de la maternité, elle risque aussi de lui faire du mal. 

En 2010 déjà, Kohana avait rudement repoussé son premier bébé enfant, obligeant les dresseurs à nourrir à la main le frêle petit Adan. Le malheureux survit toujours, aussi discret que possible pour échapper aux coups des caïds du bassin. En 2012, la même Kohana accouchait à nouveau et repoussait une nouvelle fois sa fille, appelée Victoria. Affaiblie par la lourde consanguinité propre aux orques de SeaWorld, Vicky s'est éteinte à l'âge de 10 mois. 

Cela n’empêchera pourtant pas Loro Parque de s'exclamer encore et encore que la naissance d’Adan, de Victoria puis d'Ula aujourd'hui «confirme le bien-être des orques accueillies (sic) par Loro Parque». 

On rirait presque d'un tel déni de réalité si la souffrance de sept orques n'en était pas la conséquence. One Voice réclame le transfert de ces victimes de la cupidité humaine, vers le sanctuaire du Whale Sanctuary Project ou toute autre structure similaire à même de leur garantir une vie digne.

Sources : El Cotarro et Loro Parque

Yvon Godefroid
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Commentaires 50

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Claire | mercredi 06 février 2019

Qu'on laisse ces animaux dans leur milieu naturel comme tant d'autres d'ailleurs. Tout ça pour l'amusement de personnes qui ne sont peut-être pas conscientes du mal fait à ces animaux qui n'ont rien demandés et qui souffrent. Vos applaudissements en les regardant est une souffrance de plus pour eux.Réfléchissez et n'enrichissez pas tous ces commerces honteux !!

Marie-Blanche | samedi 26 janvier 2019

Non !!! L'esclavage existe bel et bien pour les animaux. Non !!! Il n'est pas aboli . Oui !!! C'est scandaleux et dégradantnpour cette espèce qui a sa place autant que nous sur cette planète ....

Stéphane | samedi 26 janvier 2019

C'est désolant...
Il est temps d'interdire ces prisons pour cétacés !!
J'espère qu'ils seront rapidement libérés et transférés vers un sanctuaire marin où ils pourront enfin vivre en paix et heureux.

Joëlle | samedi 26 janvier 2019

Libérez ces animaux dans un sanctuaire ou dans leur milieu naturel ! Honteux et cruel, laissez les animaux libres et heureux dans leur environnement parmi leurs congénères !