le mardi 30 mars 2021 | 44

Dans les laboratoires, l’agonie sans fin des macaques


Mis à jour le 30 mars 2021

Trépanations, gavages de médicaments, prélèvements des yeux et des tissus.... Les macaques à longue queue subissent des expériences barbares dans les laboratoires européens. D’abord enfermés dans des centres d’élevage à Maurice ou au Vietnam, ils sont ensuite acheminés en soute vers la France, comme nous l’avons dénoncé avec notre partenaire Action For Primates. Leur destination finale ? Le scalpel et la mort. One Voice lance une pétition pour demander plus de transparence dans la recherche et le remplacement systématique de l’expérimentation animale par des méthodes substitutives.

Hr blog

Des expériences en libre accès

Les faits exposés sur les sites en ligne des laboratoires européens sont glaçants. En Allemagne, Covance Laboratories GmbH a ainsi publié le détail de recherches menées sur les macaques à longue queue. Chacun peut y accéder librement.

Pour cette expérience, les scientifiques mentionnent le meurtre de vingt-quatre macaques par anesthésie. L’objectif : prélever vingt-quatre yeux pour obtenir des données anatomiques sur une zone spécifique de la rétine : la fovéa. Quel intérêt ? On ne sait pas. Que sont devenus les vingt-quatre autres yeux ? Pas d’explication. Les macaques ont-ils uniquement été tués pour leurs yeux ou utilisés à d’autres fins ? Le mystère reste entier. Mais ce que l’on sait, c’est que les macaques ont été tués intentionnellement, à des fins de recherches opaques et après des années de détention, de stress, de douleur.

Toujours en Allemagne, cette fois au centre de test Covance Preclinical Services à Münster. L’expérience est retranscrite dans une publication.

Là, au moins trente-quatre macaques, peut-être plus, sont soumis à une chirurgie de survie. Des canules sont insérées dans leurs yeux. Le but annoncé : provoquer une séparation rétinienne et injecter une substance d’essai. Après cette opération, tous ont été assassinés.

Dans ce même laboratoire, les scientifiques relatent des injections de produits d’essai par voie sous-cutanée à des femelles adultes pendant leur grossesse pour tester les effets sur les nourrissons. S’ils n’ont pas constaté d’effets indésirables, ils ont malgré tout euthanasié les petits à l’âge de dix mois pour prélever leurs tissus.

La France au cœur de ce commerce

Gavage de médicaments par voie orale, injection de substances, trépanation... La liste des horreurs subies par les macaques expérimentés dans les laboratoires européens fait froid dans le dos. D’autant plus quand on sait à quel point les macaques expérimentés sont jeunes et tant ils ont besoin de leur mère ! Quelle honte que la France soit au cœur de ce commerce ignoble !

La loi change : quels contrôles sont prévus ?

La loi européenne prévoit que les primates utilisés à des fins scientifiques proviennent exclusivement d’élevages ou de colonies entretenues, sans apport d’animaux capturés dans la nature. À partir du 10 novembre 2022, les laboratoires en seront donc privés. Les singes expérimentés devront être de deuxième génération après capture. Quels contrôles sont prévus ?

Ces jeunes singes ont besoin de nous !

Nous l’affirmons : dans le commerce des singes expérimentés, le manque de transparence est insupportable. Pourquoi la France et l’établissement Silabe sont-ils l’étape quasi systématique du transit de singes ?

Signez notre pétition pour une transparence totale sur les animaux expérimentés, le financement de méthodes substitutives et l'emploi systématique et unique de celles-ci quand elles existent !

Sophie Dussaussois
Hr blog

Dans la thématique

À Gannat, MBR Farms joue au chat et à la souris sur le dos des chiens pour l’expérimentation animale Silabe, un établissement de l’Université de Strasbourg, au cœur du commerce international des singes pour l’expérimentation animale

Commentaires 44

En déposant un commentaire j'accepte la charte de modération des commentaires.

Soazig | jeudi 22 avril 2021

Les mots me manquent pour décrire le dégoût de ces pratiques honteuses. De quoi sont fait ces scientifiques qui torturent ? Ils dorment tranquille ?

dominique | jeudi 22 avril 2021

Il y a des alternatives aujourd'hui, je comprend même pas comment ces scientifiques dorment le soir, leur conscience doit leur poser quelques problèmes. Je pense qu'il ne doit pas être facile de parler de son métier, tout au moins de dire la vérité.

pouguy | jeudi 22 avril 2021

Quand va-t-on cesser une telle hypocrisie, un irrespect envers les animaux ? Il y a d'autres façons de faire des expériences.

Luc Xavier | jeudi 22 avril 2021

What does it take to make the world to understand these horrible experiences are useless and should be banned from any so-called « civilized » country? We clearly need the immediate banning of products & brands that are part of this horrible chain of suffering.